‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 95 sur 454 · LIVRE VI.— CHAPITRE I. U · texte numérisé non relu

LIVRE VI.— CHAPITRE I. U

Romains tomberait sur lui1. Il est probable que César sn avait formé de tels desseins à l'égard de Divitiac, dont l'âme honnête et désintéressée refusa de s'y prêter, et que sur ce refus Dumnorix fondait ses espérances. Mais son indiscrétion et sa jactance offensèrent César, qui, forcé de désavouer le propos et le projet, en garda un vif ressentiment contre le brouillon ambitieux qui l'avait compromis 2.

Ces événements frappaient surtout les Séquanes; leur puissance étant totalement déchue, leur clientèle se dispersa. La partie qui avait appartenu aux Édues, avant les guerres d'Arioviste, retourna, par crainte, sous le patronage de cette cité ; l'autre préféra se réunir aux Rèmes, peuple belge déjà florissant, dont le territoire aboutissait à la Marne 3. La formation de ce nouvel État prépondérant inspira aux Édues de la crainte et de la jalousie. Prétextant de leur respect pour la liberté des nations gauloises, les Romains n'opposèrent aucun obstacle au choix des anciens clients séquanais 4 ; peutêtre même y poussèrent-ils en secret ; car d'un côté leur politique voulait que la prépondérance des Édues ne restât pas sans contre-poids , et de l'autre ils étaient charmés de s'attacher par quelque bon office un peuple belge qui pouvait leur ouvrir l'entrée de la Relgique, comme ceux-ci leur avaient ouvert l'entrée de la Gaule centrale. La cité éduenne se sentit vivement blessée;

i. In concilie» /Eduorum Dumnorix dixerat « sibi a Csesare regnum civitatis deferri, » quod dictum ^Edui graviter ferebant. Cœs., Bell. Gall., v, G.

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