‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 72 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE III

Ce n'était pas tout : il fallait aussi que les Édues con- 53 sentissent à laisser traverser leur territoire et celui de leurs clients, depuis la Saône jusqu'à la Loire. Dumnorix le sollicita ; mais tout son crédit, toutes ses largesses échouèrent ; l'influence des magistrats fut cette fois plus puissante que la sienne. Le peuple, ayant déclaré qu'il resterait fidèle à la convention faite avec les Romains, prit les armes pour défendre la ligne de la Saône. Mais la défection inopinée des Séquanes et la marche rapide des Helvètes déconcertaient toutes les mesures ; rien n'était encore prêt, et quelques corps de milices s'opposèrent seuls et sans succès au passage de la rivière1.

Les émigrants travaillèrent jour et nuit à rassembler des barques, à construire des radeaux2; mais une si grande multitude de peuple, de bêtes de somme, de bétail, de chariots, de bagages de toute sorte, jetait beaucoup de désordre dans les manœuvres et occasionna une perte immense de temps. Au bout de vingt jours, l'arrière-garde, composée des Tigurins et formant un quart de la bande, restait encore sur la rive gauche du fleuve3. Grâce à cette lenteur et aux délais qu'avait entraînés la négociation avec les Séquanes, César avait pu descendre en Italie et en ramener cinq légions : à son retour, apprenant ce qui s'était passé, il marcha à grandes journées vers la Saône, et arriva au moment où l'arrièregarde commençait son embarquement. Il fondit sur elle comme la foudre. Surpris et gênés par leurs équipages, par le trouble de leurs femmes et de leurs enfants, les Tigurins furent taillés en pièces pour la plupart. Un pe-

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