ARTICLE 12 ET DERNIER
Enfin, pour le douzième, nous nous engageons à renoncer soit à un, soit à plusieurs des articles cidessus énoncés, dès qu’on nous aura prouvé qu’ils ne sont pas d’accord avec l’Evangile et la parole de Dieu ; même pour le cas où l’on nous aurait déjà accordé les demandes relatées plus haut, elles seront regardées par nous comme nulles et non avenues dès l’instant qu’on en aura prouvé l’incompatibilité avec la foi du Christ. Par contre, nous nous réservons le droit d’en formuler d’autres qui s’accorderont avec la vérité évangélique, et qui seront dirigées contre les abus offensant Dieu et notre prochain.
Que la paix du Christ soit avec nous tous ! »
Trois siècles plus tard, le peuple français a formulé ces douzo articles en trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité !
11 ost clair que ce manifeste n'a pas été rédigé par une seule main. .Plusieurs chroniqueurs de cette époque prétendent que les douze articles sont l’œuvre de Thomas Munzer. On serait presque tenté de lo croire, vu les nombreuses citations de la Bible et do l’Evangile. « Il est certain, dit Zimmerman, que l’article troisième et l’Introduction émanent de lui ; mais Munzer a toujours nié sa participation à ces articles, et il n’était pas homme à cacher ses faits et gestes. » Les douze articles, sortis d’abord de la Souabe su-
périeure, se répandirent en Allemagne avec une rapidité extraordinaire et devinrent partout la profession de foi religieuse et politique de tous les paysans.
Toutefois, nous citerons encore quelques points indiqués dans les seize articles des paysans de la Forêt- Noire, et qui ne se retrouvent plus dans les douze.
Dans le second article, — les paysans demandent le droit do porter arbalète et hache.
— L’article onzième dit que dorénavant aucun paysan ne pourra plus être puni pour avoir commis une faute’ avec sa fiancée sans la volonté du curé et du seigneur.
— Selon le douzième article, il ne sera plus permis aux seigneurs de s’approprier les biens des suicidés, ni d’hériter d’un mort quand il y a des parents collatéraux.
Enfin ils demandent lo droit pour chacun qui a du vin dan* sa cave, de le vendre, en gros et en détail, à qui bon lui semblera (1).
Ce fut dans ce moment que le duc Ulric, dont une
(4) Chose digne de remarque I A mesure que les douze articles s'approchent des provinces limitrophes de France, ils gagnent en énergie et en concision. Voici les douze articles des paysans alsaciens el lorrains :
I. L'Evangile doit être prêché selon la vérité et non selon l’intérêt des seigneurs et des prêthes.
S. Nous ne paierous plus de dîmes, ni grande ni petite.