‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 80 sur 454 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

58 Pour soutenir ce premier choc, César jeta en avant toute sa cavalerie, tandis qu'il ordonnait son infanterie sur une hauteur : d'abord quatre légions de vétérans, placées à mi-côte sur trois lignes, ensuite deux légions de nouvelles recrues, en troisième lieu les auxiliaires. Dans ce moment, on lui présenta son cheval , mais il le renvoya : « Qu'on me l'amène après la victoire, quand il « faudra poursuivre, dit-il ; maintenant il s'agit d'ata tendre de pied ferme1. » Le mot de César fut compris, et tous les officiers renvoyèrent comme lui leurs chevaux. Les Helvètes, après avoir donné la chasse à la cavalerie gallo-romaine, et rangé leurs chariots par files, se formèrent en masse compacte 2, et marchèrent vers la colline.

Dans l'ordonnance serrée que les Helvètes avaient prise, les rangs intérieurs, élevant et croisant leurs boucliers au-dessus de leurs têtes, en formaient une espèce de voûte à laquelle les Romains par similitude donnaient le nom de tortue. Les javelots des légionnaires tombant de haut en bas perçaient à la fois plusieurs de ces boucliers et les clouaient ensemble ; le fer s'y recourbait ; et les Gaulois, ne pouvant plus agir librement avec le bras gauche ainsi chargé, préféraient jeter bas le bouclier et combattre à corps découvert. De cette manière, le front de leur carré se trouva bientôt désarmé et fut rompu aisément par les vétérans romains. Les autres légions descendirent alors et attaquèrent à la pointe de l'épée. Criblés de blessures, épuisés de fatigue, les Helvètes battirent en retraite pour aller se reformer sur un coteau éloigné d'environ un mille. Ils en étaient maîtres, et les

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