E.\ F K ANGE
cés et les gravures que Pillemenl exëcula lui-même à Teau-forte ne manquent ni de souplesse ni de tournure.
Ces estampes furent d'un grand secours aux artistes qui cherchèrent en France au xtih' siècle à contrefaire les porcelaines chinoises. Enfin un orfèvre, Pierre Germain, composa sur son art une suite de a'nl dessins que grava un élève de Laurent Cars, Jean- Jacques Pasquier. Ce recueil, qui contient des calices, des burettes, des croix, des ostensoirs, des flambeaux, et autres objets d'orfèvrerie, fut exécuté avec un soin tout particulier, il conserve le souvenir de tout un art presque entièrement confondu aujourd*hui avec Findustrie, et fournit des modèles qui, bien qu'ils soient souvent d'un goûl assez extravagant, pourraient encore être consultés avec fruit. Ce volume est d'ailleurs, à vrai dire, le séul monument qui nous reste de Torfévrerie au xviii siècle.
Outre Joseph Vemet, dont nous avons indiqué la manière, il n*existe au xviii* siècle qu'un seul artiste qui
se soit occupé à graver des planches topographiques: Jean Rigaud dessina et grava lui-même une grande quantité de villes et de châteaux de France. Ces planches sont assez exactes pour que l'on reconnaisse au premier coup d'œil les sites que l'artiste a voulu représenter , elles sont gravées avec assez d'habileté pour que l'art ait également à y voir quelque chose. Quant à la gravure historique, elle est presque totalemeoi absente pendant tout le commencement du xvuf siè-
cle : les estampes de Moreau le jeune et de Ch. ^ic. Godiin exoeptées, pièoes qui sont, à proprement parler, des irignettes plutât que des gravures historiques, on ne rencontre en ce genre que quelques rares planches qui n'ont même pas un bien grand caractère d*aulhenticitë.