‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 83 sur 454 · LIVRE V.— CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V.— CHAPITRE III

Mais quand la nuit fut venue, et que le sommeil 58 commença à s'étendre sur les deux camps , six mille Helvètes du canton appelé Verbigène sortirent à petit bruit, et se mirent en marche vers le Rhin, préférant la morl ou un exil perpétuel à l'ignominie d'un tel traité1. Quelle que fût leur diligence, embarrassés de chariots, d'enfants et de femmes, ils laissèrentà César le temps de les prévenir par ses courriers et d'armer contre eux tous les peuples à travers lesquels ils devaient passer : ces peuples obéirent sans hésiter, tant était grande la terreur dont ses victoires récentes environnaient l'armée romaine! Assaillis de- tous côtés et enveloppés, les Verbigènes furent ramenés à César, qui les traita avec toute la rigueur des vengeances militaires2. Le reste de la bande fut reçu à composition, après avoir livré ses armes, les transfuges gaulois et romains, et des otages ; puis César ordonna à ces différents peuples, Helvètes, Tulinges, Latobriges, de retourner dans les lieux qu'ils occupaient précédemment et d'y reconstruire leurs habitations. Les Boïes seuls eurent la faculté de rester à l'ouest du Jura, les Édues ayant désiré coloniser sur leur frontière méridionale cette Iroupe vaillante, comme un rempart contre les Arvernes 3. César, en forçant les peuples émigrants à retourner chacun dans son ancienne demeure et à reconstruire leurs villes incendiées, avait pour but principal d'y prévenir l'établissement des Germains, qui seraient devenus par là limitrophes de la province4; et, comme les Helvètes avaient détruit toutes leurs subsis-

1. Prima nocte ex castris Helvetioriim egressi... Cœs., Bell. Gall., i, 27.

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