‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 13 sur 155 · CHAPITRE II La Renaissance carolingienne · texte numérisé non relu

CHAPITRE II La Renaissance carolingienne

Les preuves abondent de la recherche des monuments de la glyptique antique à l'époque carolingienne.

Parmi les empreintes sigillaires plaquées au bas des diplômes carolingiens, un bon nombre ont été produites à l'aide d'intailles romaines. Des actes des rois Pépin et Carloman sont scellés d'images de cire qui représentent les têtes de Bacchus, de Diane, d'Auguste. Des diplômes de Charlemagne sont scellés avec "les têtes de Marc Aurèle, d'autres avec celle de Jupiter Sérapis. Louis le Débonnaire, Pépin, roi d'Aquitaine, Charles le Chauve, l'empereur Lothaire apposent souvent aussi des pierres gravées antiques au bas de leurs actes publics '.

Dans son célèbre testament de l'an 875, le comte Heccard, fils deHildebrand, de la descendance fabuleuse de Nibelung, énumùre des améthystes et des aigues-marines qui lui ont servi de cachets. Ce sont, pour la plupart au moins, des gemmes antiques et l'on y reconnaît, entre autres sujets gréco-romains. Hercule tuant le lion de Némée Çsigilliiin de aiiiatixo iihi hoiiio est sciilpltts qui Icouciii intcrficit '). Quelques-uns des camées antiques du Cabinet des

1. Lecov de la Marche, Les sceaux, p. 21 et suiv. ; G. Demav, Invenlairc des sceaux de V Artois et de la Picardie. Préface, p. III et suiv.

2. A. de Charmasse, Autun et ses monuments, p. cxxiv (.\utun, 1889, in-12).

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Médailles sont encore munis de montures i^emmées qui remontent jusqu'aux temps carolingiens : entre autres, une belle tête d'Auguste entourée de perles et de cabochons, qui. avant la Révolution, ornait, dans le Trésor de Saint-Denis, le reliquaire contenant le chef de saint Hilaire '. De même, la monture de la célèbre intaille romaine signée d'Evodus, qui représente Julie, fille de Titus, est probablement un travail d'orfèvrerie carolingienne; cette gemme décorait, à Saint-Denis, le frontispice d'un reliquaire désigné sous le nom d' « Escran de Charlemagne » et. parmi les cabochons disposés en rayons autour d'elle, se trouve un saphir, celui du sommet, qui porte gravés, d'un côté, un dauphin et, sur l'autre face, un monogramme grec dans lequel on reconnaît les mots 'Ayta y-'r~r^p ^hoO XoittoO (ci-après, fig. 14). 11 est donc certain que ce saphir est d'origine byzantine, d'où l'on doit conclure que la Jiilid Titi d'Evodus est parvenue en Occident avec sa monture qui, dans ce cas, serait byzantine, ou bien, ce qui est plus probable, que les Occidentaux ont fabriqué cette monture en y intercalant une gemme grecque, comme l'ont fait les orfèvres wisigoths pour la couronne de Swinthila -.

Une tradition qui remonte jusqu'au moyen âge et qu'il n'v a peut-être pas lieu de repousser comme apocryphe, prétendait que la fameuse coupe de Chosroès II, roi de Perse (590 à 628), dont l'ombilic est formé d'un grand camée sassanide en cristal de roche, fut apportée par les ambassadeurs d'Haroun al Raschid à Charlemagne, et que Charles le Chauve la donna, sous le nom de « Tasse du roi Salomon ». au Trésor de l'abbaye de Saint-Denis '. Tous ces faits accusent avec la dernière évidence, de la part des Carolingiens, à la fois la passion des gemmes antiques ou orien-

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