Ex vinculis. Id., ibid
59 magistrats convoquaient le peuple de la campagne1, lorsqu'on apprit qu'Orgétorix avait cessé de vivre. On conjectura que lui-même avait mis fin à ses jours2.
Malgré la catastrophe qui venait de frapper l'auteur du projet d'émigration, comme ce projet avait l'assentiment de toutes les tribus helvétiennes, il ne fut point abandonné, et les préparatifs commencés se poursuivirent avec la même chaleur. Aussitôt qu'on se crut en état de partir, les magistrats ordonnèrent l'incendie des villes au nombre de douze, des villages au nombre de quatre cents, et de toutes les habitations particulières; ils firent brûler en outre les grains qu'on ne pouvait pas emporter, afin que l'impossibilité du retour augmentât la résolution et l'audace3. Chaque chef de famille prit avec lui dans ses chariots des vivres pour trois mois. Cependant les Helvètes persuadent aux Raurakes4, aux Tulinges5, aux Latobriges6, leurs voisins, d'imiter leur exemple, de brûler leurs villes et leurs habitations, et de se mettre en marche avec eux. Ils s'associent aussi les Boïes. C'étaient les descendants de ce peuple que nous avons vu figurer avec tant d'éclat parmi les nations gauloises des rives du Pô, et défendre, le dernier, la Cisalpine contre les Romains. Chassé de l'Italie, il s'était fixé
1. Quum civitas ob eam rem incitata armis jus suum exequi conaretur, multitudinemque ex agris magistratus cogèrent, Orgetorix mortuus est. Caes., Bell. Gall., i, 4.
2. Keque abest suspicio quinipse sibi mortem consciverit. Id., ibid.
3. Ubi jamsead eam rem paratos esse arbitrati surit, oppida sua omnia numéro ad xn, vicos ad.cn, reliqua privata sedificia incendunt : frumentumomne, prœterquodsecum portaturi erant, comburunt... Id., ibid., 5.