Id., ibid
58 « sa perfidie avait été manifeste. C'était encore Dumnorix « qui avait ouvert aux Helvètes le pays des Séquanes; « c'était lui qui avait engagé ces deux peuples à se donce ner mutuellement des otages ; tout cela sans l'aveu des « Romains, tout cela à l'insu des magistrats de sa cité1.» Telles furent les accusations du Vergobret, et leur gravité ainsi que l'autorité de l'accusateur paraissaient à César suffisantes pour punir lui-même Dumnorix, ou pour le livrer à la rigueur des lois gauloises2. Une seule considération l'arrêtait : il connaissait l'extrême attachement de Divitiac pour sa personne et pour le peuple romain, et il craignait de l'aliéner par le châtiment de son frère. Avant donc de rien résoudre, il le manda près de lui, après avoir écarté tous les interprètes, à l'exception de G. Valérius Procillus, notable citoyen de la Province, et dépositaire de tous ses secrets. Il lui répéta alors, avec les paroles publiques du Vergobret, ses dépositions confidentielles, et exhorta Divitiac a ne pas le haïr, si, procédant au jugement, il prononçait ou faisait prononcer les magistrats sur le sort d'un accusé qui était son frère. A ces mots, le Gaulois fond en larmes, il embrasse César, il le conjure de ne prendre à l'égard de ce frère aucun parti violent. « Je sais, dit-il, qu'il est « coupable, et personne n'en a plus souffert que moi : « c'est à la faveur de mon influence que Dumnorix, « trop jeune pour en avoir de lui-même, s'est élevé au « rang qu'il occupe: maintenant il se sert des avantages « qu'il me doit pour affaiblir mon crédit et presque pour « me perdre; mais enfin il est mon frère, je l'aime et je