XVI* SIÈCLE
Si les premiers graveurs sur bois firançais ont emprunté quelque chose à l'art allemand, ils se tournent vers ritalie aussitôt que s'ouvre le xvi* siècle. Jnsque-là| bien reconnaissabies à leur défaut d'ori-* ginalité pour ainsi dire, les graveurs français laissent apercevoir çà et là à quelles sources ils ont puisé, à quels maîtres ils ont demandé des inspirations ou des exemples. Dès le commencement du XVI* siècle, nous remarquerons bien moins chez eux une réminiscence étrangère ; tout en demandant à ritalie son goût de dessin, ils sauront être euxmêmes, et donner à ce qu'ils feront un cadiet dîstinctif et fort aisément reconnaissable. Cette transfor-
^ HISTOIIŒ DE LA GAAYIRË
malion^ qui semble brusque et presque instantanée, s'explique facilement si l'on jette un regard sur la sculpture et sur la peinture du commencement du XVI* siècle, que lltalie a formées et qu'elle continue à guider conjointement avec l'art antique.
Âu lieu d être destinée à suppléer la miniature, la gravure sur bois devient un art véritable, et un art qui est appelé à rendre les plus grands services. Pendant tout le xvf siècle il ne paraît guère de livres qui ne soientaccompagnés de iiguresou d'ornements, et la facilité d'imprimer ces planches en même temps que le texte donne à celte iniiovalion une iniportiince considérable. Malheureusement, les documents font presque autant défaut pour les graveurs sur bois de cette épofjue que pour ceux (|ui les précèdent, et nous serons eonli aint plus d une fois de nous appuyer sur des attributions seulement probables, lorsque nous voudrons apprécier le talent de ces artistes. Nous aurons non-seulement à |)arler des estampes deslin(''es à orner des livres, mais la jdupart des estampes bistoriques publiées au xvi' siècle furent eiécutées sur bois, quelquefois même avec un vrai talent. Sans nous attacher aux œuvres inspirées par les njaitres de Fontainebleau, que nous étudierons isolément, nous devons nous occuper de cette branche de Fart mise au service de l'histoire, et dont l'usage lut si précieux, que, grâce à elle, nous avons conservé la représentation fidèle d'événements dont le souvenir eût pu disparaître.
EN FRANCE. 27 Le graveur sur bois le pins IVcoiul du seizièuic siècle, celui qui sut donner le plus de charme el le plus d'esprit à ses composiUons, fut sans contredît Salomon Bernard, que Ton désigne (jnel(|uefoi*î ;iussi sous le nom du pelil liern.u d. Cet artiste dessîjieet grave fadlement; il taille le bois avec légèreté, et on reconnaît à [)remîère vue ses estampes h leur gfentillesse et à la façon toute particulière dont elles sont gravées. Jamais il n'emploie une (aille suivie et uniforme ; son burin semble continuellement quitter le bois pour le
reprendre de suite, et, si le tiait que uu^nie le graveur
est saccadé et souvent interrompu, le dessin, tracé avec esprit, est fidèlement suivi. £n tête de chaque livre de VEnéide de Virffih^ prince des poêtex latins^ translatée de latui en français par Louis des Masures^ Tournimti; à LioHf chez Jean de Tournes^ 1560, une petite estampe retrace Tidée importante exprimée par le poëte; dans ces cadres, toujoui's d'une dimension l'est rein te, le graveur rend avec esprit le charme du récit. L'influence italienne est toujours apparente, mais l'art est venu reniplaci r la |)ralique, et il y a, dans les œuvres du petit Bernard, une élégance de formes et une souplesse de travail que nous n'avons pu noter encore chez aucun de ses prédécesseurs. Le graveur sait prendre un ( araclère propre, el, s'éloignant peu à peu des artistes antérieurs, dégagé de toute Tâcreté de l'Âtlemagne primitive, il sait puiser en, lui-niènic d'abord, ensuite dans l'école italienne, un goût en même temps simple et puissant. Dans une
Bible ^ dont les premières éditions sont justement recherchées, plus encore que dans VEnéide de Virgile, le petit Bernard est spirituel et. gracieux; il réussit à donner aux compositions qu'il multiplie à Tinflni un caractère attachant; son travail délicat et facile ulTre un charme réel. En 1553> le petit Bernard avait déjà gravé un grand nombre de planches pour un livre dont voici le titre: Epitome thcmuri anfiqnitnlum, hoc est Jmp. p. Rom. orieiUalium et occidenlalium iconum, ex oMiquis numùmatibm qmm fidelniime deiineatorum ex museo Jacobi de Strada Mantuani anùquarn. Lngduni, apnd Jacobum de Strada cl Thomam (Jnerimvi^ 1555. Ce sont les médailles de ces empereurs que le petit Bernard a tracées de sa pointe la plus délicate ; les figures se détachent sur un fond noir qui, en rappelant le travail des nielles florentins , permet de donner un certain relief au personnage et accentue en même temps la physionomie; ce livre, douhlement curieux au point de vue de la numismatique et de la gravure, eut, du reste, à son apparition, le succès qu*il méritait, car Tannée même où il fut publié, i555> Jean Louveau en donna à Orléans une traduction fran-
* C*est dam use édition de 1680 de cette Bible, édition sans aucun doute fort postérieure à la pahUcaiion originale, que nous trouvons la
seule mention authentique du norn du petit Bernard. Voici ce qui y est dit : « Les figures que nous te donnons icv sortent de lu main d'un excellenl ouvrier, connu en son temps sous le nom de Salomon liei iiard, dit autreuu'nt le petit Bernard, et ont toujours été fort cstiiuôes de c^tix qui se connoisseat en celle sorte d'ouvrage. »
çaise dans laquelle les mêmes planches forent employées.
serait-il pas juste d'attribuer au même petit fiernaid un livre donné jusqu'à ce jour au petit Angevin qui le signe et dans lequel sont figurées les
ligures de r Apocalypse (Paris, Eslicnne Groulleau, 1547) etiiïj; histoires du i\oiireau TestametU e»p(me$ tamt en latin qu^enriihme françoi* (même lieu, même éditeur et même date)^? Ces planches, dont Fanalogie est flagrante, nous semblent dues à la même main que celles que nous citions tout à. l'heure. Ce petit Ânge?in serait-41 le même que le petit Bernard? Le j)elit Bernard ne pourrait-il pas être Angevin? Pour nous, explorateur du goût et de la manière des artistes, nous trouTons dans les planches de ces deux graveurs une telle similitude, que nous n'bésitons pas à les attribuer à un seul artiste ; la même élégance dans le dessin, le même procédé de gravure, une taille saccadée et inquiète, tels sont les caractères auxquels on reconnaît le petit Angevin , et nous trouvons dans la manière de ces deux artistes , jusqu'à ce jour regardés comme foisant deux hommes, une tdle ressemblance, que nous les réunirions voloutiei's pour augmenter
* Outre ce livre, attribue au petit Angevin, on en connaît encore un autre orné de planches analogues et exécutées avec la même perfection; en voici le litre: L'Amour de Cupido el Psiche, mère de Volupté, prUe des cinq et sixième livres de Lucins Apuléus el nouueUement lUsloriée el expusce en vers ilaliais el français ( par Jean llaugin, dit h petit Angevin), forts, Jeau de Mmmef, venue ée Denis JwmL 1546, \sM.
50 UlSiUlKi:: DE LÀ GKAViiRE
l'œuvre du petit Bernard Angevin au détriment de
celui (lu pclil Angevin. Le savant biblioj^raphe, M. Brunet, vit dans le petit Aii^^evin un écrivain nommé Jean Maugin, et non un artiste {Mamel du- Libraire^ édition de 1842-1844, t. III, *pa^n^ 524) ; nous croyons que cette opinion tombe d'olle-nicme ïsi on lit en lèle du livre que nous venons d'indiquer la dédicace faite par le petit Angevin à tou$ paurtraiteuts^ painU^es et autres favorisant icelles dirnws scwnccs.
On attribue à un graveur sur bois auquel ou est convenu de donner le- nom de Jean Moni un grand nombre de planches |irravées avec une certaine délicatesse el composées dans le goût des pièces qu a laissées le petit Bernard ; Papillon, qui le premier a prononcé ce nom , attribue à Moni les estampes d'une Bible pubhée vers loOS chez Guil. Rouille el le titre d'un Jus ckile ^ imprimé en 1561 à Lyon par le même Guiil. Rouille ; il dit aussi que J. Moni copia du temps du petit Bernard la Bible inventée par c(?lui-ci. Nous avons vu les livres dont parle l'historien de la gravure sur bois, et nous n'avons pu découvrir nulle part le • nom de Jean Moni ; c'est donc en nous référant, quant à ce noiu, aux attributions de Papillon que nous dirons quelle est la manière du graveur : son dessin est plus lourd que celui du petit Bernard ; moins libre dans ses compositions, l'artiste l'est moins aussi dans sa gravure; ses personnages un peu épais sont moins sveltes et moins dégagés que dans les estampes du petit Bernard; son travail est trop surchargé de tailles et
RM FUÂKCE. M
trop couvert d*oinbres ; en un mot, on ne retrouve
plus dans les estampes attribuées à Moni celle grâce et cette élégance qui font le principal mérite des œuvres du petit Bernard; on doit cependant ranger cet ailisle à colô de son niaitre, parce que sa manière, quoique eu tout point intérieure, ne laisse pas de rappeler les exemples d*où il procède, et aussi parce que le but auquel tendaient ces deux artistes clail évideuimenl le même ; seulement Jean Moni est resté en route, tandis que le petit Bernard arrivait au but.
S'il est vrai que Jollat ait été graveur, et une telle supposition nous paraît raisonnable, il doit trouver place dans cette revue . des graveurs français. Mous avons compulsé un assez grand noipbre d'estampes grav«'cs sur bois par cet artiste; ces éléments suffisent pour donner la mesure de sou talent. i\é à la fin du XV* siècle, Jollat ne pouvait guère cbercher autour de lui des modèles d'une originalité parfaite : ses compatriotes ne lui avaient pas transmis un exeruple bien proiilable ; aussi comprit-il que c'était à l'art antique qu*il pouvait uniquement s'adresser. Il s'inspira donc des grands maîtres de l'antiquité et demanda à œux-ci ce qu'il ne pouvait encore trouver dans sa patrie. Vers 1530, Jollat publia un livre intitulé : Raison d*archi' tecture antique, extraite de Vitruce etnulre!^ anciens architectes^ nouuellement traduit d'espaignol en Irançoy$à l*uiiiité de cem qui se délectent en édilices, Imprimé par Simon de CoHnesy demourant à PartV, rue Saint-Jehan-dc-BeativaiSf à l'ensei^jne du Soleil
SOr, G*e6t un petit Tolume in-qaarto qui oontient
nombre de planches ^rravécs sur bois d'une mnin ferme et bien informée, mais les traits de la gravure sonl qu^quefois d'une excessive vigueur; le dessin, si tant est que le dessin de ces planches puisse aussi lui être attribué, esl savant et précis. Dans les ornements que ks artistes de cette époque se plaisent volontiers à prodiguer, on reconnaît une intention évidente de rappeler l'art italien du xv" siècle, et Jollat n'omet pas de mettre à contribution cette source féconde; les fleurons, les têtes de page et les culs-de-lampe sont toujours d'une élégance parfaite, et l'on ne peut en blâmer le dessin ; la gravure semble même plus soignée et d'un art plus avancé. Dans un autre livre que nous avons soigneusement examiné et dans lequel on voit tout au long le nom de Jollat précédé du signe zodiacal du Mercure nous avons trouvé l'occasion de faire lés mêmes observations : D0 dmedione fortitm corporis humani libri tres^ a Carolo SteplianOt doctore medico^ ediie^ una cum figum et indsiamm dedaratimibm^ a Stephano Biumo^ ehirurgo eompogitù; Parisiis, apud Simonem CoUnxum, 1545. S'il n'y a dans ce volume ni fleurons ni lettres ornées, les grandes planches qui y sont contenues annoncent déjà plus d'habitude de la gravure sur bois; le travail semble plus franc, le contour est quelquefois encore un peu pénible, mais ces planches ne sont plus au simple trait; les ombres indiquent les formes, ce sont des tailles horizontales qui modèlent les contours et
qai donnent à ces figures anatomiques nn aspeci plos vrai et plus réel; le dessin esl correct, et les anatomistes peuvent trouver dans ce volume plus d'un enseignement utile.
Sur quelques planches de ce livre, sur cinq, nou> dit M. Bernard il existe une petite croix deliorraine dont on veut faire aujourd!hui la signature d'un seul et même artiste, Geofroy Tory, :^ . Ifoins désireux que M. Bernard de donner cette marque à un seul graveur, nous sommes lente de croire que cette croix de Lorntîne servit de marque à tout un atelier de graveurs dont Geofroy Tory fut le chef, et dont Jollal dut évidemment faire partie ; couinicnl expliquer en effet la présence de ce signe sur des planches portant en même temps le nom de Jollat et les dates 1530, i53l et 1552?
Mais arrivons à l'examen des œuvres de Geofroy Tory, qui viennent d*élre étudiées avec un soin tout
particulier par M. Aug. i]crnanl. En adiiuilant, vl la chose est irrécusable, que Geofroy Tory soil l'auteur des dessins qui ornent les Heurei de la Fi«r^y publiées par Simon de Colines en 4554, nous devons regarder cet artiste comme un des niailres les plus importants de l'école française an xvi' siècle. Im Entrée de Henri ii è Paris en 1549, V Ancienne et la Nouvelle Alliance^ pièce allégorique gravée d'une taille sobre et correcte, François i*' écoutant la lecture que Machault lui fait
» Geofroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royal, jor Auijuî>lu Bernard. l'ans, Tross., 1857, m-8*.
5i UISTOiRE DE LA GRAVURE
de ta traàuit^m de Diodùre de Sicile^ sont des œutres accomplies et tout à fait dignes de Técole dont Jean Goasîn est le chef; les phyâonomiessoiit traitées avec simplicité, et, malgré une excessÎTe sobriété de moyens, elles sont toutes «'mpreintes d'un c«iclict personnel qui leur donne une importance et une valeur réelles; mais ià où Geofroy Tory est tout à fait à son aise, c'est lorsqu'il compose des ornements : il peut alors donner un libre coursa son ini<igi nation, il peut pernieltrc à son crayon des écarts que les scènes composées de personnages n'autorisent pas toujours ; et, alors quo sa pointe est plus libre, son travail est aussi plus séduisant et plus facile ; personne mieux que lui ne s'entend à entrelacer ces arabesques qu'unissent des médaillons ou des cartouches ornés quelquefois de sujets analogues au texte qu'ils encadrent.
Un paysage, attribué à Geofroy Tory, représentant un combat de Brésiliens dans une forêt irierge ' , rappelle un peu le travail des maîtres de Fontainebleau : c'est la même façon de comprendre la nature, c'est le même procédé d'exécution. Si Ton veut ad» mettre que Geofroy Tory ne fut pas seulement un dessinateur habile, mais qu'il grava aussi lui-mcme un grand nombre de ses propres compositions, il est utile de dire de quelle façon il entaillait le bois, eià quels
* Cette planche, qui fait partie de « V Entrée de Henri II à Rottm au mois d'octol>r3 1550. Se vend à Rouen, chez Robert le Boy Robert et Jehan dicls du Gord. 1 551 , in-4% » ne porte pas pins qm les autres es* lampes U marque attribuée k G. Tory.
EN FRA!iCE. S5
signes particuliers on peut reconnaître les œuvres sorties de son burin. Après a^oir examiné de fort près les estampes attribuées à Geofroy Tory par Thistorien de cet artiste, attribuées par la seule raison qu'elles portaient la double croix de Lorraine, el qu'elles avaient toutes été exécutées entre deux dates qui pouvaient parfaitement indiquer les limites extrêmes de la vie d'un homme, nous sommes lorcé d'avouer que nous retirons volontiersde l'œuvrede cet artiste une bonne moitié des pièces décrites dans le catalogue qu'a publié M. Bernard; les planches dessinées ou gravées peut-être même par Geofroy Tory sont, ce nous semble, assez faciles à reconnaître : le dessin, d*abord, en est])iiret correct; un goûL tout français el d'une sobre élégance domine partout, l'architecture est soignée, et prouve que Tartiste était aussi bon architecte qu'habile dessinateur; les ornements, d'un -goût délicat, ne sont jamais ni trop abondants ni trop rares. Si l'on veut voir en Geofroy Tory un graveur sur bois, son travail est encore plus reconnaissable : il taille le bois avec timidité et ne paraît pas avoir une grande pratique du burin; son trait est ibrmé de mille petites tailles qui accusent le défaut d'expérience et qu'explique la facilité de dessin ; ses ornements sont indiqués sommairement, et des tailles horizontales et paraltèles servent à ombrer légèrement les contours. Dans un grand nombre d'autres pièces, au contraire, qui ont élé attribuées arbitrairement, selon nous, à Geofroy Tory, un travail épais et pâteux, un dessin
36 UiSIOlRË DË i GUAVttVL '
grossier et maladroit, quelquefois même fort incorrect, remplace la ligne savante de Geoffroy Tory, et la gravure précise à force de soin et d'étude apparaît aussitôt inexacte et maladroite.
Le Somfe de PnUphile, publié à Paris en ^546, par Jacques Kerver, a une trop grande importance dans l'histoire de l'art français pour qu*il ne soit pas nécessaire de s'en occuper isolément. L'édition originale de ce livre bizarre parut, comme on sait, à Venise en 1499; elle fut imprimée par les Aide avec un soin lout particulier, et fut ornée de gravures sur bois dont le dessin, d'.une pureté et d'un goût exquis, rappelle la manière de Jean Bellin. 11 ne nous appartient pas ici de discuter les opinions diversement émises à propos de l'ouvrage italien; il nous suffit, après avoir indiqué 1 édition originale, de juger l'édition française; le dessin de celle-ci est une imitation fidèle de rédition primitive, mais cette imitation a été faite par un artiste d'un talent tel, que la transformation est complète; l'édition italienne est le produit d un art plus élevé, mais l'édition française gagne en charme, en élégance et en distinction ce qu'elle perd en noblesse. Les noms de Jean Goujon et de Jean Cousin ont été prononcés à propos de ce fameux livre; nous n'osoiis pas décider la question; il nous semble cependant, s il nous est permis d'énielti j; une opinion que nous ne pouvons d'ailleurs appuyer d'aucunes preuves, que le nom de Jean Goujon est plus rapproché de la vérité. Mais qu'importe après tout?
Nous avons l'œuvre» et nous devons en apprêter toute la valeur, sans trop nous préoccuper de Fauteur qui rilluslra de son génie. Le livre n'offre en lui-même qu'un assez mince intérêt; c'est une série de songes plus ou moins fantastiques mêlés de réflexions sur la beauté idéale et survies fliéoriesde l'art que l'on peut, sans encourir le reproclic d'ignorance, se dispenser de connaître ; il faut donc regarder uniquement les figures qui décorent le Songe de et on trouvera là sufnsaniuu'nt à admirer.
Non-seulement les compositions sont savamment disposéeSf exécutées avec finesse, mais le dessinateur érudît se fait jour jusque dans les moindres détails; il n'est pas un ornement qui ne soit du goût le plus irréprochable; les moindres lettres ornées sont exécutées avec autant de délicatesse que les sujets les plus importants, et le dessin est d'une telle pureté, qu'il se rapproche plus de l'art antique que d'aucun autre art. La plus grande estampe de ce précieux vo* iume, la plus f^randiose aussi, représente un sacrifice à Priape; nous laissons l'auteur du lexte nous décrire lui-même cette composition, à laquelle rien ne manque, ni la science du dessin, ni l'élégance de la conception, ni en lin une expression juste et convenable : (X Oultre l'excellence de Tari exprimé par Fouvrier de cest autel, il auoit choisy le marbre à projius : car pariiiy la blancheur s'esloient trouvées aucunes veines un peu brunes, pour faire apparoir Tobscurilé des nues, meslée de pluyes, neiges,
graisles et tourbillons. Sur le plan de Fautel estoit
posé le rude et rustique gardien des jardins, mcrqué de son enseigne, vmbragé d'vne* treille de verdure, faicte à voulle, soustenue sur quatre perches reuestiies de feuilles et de fleurs, le tout lourdement esbauché, voire (à bien dire) sans grand ouurage. A chacun espace entre deux perches pendoit vue lampe ardante, attachée an mylien de Tare de la voulture à petites cbaiueltes de cuyure, fort subtiles, qui estant agitées du vent, rendoient en s'entreheurtant vn son comme de petites cymbales. Tout autour estoit ceste tourbe rurale, bouuiers, bergers et laboureurs, qui rompoient contre VeCfîgie de leur dieu, beaucoup de fioles de verre, pleines du sang d'un asne qu'ils auoient sacrifié, meslé de vin et de laict : et y jettoient des bouquclz et rameaux à puissance. En cette procession estoit par eux mené le vieillard ianus, lié et garotté de rameaux, de fleurs et de feuilles. Ils alloienl brayant certaines chansons cbanipestres et festiues, appelans Thalasse et Hyménée, dansans, saultans et rians par grand ioye. Ce triumphe me donna plus d'admiration que de plaisir et ne me sembla pas si divin que les précédens. » Nous pensons que plusieurs graveurs travaillèrent à l'illustration du Songe de Poliphile^ et nous croyons qu'il est impossible de supposer que le dessinateur ait lui-même entaillé le bois. Ce que l*on peut observer cependant, c'est que l'inventeur dut en surveiller Texécution; mais nous croyons reconnaître le travail bien dis-
EN FRàNCE. 39
linct de trois graveurs : l'un, et c'est le plus habile, grava tout le premier livre du Songe de PolipkUe; le second grava un certain nombre d'ornements, et le troisième exécuta les liffures de la lin de l'ouvrage, qui ont une infériorité marquée sur les premières. Chez ces trois artistes cependant, le dessin a été suivi scrupuleusement, et, si la taille est chez ce dernier plus grossière que chez les deux autres, elle est encore iidèle, et mérite par là une attention presque semblable.
On trouve dans un livre imprimé chez Jérôme et Denis deMarnet'^ un certain nombre de gravures sui* bois qui nous paraissent devoir être r^ardées comme françaises. A leurs physionomies naïves et sincères, on reconnaît l'esprit du xvi siècle, à leur composition empruntée à la vie commune, les tendances de notre esprit gaulois. Des bergers tondent leurs moutons et des moissonneurs fauchent; des vignerons font le vin, tandis que des charcutiers tuent leur porc. Ces eslampes, d'une fort petite dimension, représentent les douze mois de l'année; elles portent une marque que BruUiot n'a pu expliq^uer : elle est formée d'une sorte d'étoile fixée sur un trait horizontal soutenu par deux traits verticaux ^ *• La gravure en est fine
• 0/JEdttm Rommionm, ttUm temporiim una eum suis PtalmU et AntipilumU disttnetum, ae rwmmUU offidù, ele. Vms, apud Hleranjimiiii et Dîodjs. de Manies fraftres, oib Pelicano oioiite. D. Hylary.
* Si Ton fait attcntioa à Tanalogie cvulente qui existe entre cette mmiiie et celle de Harnef, rejpToduite par M. Stlvestre (Maniucs ijpe-
et naïvement exacte; les ombles sont indiquées par une série de failles parallèles; la silhouette de quelques-unes de ces figures est heureuse et fait souvenir de l'école italienne; mais le goiH français domine tellement, qu il est impossible de ne pas considérer comme nôtres ces planches d^ailleurs imprimées à Paris.
Si l'on ne peut le plus souvent fonder que sur des conjectures Tattribution au petit Bernard ou à Jean Moni d'une grande partié des gravures sur bois du siècle français, on peut au moins nommer sûrement un autre graveur de la même époque dont le nom est imprimé tout au long dans le privilège du Bref et mmmaire Recueil de ee qui a e^é faiti et de Vordre tenu à lajoyeme et triimphante entrée de Irèêpuissant, très-magmnime et très-chre$tim prince Charte» IX y de ce nom roy de France en $a banne ville et cité de Poris^ capitale de son royaume, le mardi sixième jour de mars. Paris^ de l'imprimei ir de Denis Dupré, pour Olivier Codoré^ 1572. Olivjer Godoré exécuta dans l'ouvrage dont nous venons de donner le titre un cerlnin nombre de planches qui méritent d'attirer l'attention par la façon toute française avec laquelle elles sont traitées. Bien moins savantes que celles de l'entrée de Henri 11, livre dont on atlribiie avec raison la gravure à Geofroy Tory, elles présentent cependant un côté curieux et digne d*être noté;
gi aphujucs, n* 558) , on est tenté de considérer celte marque cmniiHi étant le inonogramme d un membre de la fitmille de Hamef qui aurail été graveur.
EiN FRANCE. 41 le dessin, peot-étre aussi correct, mais beaucoup moins élégant, a été exprimé avec une trop grande abondance de Iravaux; le graveur, Olivier Godoré, a surchargé ces planches de tailles inutiles et a diminué ainsi leur élégance native. Le goûl absolumoiil français de ces estampes est bon à noter , car à cette époque Tinflueocc italienne dominait despotiquement en France, et l'école de Fontainebleau, école où étaient venus se fondre Tart italien, Tart hollandais cl Fart français, était à son apogée. 0. Godoré semble s'être un peu éloigné de la voie généralement suivie; et, s'il ne doit pas être loué de cet écart, il mérite au moins d'être étudié; ses personnages sont moins sveltes et moins élancés que chez les maîtres de Técole ; dans S(îs (ligures on reconnaît bien plutôt le type de la reine régnante que le type de la célèbre Diane de i^oitiers, et cette entrée de Charles IX, le seul ouvrage que nous puissions attribuer avec certitude à 0. Godoré, doit etro considéré comme la transition la plus frappante de Tart italien qui va se transformer dans notre pays, avec Tart purement français qui se fait jour. Après ir)7'2 nous arrivons aux gravures de Perissin et de Tortorel. Chez ces artistes, la fidélité de l'histoire s*oppo6era aux emprunts étrangers , et nous verrons dans leurs œuvres, mieux que partout ailleurs, . roriginaiité nationale se dégager et prendre la place de l'art étranger, non sans en rappeler de loin en loin le souvenir.
Ce travail était déjà à l'impression lorsque nous fûmes à même de yoir un cnrieniL volume dont il serait i m pardonnable de ne pas faire mention. C'est un in-folio oblong contenant 270 gravures sur bois exécutées par des artistes français du xvi* siècle d'uo talent malhoureiisement assez inégal. Ces estampes, qui trop souvent se rapprochent plus de l'imagerie que de Tart proprement dit, rappellent par leurs compositions et par leur dessin quelque peu grossier les tapisseries si fort en vogue sous Charles IX. Parmi les monogrammes inscrits au bas de ces planches il en est quelquesuns que Papillon et que Brultiot ont tenté d'expliquer; mais on trouve à côté de ces monogrammes des adresses d'éditeurs qui sont peu ou point connues. Nous donnerons donc simplement une description sommaire de ce volume, n'osant pas, pour le nioiiienl du moins, hasarder des conjectures que le temps pourrait venir absolument détruire. .
Six pièces de T Ancien Testament avec cette adresse : A Paris, par Gcnnain Hoyau et Malliurin Nicolas , rue Montorgueil au Bon Pasteur.
Six autres planches analogues avec la même adresse, mais avec la date 1574.
Six autres planches avec cette adresse : À Paris par Jehan Graffart^ rue de Montorgueil.
L'histoire de Joseph. Le texte qui est au bas des compositions est en anglais, quoique les dessins soient d'un goût absolument français ; sans adresse ni monogramme.
Six pièces sur Moïse; une d'entre elles porte la marque * et la dernière celte adresse : A Pari».
par Marin Bonnemer et Clément Boimy, rue MontorgueiL à l'Eschiquier avec privilège du roij.
Six pièces relatives à Thistoire de Josué, tres-grossièrement gravées, avec l'adresse de Germain Hoyau et de Malhurin IN i colas.
L'histoire de Samson, en six planches lourdes et d'un dessin vulgaire, avec celte adresse : À Paris, par Denis Fontcnoy, rue Montorgueilt à la Corne de daimy prèi l'Eschiquier.
On retrouve l'adresse de 6. Hoyau et de M. Nicolas au bas de six planches relatives aux liois^ gravées à tailles très-larges d'après des dessins dont il reste peu de bon. IjCS ornements sont fort simples.
Une autre série de six planches relatives aux liois,
sans adresse, mais avec ce monogramme sur plusieurs planches, et avec celui-ci ^Çj sur celle qui représente David se disposant à couper la tête de Goliath.
David et Bethsabée. Suite de six planches d'un dessin plus pur et moins compliqué que la plupart des planches précédentes , avec cette adresse : A Paris^ par Denys de Mathoniére^ rm MontorgueiU à la Corne de daim.
* Brulliot, Dictionnaire des l^onogrammes. Munich, 1852; 3 vol îii-4'. I, n* 1820. — Papillon, Traité historique et pratiqjie de la gr a vure en bois, par J. M. Papillon. Paris, 1706 ; 2 vol. in-8^ I, p. ^fiO.
« Bnilliot, I, n* 255. — Papillon, I, 26U. Le monogranune n'esfidèlcnient reproduit dans aucun de ces deux ouvrages.
U lIlSTOillE DE LA GUAVURE
L'adresse À Paris^ par Germain Hoyau^ rue Moniorgueil, au Bon'Pa$^ewr, se lit sur la dernière des six planches relatives à Thisloire deSamson. Sur la planche qui représente Comment Salomon estant ta fort eieify f&knr complaire h m eoneuhines devient ydokitre^ on voit Salomon agenouille devant une Diane chasseresse (jui rappelle singulièrement la Diane de Jean Goajon, quoiqu'elle n'ait ni la même élévation de style ni la même pureté de lignes.
On retrouve l adresse de Gerni. Hoyau et de M. iSicolas au bas de six planches sur le prophète Hélie.
Quatre eslampes sur Job, avec cette adrase: À Paris, par Marin Bonnemer, rue MontorgueiL
Six planches sur Jéhu et Jezabel portent l'adresse suivante : A ParU^ par Jehan Bousny^ i;ue Montorgueil^ à rEspinette.
Six planches sur h^ prophètes Jérémie avec cette adresse : A Paris^ par Charle» le Vigoureux^ rue Montorgtml, à V Image S, Pierre.
Six planches relalives à Esther et Assucrus. C'est une des suites exécutées avec le plus de soin; les per- 5K>nnages sont élégants et sveltes, l'architecture est composée avec un soin tout p;uiiculicr, et le dessin est plus correct que dans aucune autre planche de ce volume. Âux angles de la bordure qui encadre ces compositions se trouvent quatre tê(es d'un beau caractère. A Paris, par Denys de Mathonière^ rue Montorgy>eilf à la Corne de daim.
Le même Denys de Mathonîère publia encore une
KN FRANCE. 45
histoire d'Uolopberne, gravée d'une façon lâchée et peu conforme à la suite d'Ësther et d*Assuérus. Ces planches rappellent les bois publiés par Germain Hoyau.
La chaste Suzanne (suite de six planches) porte l'adresse de 6. Hoyau tout seul.
L'histoire de Tobie est publiée par un éditeur dont le nom ne nous était pas encore connu, et qui paraît être le parent et peutpétre Fassocié de Denys de Ma-
thonière ; ils ont la même enseigne : À i'UvUy par Allaiti Dcmathomèret rue MoiUorgueU^ à la Corne de daim.
L'histoire de Jonas. Six planches avec ce monogramme ^ * et cette adresse : A Paris, par Françm DespreZf rue MoiUorgueil^ au Bon Pasteur , avec jnivilége du roy ; gravures grossièrement exé-
cutées.
Au bas d une planche avec texte italien quoique d'un goût bien français, représentant Samson vainqueur des Philistins et tenant à la main une mâchoire d*âne, on
voit cette marque .
Au bas de la Salutation angélique, pièce isolée, on retrouve l'adresse de G. Hoyau et de iM. Nicolas.
Sur une planche au premier plan de laquelle on voit le Christ et la Vierge debout, et dans le lointain différentes scènes de la Passion, on lit l'adresse sui-
' BruUiot, I, n* 8028, se trorape, lorsqu'il dit que cette marque appartient à UD graveur, allemand. ^ Papillon, 1, p. 270, donne ce monogramme renversé.
vante : A Parisy par Aicoloi PrévoU^ rue de ManioT' gueilt au Chef SainUDerm.
Nous retrouvons l'adresse : Imprimé à Paris par Denys Fonteiioy , rue Montorg'iieil , à la Corne de daim, près l' Échiquier ^ au bas d'une planche représentant la Purification.
Estampe grossièrement exécutée représentant la sainte Famille avec sainte Élisabeth et la Présentatioii au Temple, publiée par Germain Hoyau. '
Les Noces de Cana et la Passion, deux planches avec celle adresse : A Paris ^ par Denys de Mathonièrc, riw Montorgueilf à la Corne de daim.
lAk Prédication de Jésus-Christ pour apaiser les vents et la mer porte l'adresse de G. Hoyau et de M. Nicolas.
Jésus-Christ guérissant le Paralytique : À Parii^
par ^'icolas Prévost, rue Montoryueil^ au Chef St. Denis.
La Prédication de Saint Jean-Baptiste : À Paris^ par Nicolas Prévost, demourarU mi la rue de Montorgueil, au Chef Sainct Denis.
« JSotrC'SeiffMur, étaM svr la montagne, enseigne ses disciples à prier : » A Paris, par Denis Fontmoy, me Montorgmil.
Notre-Seigneur tenté par le Démon. Cette estampe porte encore Padresse de G. Hoyau et de M. Nicolas.
La Gène. A Paris, chez Marin Boussy, en la rue de Montorgueil, à la Cotue de cerf. C'est la première pièce d'une saite de onze planches sur la Pas-
aion de Noire-Seigneur. Sur quelques-unes de ces estampes on lit le monogramme ^ Elles sont exécutées avec des tailles larges et rappellent les bois publiés par G. Uoyau, La Flagellation, qui fait partie de cette suite et qui a pour encadrement la nféme bordure, neporlepas de monogramme, et a celte adresse ; À Parisy par Denis Pontenoy^ rue MotUargueU^
Les Tingt planches sur la Passion que Ton. trouve ensuite semblent avoir été gravées en Allemagne antérieurement au wi*" siècle, et être seulement encadrées*dans des bordures d'origine française. Quelques-
unes portent ce monogramme t"^^''-
; une autre
une salamandre, mat que de Lucas de Cranacb; une autre, ainsi que la dernière, cette adresse : À Pm'is^ par Denis Fontenoyj rue Mcntorgueilt à la Cornfi, jirès rÉcMqmer.
Une suite de six planches, sur la vie de saint Pierre, d'un dessin médiocre et gravée lourdement, porte en plusieurs endroits le monogramme , et sur la dernière estampe on lit : A Paris^ par Marin Bousiyt en la rue de MorUor^ueil, à Vlim^ Si. Pierre.
La vie de saint Paul est avec un texte anglais ; mais les gravures sont, malgré cela, parfaitement i'rançaises. Onn^y lit aucun monogramme; on y voit seulement
* BnjUiot, I, n" i035, dit avoir vu cette marque au bas de planclies sur bois accompagnées d'un texte en espagnol et exécutées vers 1570 ou i580. — Papillon, I, p. 270.
• Ni BrulUot ni Papillon ne mentionnœt ce monognimne.
l'adresse suivante, qui nous parait être une innocente supercherie : Imprinled ad London by Gyllei Godet^ in the Biackfriers,
Vient ensuite une série oomposée du Christ, de la Vierge, des Apôtres et des Évangélistes (seize planches) , gravée grossièrement et portant au bas celle inscription : À Paris ^ par Jean de Gourmont^ demeurant rue S, Jean-de-Latrm^ à V Arbre tee. Chaque pièce de la suite porte cette adresse*
Dix planches sur les miracles des Apôtres et sur le martyre de saint Barthélémy, portant le monogramme ^ eiVtiàressetÀParis. parMarmBoimy^rmMm' torgueily à l'Image Saind Pierre.
L'£nfant prodigue, avec texte anglais et la date de
1560 sur la première planche, le monogramme
sur la cinquième, et sur la sixième l'adresse : Imprm-
ted ad London, by Gyllea Godet y in the Blackpriers^ gravures d'un goûL absolument français.
Figure de la vraye Égliie de IHm et les quatre Évangélistes. Planches d'un dessin assez élégant: A Paris, par Germa in Iloyau et Mathurin Nicoias^ rue Montorgueil, au Ban Payeur. i572.
Saint Amhroise, Saint Hiérosme, Saint Augustin et saint (irégoire, dans de très-riches bordures (quatre planches) : .1 Par/s, par Marin Bouss)j, nie Montur- Uniet/, à laCome de cerf^ deuaM la rue BeaurHepaire*
Six pièces sur rApocalypse composées avec talent
Cette marque n*a été connne ni de Bnilliot ni de Papillon.
et ingénieusement gravées, avec cette adresse : A Paris ^ par Guillaume Saulce^ à PEsimeUet et Jacques
Lahmelte^ rue Montorgiieil.
Dix planches représentant la Création du monde, Notre-Seigneur dans une gloire, et quelques sujets de
la vie de Jésus-Christ. On lit sur plusieurs de ces
planches les monogrammes ^ I. L. G. (Jean le
Clerc?) et ^^^^ ' (Nicolas Prévost?); la première et la dernière planche portent l'adresse suivante en latin : Parisiia, apud loannem le Clerc^ in vico Frementello^ mb Stella aurea.
Les Sept Œuvres de Miséricorde en une estampe fort habilement composée, signée ^^^^ avec cette . adresse : A Pari$t par JSicolas PrévoU, rue Monlorgueily oâi ChefSainct Dewk.
Le Déluge, estampe non signée, mais avec la même adresse de Nie. Prévost.
Martyre de saint Laurent; imitation singulière de la composition de Baccio Bandinelli, gravée par Marc- Antoine liaimondi : A Pai iSy par Marin Boussu, en la ru^ de Moniorgueilf à la Corne de cerf.
Le Christ en croix entre les deux larrons, même adresse.
Les joies que reçeut la sacrée Vierge Marie^ estmU
* Ce monogramme est regardé par BruUiot, I, n* 1328a, et par Papillon, 1, coiiuiie appartcnaul à Jean le Clerc.
* Papillon, i, p. 20G, Toit dans ce monogramme les initiales de Nicolas Poussin; attributif» singulik« et dénu^ de tout fondement. — • BroUiot, }, n* 2995, le contente de répéter l'opiaion de Papillon.
en ce monde. La figure de la Vierge est dans un ovale autour duquel se trouvent six médaillons qui contiennent la représentation de six actes de la vie de la Vîer^'c : A Paria, par Denis Fontenoy^ rue Montorgucil^ pris l Eclii<ihier.
Le Prmair de Nostre Saiweur Jesm-ChrisL Grande planche allégorique, gravée assez lourdement : A Paris, par lacqnes Lalouettr^ me de Montonpieil.
histoire d'Adam et d'Eve, en quatre planches gravées sans habileté, mais encadrées de riches entourages formes d'enfanîs enlacés dans des ornemcMils. On ne voit au bas ni marque, ni adresse, ni nom d'imprimeur.
L'Espérance, la Charité, la Connaissance de Dieu, la Foy, la Prudence, la Tempérance, la Justice et la Force. Ces huit estampes, avec la même bordure que la suite précédente, portent quelquefois cette adresse : A VV// is*, par Marin Bonnemer^ rue Montorqueil^ à l'E$chiquier. La Justice, quoique faisant évidemment partie de la même suite, est accompagnée d ' u n texte espa gn ol .
Les figures du Christ et de la Vierge, gravées d'une façon plus fine que les autres planches de ce volume, avec cette adresse au-dessous : À Paris ^ par François de Gourmand^ rue 5. Jean de Latranf deuant le Gryffon ^argent.
Saint François recevant les stigmates : À Parts, par Marin Bonnemer^ rue Montorgueil ^ à VEschiquier^ auec priuilège du Roy* La bordure composée d'en-
EN FRAJiCE. M
fants enlacés, qui se trouve encore ici, parait appartenir en propre à réditeur Marin Bonnemer: elle encadre toujours en ellel de§ planches portant cette adresse.
Saint Roch et Saint Sébastien sur la même planche :
.4 Paris^ par Marin Bonnemer et Clément Bouinay^ rue de MûtUorgueUt à l'Esckiquierj auecpriuilèyeduRoy,
Le Jugement dernier, et, dans des médaillons, les Sept Péchés capitaux. En une seule planche, avec celte adresse : A Part», par Jean Boussy^ rue de MovUorgueil, à rEspineUe.
La même adresse se trou^ sur la Création du monde.
L'histoire de Saint Martin est sans adresse et sans monogramme.
Histoire de l'Image Nostre Dame de Liessey qui fut aportée de Paradis par la ange$. Avec cette adresse : À Pari», par Nicolas Préwntt rue Moniorgueil^ an Chef Sa i net Denis .
Histoire de Saint Sébastien, avec cette adresse : À Parts, par Jaques rAlloûele, demeurant en la rue deJimiorgueil.
Figure de la vie et passion de Monsieur Sainct Deluf, avec oetle adresse : À Paris^ par Nicolas Prévost, demeurant m la rue de Jtfonlorgtieî/, au Chef Sainct Denis.
Les Douze travaux d'Hercule. Copies d'estampes de Valvassori? Ces planches, asses mal tirées, portent cette adresse : Imprimé à Paris par Denys Fontenoy,
rue Montargueilf à la Corne de daim, près VÉchiquier.
Histoire fort plaimnte/le la rie pmtorale et la fin d^icelle. Huit planches très-joliment composées et gravées avec beaucoup d'habileté. Au bas de la dernière, on lit : A Paris^ par Jehan le Clerc, rue Fremmtel^ à rEitoille d'or, — Auec priuilège du Roy pour dix am.
Le Réveil de Paix endormie. Cette planche porte l'adresse de G. Iloyau et de M. Nicolas.
On trouve encore avec cette même adresse une trè^ bonne suite de sept planches repr^ntant des Triomphes. Le dessin du Triomphe de la Volupté rappelle plus que toutes les autres planches de ce volume l'école de Fontainebleau. Le Triomphe du Christ porte cette adresse : À Paris, par Charles le Vigoureux, rue Montorffueil^ à l'Image S. Pierre.
Histoire de Priam. Quatre pièces, avectsette adresse: A Paris t rue MontorgueU, au Bon Pasteur ^ par Fran'çois Desprez. — Auec priuilège du Ray,
Oracle divin. — Congnois toy toy même. Pièce symbolique sur la mort. Estampe d'un grand caractère. Un amant et sa maîtresse causent entre eux d*asses près, à la gauche de Testampe ; à la droite, la Mort pousse au tombeau deux vieillards* Ou lit au bas, imprimés en caractères gothiques, les vers suivants :
0 qud bian é*«t i rhomme do cogooiatro Sa qualité, sa penonne et son eatro :
Car quant il peut au clair cela entendre.
EN FHAiNCE.
S'estime rien, non plus qod pondre et ceqdro :
Soit qu'il se voye au printemps agréable, Beau, riche, adroit, tout cela est muable; Par qut'l(|ue temps, jeunesse on voit fk>rir. Et tost aprî's dessécher et mourir.
Cesluy pourlrait en demonstre l'exemple; Et prudent est qui le note et contemple.
Farce noutelle a six personnages. Estampe très -curieuse, représentant des tréteaux sur lesquels sont six acteurs jouant la comédie, et devant lesquels se trouvent un assez grand nombre de curieux qui regardent la scène. On lit au bas :
La farce des Grecs descendue, Hommes sur tou^ vujthiieux :
Cesi par notre France rendue.
Pour remonstrer jeunes et vieux;
Elle taxe les vicieux, Les dcHOiex elle radresse.
Et rend pctis les ijlorieulx, Chantant du monde la finesse.
A Paris, par Jean de Gourmont^ demeurant rue 5. Jemde Latrm^ à l'Arbre sec.