‹ Histoire de la grande guerre des paysansChapitre 3 sur 27 · PRÉLIMINAIRES ET CAUSES DE LA RÉFORME ET DE LA GUERRE DES PAYSANS · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES ET CAUSES DE LA RÉFORME ET DE LA GUERRE DES PAYSANS

Toutes les révolutions, toutes les guerres civiles sont le résultat de l’opiniâtreté et de l’entêtement des dépositaires ou plutôt des détenteurs du pouvoir. Quo ce soit la religion ou la politique qui serve de prétexte aux immobilistes de tous les temps, l’humanité marche toujours en ayant, et si les nouvelles idées qu’elle enfante ou qu’elle ressuscite trouvent une résistance systématique dans le pouvoir, un éclair jaillit par le choc, éclair bientôt suivi du tonnerre des révolutions. Ce tonnerre, ces révolutions sont souvent les dissonances symphoniques de la grande épopée qui s’appelle l’histoire de l’humanité.

La Guerre des Paysans fut d’abord le résultat de la lutte spirituelle soutenue par Luther et ses devanciers contre la hiérarchie romaine ; lutte qui, dès l’invention de l’imprimerie, éclata avec violence dans la philosophie, dans la littérature, dans les arts et jusque dans les sermons de la chaire.

Longtemps avant Luther, l’esprit du peuple alle-

v mand, se réveillant de sa longue léthargie, se manifesta violemment par deux genres d’écrits, les uns sérieux et philosophiques, les autres populaires et satiriques. Il parut en Allemagne, tant en prose qu’en vers, un grand nombre de brochures, de pamphlets, do libelles et de satiros, la plupart dirigés contre le pape, le clergé et les princes. Bon nombre de ces autours populaires respirent une profonde religiosité évangélique : tels que Taulcr, Jean Ruysbock, Thomas à Kempis et Jean Wessel. Les écrits de Rosenbluth, de Rollenhagon, de Sébastien Frank et de Thomas Murner déversent à leur tour des flots do satires sur les affaires religieuses et politiques de Rome et de l'Allemagne. Ces pamphlets se distinguent autant par la hardiosse de l’idée que par la crudité cynique de l’expression. Murner le cordolier, et Ilonri Rebel le vielleur, espèco de bohémien philosophe , allant de village en village, chantant des couplots contre Rome et la prttraille (pfafïenpack), sont si audacieux, et parfois si licencieux, que la plume se refuse à les traduire littéralement.

L'homme qui sut à la fois traiter en maître et le genre sérieux et le genre satirique, ce fut Ulric de Hulten, intermédiaire entre la littérature populaire et la littérature savante. Ses lettres sur les hommes obscurs [ Epistolœ obscurorum virorum ) sont des pages virulentes, haletantes d’indignation contre les oppresseurs de la liberté humaine. Les satires qu’il publia sur les mauvais prêtres de son époque eurent tant de succès que lo pape jugea à propos de lancer une interdiction contre elles. Ulric de Hutten, son intime ami Franz de Sikingen, la fleur de la chevalerie allemande, et

dont il sera question plus d’une fois dans le courant de notre histoire, sont les caractères les plus dramatiques, les plus touchants et en même temps les plus humanitaires de cette époque.

Si Hutten peut être appelé le J. -J. Rousseau du seizième siècle, Erasme, son ami ingrat, en fut le Voltaire.

Erasme était un ennemi déclaré du clergé corrompu do son temps. Il avait beaucoup d’esprit, des connaissances très-étendues et un style aussi facile qu’élégant. Ses principes sur la religion frisaient le scepticisme; il les formula sans trop de détours, tant qu’il n’y eut pas de danger pour sa personne et que ses saillies firent rire les évêques eux-mêmes. Mais dès que l’orage qu’il avait affronté éclata, dès qu’il y eut le moindre péril à s’exposer, le froid rieur se retira dans sa villa suisse, comme un colimaçon dans sa eoquille. Sa porte ne s’ouvrit même pas à son ancien ami Ulric de Hutten , traqué commo une bête fauve et errant à travers champs et forêts sans trouver ni abri ni secours.

Erasme n’était susceptible ni d’enthousiasme ni de dévoilaient. Il n’aurait pas fait le moindre sacrifice pour la cause commune. Son mérite réel est d’avoir propagé les lettres classiques de l’antiquité. On dit que son meilleur ouvrage est sa traduction latine de la Bible hébraïque, qui a servi de modèle à tous les autres traducteurs, même à Luther.

La figure d’Erasme est éclipsée par celle de Jean Reuchlin. Fils d’un messager de Pforzheim, il sut, par son érudition et ses travaux littéraires, s’élever jusqu’au rang do réformateur. Reuchlin n’aurait pas

un instant hésité à payer de sa vie la victoire et la réalisation de ses principes philosophiques et politiques. Dénoncé et poursuivi parles partisans de Rome, il trouva abri et protection près de l’électeur Albrecht, archevêque de Mayence, homme éclairé, ami et protecteur do Hutten, de Sikingen, de Luther et d’Albert Durer (1).

L’arclievêquo de Mayence n’était pas le seul parmi le clergé qui fût favorable à la Réforme. Jean, évéque de Meissen, prêcha publiquement l’Evangile, en disant qu’il y trouvait une toute autre religion que celle du pape. Il chassa do son diocèse tous les marchands d’indulgences. L'abbé d’Einsiedel, Conrad de Rechberg, refusa de dire la messe. « Si le Christ, disait-il, est dans l’hostie, je suis indigne de le contempler, encore moins digne de le sacrifier au Père. S’il n’y est pas, malheur h moi, misérable créature, do présenter

(1 ) Albert Durer, le plus grand artiste de oette époque, appartenait de cœur A la réforme religieuse. Dans les Mémoires de son voyage aui Pays- Bas, se trouve & ce sujet une note très-curieuse. On sait que Luther, après avoir comparu A la diète de Worms, fut enlevé par ses amis et amené dans un castel près d'Eiseoacli. Le bruit se répandit alors en Europe que Luther avait été enlevé et assassiné par les gens de Charles-Quint. Durer, en apprenant cette fausse nouvelle A Gand, fut saisi d'un sentiment de tristesse tel, que peudaut huit jours il s’enferma dans sa chambre, sans voir personne. • U est mort ! s’écrie-t-il dans un accès de désespoir, il est mort , le giaud homme, le vrai chrétien, l'apôtre do la vérité, le libérateur de l'Allemagne, le véritable fils de Jésus-Christ, le nouveau rédempteur de l’humanité, le messie de la vérité, — mort A tout jamais! Qui nous délivrera maintenant de la tyrannie de Rome, de l’esclavage de la superstition? Qui nous prêchera l’Evangile, le Verbe pur et immaculé de Jésus-Christ notre Sauveur? Qui veut, qui peut le remplacer? — A toi, Erasme I Luther mort, il n’y a que toi qui puisse continuer son œuvre divine. Sors de ta cachette, illustre Eiasme, moutre-toi, et grâces te seront rendues! Qu’importe la mort! l’immortalité et l'éternité t'attendront au seuil du paradis. — Ah! si j’étais aussi savant qne toi ! »

Il est probable que Durer a écrit A Erasme une lettre conçue dans le même sens que cette note. Le froid dialecticien, incapable d'enthousiasme, et se moquant autant de l'immortalité que du pape, doit avoir souri ironiquement eo lisant les conseils naïfs du grand artiste.

au peuple un morceau de pain à la place du Verbe de Dieu 1 »

Soixante ans avant la première manifestation de Luther, le prêtre Jean de Wessalia (nom qu’il prit de sa ville natale Wessel , en latin Wessalia), en même temps professeur à l’université d’Erfurt, déclara publiquement qu’il ne reconnaissait pas les dogmes de l’Eglise; que les indulgences étaient une vile duperie; que le pape ne pouvait rien faire pour la béatification des hommes ; que le Christ n’avait jamais commandé ni le jeûne, ni la confession, ni les fêtes, et que la seule confession imposée par l’Evangile était celle contenue dans ces paroles : « Allez, repentez-vous, et ne faites plus le mal ; » qu’enfin, tous les chrétiens étaient frères et égaux par le baptême ; que partant il ne peut y avoir ni esclave, ni serf, ni homme lige, et par contre-coup, ni seigneurs féodaux et cléricaux. Dans ses sermons publics, il lança ses foudres oratoires contre Rome, déclara le pape faillible comme un corsaire (le pape Jean XII, de scandaleuso mémoire, avait été corsaire dans sa jeunesse), et rejeta les conciles ainsi que les livres sacrés, à l’exception de l’Evangile, comme non obligatoires.

Déjà vieux et relevant à peine d’une longue maladie, Jean de Wessalia fut traîné devant l’inquisition. Son ami et coreligionnaire Dieter d’Isenbourg, évêque de Mayence, ne put le sauver, ayant eu lui-même avec Rome des démêlés forts vifs, qui failliront lui coûter son siège épiscopal.

Jean do Wessalia mourut par la torture.

Savonarole, successeur d’Arnold de Brescia, fut brûlé à Florence en 1498. En 1502, quatre ans plus

tard, le pieux Hilten d'Eisenach, penseur vigoureux, marchant sur les traces de Jean de Wessalia, fut traîné en prison, oii il mourut quelque temps après.

Chose singulière et digno de remarque, à mesure que le respect pour les serviteurs de la religion diminuait, que les nouvelles idées de la science et de la philosophie scintillaient comme des étoiles dans la nuit obscure du moyen-âge , l’inquisition , n’ayant pour toute réponse aux principes de l’intelligence que la prison, que la torture, que la mort, inventait miracle sur miraclo, dans le vain espoir de pouvoir ranimer la foi ébranlée. Elle eut recours à l’exposition dos saintes reliques et des images superstitieuses, précédée et suivie de persécutions sanglantes contre les Juifs.

Le chroniqueur Sébastien Frank raconte qu’en 1516, le docteur Balthasar Hubomayer ayant, dans la chaire do Ratisbonne, prêché une croisade contre les Juifs, au nom du pape, la foule, après avoir démoli toutes les maisons appartenant à ces malheureux, pénétra dans la synagogue, et y massacra tous ceux qui, n’ayant pas eu le temps do se sauver, s’étaient réfugiés dans cet asile, La synagogue fut également démolie, et à sa place on éleva une chapelle vouée à la Sainte Vierge, sous le nom de la Belle-Marie. La Belle-Marie possédait le talent miraculeux de guérir, par le contact, toutes les maladies du corps et de l’esprit, moyennant toutefois une messe payée aux prêtres. Il y eut une telle affluence de femmes, d’enfants et de vioillards, qu’il fallut tripler le nombre des desservants. Bientôt la Vierge ressuscita les morts, et on n’avait plus qu’à tomber à genoux en vue de la chapelle et à implorer son secours pour être exaucé. L’affluence enfin devint

si grande, les génuflexions au milieu de la ville furent si fréquentes, que la magistrature de Ratisbonne, afin de mettre fin à ces excès et à cette superstition pernicieuse, défendit expressément de pèleriner à la Belle- Marie, sous peine de prison.

' Dans l’année 1518, suivant ce que rapporte le chroniqueur Anselme, les moines prédicateurs de Berne corrompirent le gardien de la chapelle Sainte-Anne, pour qu’il leur livrât une relique du corps de la sainte. Celui-ci, tout en acceptant leur argdnt, leur donna les débris d’un crâne ordinaire, enveloppés soigneusement dans du coton embaumé et recouverts de soie rouge. Albert de Stein apporta à Lausanne cette sainte relique comme un véritable trésor. Là, l’évêque s’en empara et la promena en longues processions, auxquelles assistèrent un grand nombre d’ecclésiastiques et de nobles seigneurs, jusque devant les portes de Berne même, où les magistrats la reçurent en grande cérémonie, pour la déposer sur l’autel de la chapelle Sainte-Anne. L’abbé de Lyon eut beau déclarer publiquement que tout cela n’était qu’une fraude religieuse, que les moines n'avaient acheté qu’un morceau de crâne profane ; il eût beau en appeler | l’ambassadeur de France, corroborant cette opinion par un témoignage officiel, le clergé n’en persista pas moins dans sa croyance, et le peuple s’empressa de sacrifier sur l'autel de Sainte-Anne or, argent,, bijoux, cierges et prières.

Les beaux-arts aussi étaient au servico de la religion. Aucune époque du moyen-âge ne fut si riche en chefsd’œuvre de peinture et de sculpture que le seizième siècle. Presque tous les artistes éminents traitaient des

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sujets religieux. — Hélas, rarement les tabloaux religieux, môme des grands peintres, sont en môme temps des sujets d’amour chrétien ! — Le culte avait atteint les dernières limites du beau plastique ; les statues et les tableaux des grands maîtres ornaient les colonnades des temples catholiques, et ces dômes gigantesques que nous admirons encore aujourd’hui, allaient presque tous recevoir leurs portails magnifiques, leurs autels dorés et sculptés, leurs chœurs resplendissants et ces flèches hardies qui semblaient braver la foudre du ciel.

Tout cela n’était que le dernier flamboiement d'une lumière qui s’éteint, d’une vio qui se retire. Ces splendeurs, ce luxe des arts par losquols la forme déjà vieillie d’une religion do haine croyait se rajeunir, n’étaient pour elle quo de pâles reflets de pompes funèbres, et déjà une jeunesse ardente, ploine de vigueur et d’enthousiasme, charpentail le cercueil, pour y déposer le cadavre du règne féodal et clérical.

Elle brisa d’abord les chaînes des dogmes pétrifiés, condamnant la vie comme un crime perpétuel, et tenant la raison et l’intelligence sous les genoux oppresseurs d’un clergé corrompu et despotique. Ces entraves enlevées, les droits politiques et pratiques qui en résultent forcément, jaillirent de tous côtés, comme autant de ressorts comprimés.

Luther lui-môme ne se doutait nullement de la portée politique de la Réforme. Il croyait ne combattre que les abus théologiques et religieux. Mais une religion admettant en principe la rédemption et l’égalité des hommes, peut-elle longtemps en pratique maintenir le servage, la corvée, les dîmes, ces iniquités de

la féodalité? Nullement. La logique fut plus forte que Luther, et les paysans avec leur simple bon sens étaient de plus grands philosophes, do meilleurs chrétiens que le théologien do Wittemberg. Il est vrai qu’ils avaient des maîtres tels que Hutten et Munzer.

L’Allemagne d’alors, plus encore que celle d'aujourd’hui, était morcelée en une multitude de provinces; ces provinces à leur tour étaient découpées en duchés, margraviats, palatinats, évêchés et archevêchés. Partout le paysan était serf, double esclave de la noblesse laïque et du clergé ; partout existaient les mêmes causes de troubles ; partout le pauvre succombait sous les dîmes, grandes et petites, corvées, taxes, péages, impôts et vexations de tout genre (1).

Déjà en France, en Angleterre et en Bohême les paysans avaient fortement secoué le joug féodal et clérical. En Allemagne môme, des troubles et des révoltes éclatèrent longtemps avant la Réforme, mais ces soulèvements partiels n’ayant aucun lien d’unité, aucun principe central, échouèrent rapidement contre la force combinée de l’aristocratie bourgeoise, nobiliaire et cléricale.

Avec la Réforme, avec la propagation de l’Evangile, la scène changea. Ce n’est pas que la Réforme seule fût la cause de la guerre, les paysans eux-mêmes, comme nous le verrons bientôt dans leur charte révo-

(1) Un paysan ayant pris quelques écrevisses dans un étang appartenant au seigneur d’Eppstein, celui-ci le fl*, appréhender au corps et envoya chercher le bourreau de Francfort, le priant de lui décapiter son paysan. Le bourreau en référa au magistrat, qui 8t dire au seigneur qu'il n’avait pas le droit de couper la tète à un homme pour avoir volé des écrevisses. Mais le seigneur, no tenant aucun compte de cet avis, se procura un aide de bourreau et fit exécuter le malheureux paysan dans son château même. (Kirschner, Archiva île Francfort).

lutionnaire, rejettent cette supposition. L’Evangile fut le cordon magnétique auquel se rattachèrent, un à un, tous les éléments d'affranchissement, comme autant de grains dans un chapelet. Ce fut le lien d'unité, la bannière commune.

« Le peuple, dit Zimmerman, le peuple, si malheureux qu’il soit, ne se soulève pas sérieusemonl quand il n’a pas la conscience do son droit. Ce droit d’affranchissement et d’égalité lui fut révélé par le Verbe, ce ciment spirituel sans lequel rien de stable ne se fait dans le domaine matériel de la politique. Le Verbe, incarnation du monde et do Dieu, le Verbe, révélé par l’Evangile, le Verbe est et sera toujours le centre divin do tous les rayons de l’humanité. »

De nos jours on a cru pouvoir calomnier le Verbe, en disant : « Les paroles sont des femelles, et les faits sont des mâles. » Oui, la parole est une femelle, mais c’est la mère du mâle !

Donc, après la parole de Dieu traduite par Luther et expliquée au peuple par les mille bouches des prédicateurs consciencieux, surtout après losparolos chaleureuses et entraînantes de Hutlen et de Munzer, la lutte commença entre los oppresseurs et les opprimés, entre les seigneurs et les paysans, les prolétaires d’alors, et cette lutte à mort devait nécessairement aboutir à quelque résultat sérieux.

Bientôt il ne s’agit plus de Rome, de ses évêques et de ses marchands d’indulgences, mais bien des droits naturels et imprescriptibles du cultivateur, en opposition avec les droits soi-disant seigneuriaux et féodaux. Les évêques ne furent plus attaqués à cause de leurs

principes ultramontains, mais à cause des dîmes, des droits de corvée, de la main-morte, des impôts qu'ils prélevaient sur le pauvre peuple, à cause enfin de tous les privilèges attachés arbitrairement à leurs fonctions, au détriment et au préjudice des travailleurs, des hommes de la glèbe et des artisans.

La Guerre des Paysans éclata malgré Luther, qui, d’agitateur qu’il avait été en 1517, se fit conservateur en 1523 et 1525. Ce fut une guerre sainte, annoncée longtemps à l’avance, soit par des agitations sociales de tout genre, soit par des soulèvements partiels des paysans contre leurs seigneurs, dans toutes les parties de l’Europe. De part et d’autre, elle fut terrible, sanglante, traînant à sa suite, comme toutes les guerres, dos malheurs publics et privés ; mais était-ce la faute de l’opprimé ou de l’oppresseur, du valet ou du maître ? La bête, dans la forêt, erre haletante par la chaleur du jour, pour trouver uno source rafraîchissante. Pourquoi l’homme, cette image de Dieu, ne chercherait-il pas la source vivifiante, le principe de sa double existence morale et physique : la liberté et lo bien-être? « Nous voulons bien, dit un orateur paysan de cette époque, dans son langage imagé, nous voulons bien qu’un hêtro soit un hêtre, et qu’un chêne soit un chêne ; mais le chêne, ne faut-il pas qu’il vive? N’a-t-il pas besoin d’une place au soleil pour croître et se développer ? Soyons chênes ; mais que los hêtres n’empiètent pas sur notre existence sous risque d’être coupés! Une génération future viendra et ensemencera la terre de l’humanité avec une rétribution plus juste, plus équitable, et selon les lois éter-

nelles do l'Evangile et de la liberté humaine ! Un peuple qui ne sait pas affronter la mort ne vivra jamais. »

l'LRIC DE HUTTEN ET FRANZ DE SJKINGEN

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