V. t. I, li^re i, ch
110 mes *. Les Tughènes étaient la plus faible, et s'incorporèrent avec l'une des deux autres. Les préparatifs ne furent pas longs, et la horde helvétienne, réunie à la horde kimro-teutone, tourna l'extrémité septentrionale du Jura, et se précipita sur la Gaule.
Les Belges soutinrent avec fermeté ce choc terrible, et ne laissèrent point entamer leur frontière2. Il paraît d'ailleurs qu'il y eut des pourparlers entre ces descendants des Kimris et les Kimris de la horde ; et que la conformité de langage, le souvenir d'une commune origine, et par-dessus tout sans doute l'égalité des forces , ayant rapproché ces' deux peuples , donnèrent lieu à un accommodement entre les Belges et les hordes envahissantes. Par suite de ces relations de bonne amitié , les coalisés obtinrent des Belges-Ébuions la cession d'un lieu de dépôt où ils placèrent le bagage qui les gênait dans leur marche 3. Ce lieu nommé Aduat 4, et l'un des meilleurs forts de la Belgique, servait aux Éburons à déposer le butin conquis dans les guerres extérieures, ou à mettre en sûreté leurs biens meubles durant les guerres défensives. C'était un vaste enclos, plus bas que le sol et fermé par des rocs à pic, qui ne laissaient entre eux qu'une seule issue large d'environ deux cents pieds , et aisée à intercepter au moyen de palissades et d'abatis d'arbres. Les hordes, en s'éloignant, y laissèrent, à la garde de leurs bagages, une garnison de six mille Kim-