Id., ibid., M
58 « malheur plus terrible. Cependant, si vous livrez des « otages, si lesÉdues, leurs alliés et les Allobroges reçoi- « vent réparation des dommages soufferts, je consens à « faire la paix. » — « Les Helvètes, repartit froidement « Divicon, ont appris de leurs pères à recevoir et non (( pas à donner des otages; le peuple romain en porteci rait témoignage au besoin1. »
La conférence fut rompue, et le lendemain la bande reprit sa marche. César la suivit et détacha en avant, pour l'observer, quatre mille chevaux fournis par la Province, les Édues et leurs alliés. Cette cavalerie donna contre l'arrière-garde helvélienne, et après avoir combattu quelques instants dans un lieu désavantageux, tourna bride et rejoignit les légions ventre à terre, fuyant devant cinq cents cavaliers ennemis2. Enhardie par ce succès signalé, la horde ne craignit plus d'en venir à des engagements partiels; son arrière-garde attendait souvent de pied ferme l' avant-garde romaine, la harcelait, l'irritait, et continuait ensuite sa route. Ces escarmouches déplaisaient fort à César; il retenait ses troupes, croyant qu'il suffisait pour le moment d'interdire à l'ennemi le pillage et les dévastations. Pendant quinze jours, les deux armées manœuvrèrent ainsi à cinq ou six mille pas l'une de l'autre-, elles côtoyèrent d'abord la Saône, en la remontant; puis les Helvètes tournèrent à l'ouest, et César suivit ce mouvement3.
Tant qu'ils avaient marché dans le voisinage de la
4. ItaHelvetios a majoribus suis institutos esse, uti obsides accipere, non dare consueverint, ejus rei populum romanum esse testem. Cœs., Bell. Gall., i, 14.
2. Quingentis equitibus tantam multitudinem equitum propulerant. Id., ibid., 15.