‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 151 sur 155 · LI-COLB CONTEMPORAINE · texte numérisé non relu

LI-COLB CONTEMPORAINE

rieurs à J'Apothéosc de Napoh'oii, comme matière, dessin, exécution.

Fig. 54 — Pendant de cou, par Froment-Mcurice (i).

A côté d'Adolphe David, Louis Merlev (né en 181 5) qui avait obtenu le grand Prix de Rome en 1845, avec Ariou parlé sur les

I. D'.iprts Eug. Fontena\', Les bijoux anciens cl moilenies, p. 245.

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flols. exécuta surcamccs quelques portraits consciencieux exposés aux Salons de 1861 à 1867. C'est le temps où, stimulées par l'administration des Beaux-Arts, les grandes maisons parisiennes Froment-Meurice, Bapst, Boin-Taburet firent exécuter quelques bijoux richissimes, dans lesquels des camées s'harmonisent élégamment avec de somptueuses montures en or ou en émail (cidessus, fig. 54). Je rappellerai, en particulier, le monument, détruit dans l'incendie de l'Hôtel de ^'ille, sous la Commune, que Froment-Meurice avait composé et dont le motif central était un buste de Napoléon III en aigue-marine, supporté par un piédouche de jaspe sanguin incrusté d'argent, et accosté de deux figures de femmes, la Paix et la Guerre, en cristal de roche. Le buste impérial était l'œuvre de Jean Lagrange qui avait obtenu en 1860, le prix de gravure en médailles et en pierres fines. Cet artiste, né à Lyon en 185 1, fui surtout statuaire et médaillcur; il exécuta pourtant sur pierres fines un certain nombre de portraits; au Salon de 1869, il exposa deux camées, la Musique et Syracuse.

Nous avons noté dans une Fxposition rétrospective un joli camée représentant le Prince Impérial, qui est actuellement dans la collection de AI. l'abbé Alisset. Il est signé Guyctaui ; cet artiste ne nous est pas autrement connu.

Charles-\'ictor Jouanin donna au Salon de 1863 ; Chicu jouant avec une tortue, camée sur agate-onyx; au Salon de 1874, La mort d'Hippolyte, d'après C. Vernet.

Georges-Prosper Michel , élève d'Amahle Simon , exposa quelques intailles et camées aux Salons de 1879 et années suivantes : Saint Georges terrassant le dragon; Ariane; Sai)it Michel, vainqueur de Satan; Œdipe et le sphinx, etc.

M. P. Galbrunner (né en 1823), s'étant tltit remarquer dans un concours de gravure en médailles et pierres fines, à l'Ecole des Beaux-Arts, en 1848, fut encouragea graver de nombreux portraits en camées, pour ûtire concurrence à la vogue des camées italiens

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en France. Les succès qu'il obtint rengagèrent à persévérer dans cette voie, et il s'attacha dès lors à graver des compositions originales, en s'inspirant de la Renaissance italienne; dans cet ordre d'idées nous citerons son camèc OJfraiicIcs à Minerve [PI. XXI, fig. 3], qui, exposé au Salon de 1869, fut acquis par l'iitat et se trouve aujourd'hui au musée du Luxembourg.

Une de ses œuvres les plus considérables, La Foi, sur une sardonyx riche de couches, fut remarquée à cause de la beauté de la gemme et malgré quelque lourdeur dans la composition : c'est une allégorie mystique qui décorerait bien la porte d'un tabernacle ou un grand baiser de paix. M. Galbrunner exécuta dans un énorme bloc de sardoi ne, d'après le marbre célèbre d'Iselin, un buste de l'empereur Napoléon III, qui n'a pas moins de 40 centimètres de haut. Si l'œuvre est importante et témoigne d'une grande habileté technique, l'effet est médiocre à cause de la nuance peu heureuse de la pierre; il faut en dire autant d'un buste plus petit, aussi en ronde bosse, en calcédoine cendrée, portrait de jeune fille, que le même artiste fit figurer à l'Exposition universelle de

A côté de r Apothéose de Napoléon, sont exposées, au Luxembourg, quelques-unesdesœuvresd'ungrand artiste, enlevé prématurément, il y a peu d'années, et dont je voudrais voir honorer la mémoire comme celle du précurseur de la renaissance de la glyptique moderne, Henri François. Nous reproduisons quatre de ses camées qui permettront d'apprécier la pureté de lignes et l'élégance de composition qui distinguent, en général, les œuvres de cet artiste digne d'être signalé à la postérité comme le véritable chef de l'école contemporaine [PL XVIII].

Né à Vert-le-Petit (Seine-ct-Oise), en 1842, et mort en 1898, H. François, élève d'un maître éminent, Chapu, commença par exposer en 1867, un camée, le portrait du duc de Morny (7 1863) qui avait encouragé ses débuts. Puis, il donna successivement les

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œuvres suivantes : Salon de iiS68 : J'àiiis venant de ilcsaniirr ï Amour. — 1869. Trois camées : hivocaliou à Pan. et deux portraits. — 1870. Trois camées : La source, d'après le tableau d'Ingres; Tiic d'après l'antique; Portrait. — 1872. La Liberté, intaille sur cornaline. — 187^ Portrait. — 1874. Prométhée. — 1875. Trois camées : Portrait de l'empereur l'rançois-Joseph; saint Georges; Portrait de femme. — 1876. Trois camées : Tète grecque; l'ciius jouant ai'cc TAïuonr: Un Anionr transi. — 1877. Trois camées : Eve; deux portraits. — 1879. Une Ugyptienne, statuette en jaspe rouge avec habillement en or ciselé et émaillé, sur un socle en lapis-lazuli. — • 1880. Uénns sortant île fonde, camée au musée du Luxembourg. — 1881. Une butineuse, camée. — 1882. J)idroniède, camée au musée du Luxembourg [PL X'VIH, fig- 3]; Portrait de H. Chapu. — Nous connaissons encore de H. François : L Amour filial [PL XVIIL fig. 2] ; Sapho sur le rocher de Leucade [PL XVIH, fig. 1]; Le Génie de la peinture s inspirant de la J'érité [PL XVIH, fig. 4], grands et beaux camées t]ui sont tous au Luxembourg.

Le haut mérite artistique de ces bas-reliefs sur pierres fines ressort surtout quand on les place au milieu des œuvres des autres graveurs contemporains. Les amateurs d'art délicat ne s'arrêtent peut-être pas assez devant ces gemmes qui doivent être comptées parmi les meilleures productions de la glyptique française. L'artiste, auquel les encouragements n'ont que trop manqué, a su, en chercheur et en habile dessinateur qu'il était, se dégager de l'ornière où ses devanciers s'étaient enlizés. Le soufïle de l'inspiration moderne l'anime vraiment et l'atTranchit; il a su tirer un habile parti des couches multicolores de gemmes souvent bien choisies ; il sort du poncif, du néo-grec ; il donne en un mot le signal précurseur d'une rénovation originale, comparable à celle dont l'art de la médaille était l'objet à la même époque : moins modeste, Henri François eût atteint à la célébrité de novateur et de chef d'école. Il est temps de rendre justice à sa mémoire.

Fig. 55. — Coupe en cristal de roche gravé, par M. G. Bissinger. — Exposition universelle de 1878.

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A l'Exposition de 1878, on remarquait l'œuvre en glyptique de M. Georges Bissinger qui ne comprenait pas moins de ri2 numéros '. La pièce maîtresse était une grande coupe en cristal de roche sur laquelle sont gravées, en style Renaissance, des scènes empruntées à la fable de Neptune et d'Amphitrite (ci-dessus, fig. 53). Il y avait aussi une Xhiissancc de rénus, camée sur une sardonvx à deux couches taillée en forme de coquille ; une Bacchanale d'après un tableau de Poussin [Pi. XXII, fig. 5] ; un groupe de Laocoon en haut relief sur une calcédoine; trois camées grillagés représentant l'un Saiiil Pierre aux liens d'après le tableau de Raphaël [PI. XXII, fig. 8]. l'autre, yfars et J'émis, et le troisième enfin, l' Amour en prison [PI. XXII, fig. 9]. Le sujet principal de ces trois dernières gemmes est gravé, par un curieux artifice de métier, sur une couche interne de la gemme, tandis que la couche externe ou supérieure, est découpée en treillis détaché du fond, pour figurer les barreaux d'une prison. M. Bissinger a surpassé, dans l'exécution de ces gemmes, la dextérité des artistes japonais ou chinois dans le travail de l'ivoire. Des portraits, des sujets allégoriques, des interprétations d'oeuvres célèbres de la sculpture forment les sujets, en relief ou en creux, d'un grand nombre d'autres gemmes dues au touret infatigable du même artiste : par exemple, la Fuite en Egypte[l'\. XXII, fig. 1]. la MaJone. d'après le tableau de Raphaël de la galerie de Dresde [PI. XXII, fig. 7], Jupiter foudroyant les Géants [P. XXII, fig. 10]. La plus étonnante série de ses œuvres, en 1878, était peut-être une suite de copies de camées et d'intailles antiques, de la Renaissance et du xviii^ siècle, que M. Bissinger a imités dans la perfection : têtes d'empereurs romains, sujets de la mythologie grecque, sujets allégoriques et portraits de personnages célèbres, la plupart d'après

I . Il en fut publié un petit catalogue spécial, intitulé : Résumé scientifique de la gravure '•■ sur pierres fines. Paris, 1878, in-52 de 24 pages.

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les originaux du Cabinet des Médailles |P1. XXII, fig. 2, 3, 4 et 6J. La ressemblance est telle pour un grand nombre de ces gemmes, que IVvil le mieux exercé pourrait s'y tromper', et l'on peut renouveler à l'adresse de M. Bissinger les remarques qu'on a faites souvent sur les aptitudes des meilleurs artistes de la Renaissance ou du xviii'^ siècle, à imiter les gemmes les plus admirées des maîtres anciens.

M. Emile Gaulard, né à Paris en 1842, a commencé par graver la pierre tendre, fobriquant des boutons-camées à la grosse. A partir de 1870, il s'est mis à graver sur pierres fines et ses persévérants efforts, encouragés par des maîtres comme Eugène Guillaume, E. Barrias et J.-C. Cbaplain, ne tardèrent pas à être couronnés de succès. M. Gaulard obtint une troisième médaille au Salon de 1881 ; une deuxième en 1891, et une première en 1899. Il eut une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900. L'Etat acquit pour le musée du I^uxembourg un curieux camée sur minerai d'opale que M. Gaulard exposa au Salon de 1881. Le sujet, Phchus dans son char parcourant l'espace, se confond malheureusement avec les chatoiements irradiants de la gemme qui eût peut-être trouvé sa vraie place dans un musée minéralogique. En 1884, M. Gaulard exposa : Lti iiaissaiiù' de Minerve, beau camée sur une sardonyx à trois couches, acquis par l'Etat [PI. XXI, fig. 2]. En i8S^, Jnditb, statuette en calcédoine rosée et héliotrope; la pose de l'héroïne est peu heureuse. En 1890, Gallia, statuette en topaze brûlée, d'une hauteur de 15 centimètres; l'expression d'énergie indomptable, y est bien rendue. En 1891, V Idéal, remarquable camée sur sardonyx qui obtint une deuxième médaille : c'est le rêve d'un musicien [PI. XIX, fig. 2]. Le sujet est poétique et la composition qui Lut songer au Rêve de M. Détaille, en est

I. Comparez, par exemple, le camée qui représente Elisabeth d'Angleterre [PI. IX, fig. 15], avec sa copie par M. Bissinger [PI. XXII, fig. 2].

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plciiic de sentiment et démotion; on sent l'inspiration dans lattitude de ce jeune homme agenouillé sur le plus haut sommet d'une montagne et qui étend les bras en brandissant sa lyre, tandis qu'au-dessus de lui, couchée dans les nuages et bercée par eux, la Gloire endormie tient un rameau de hiurier.

En 1892, M. Gauhtrd exposa ]' Aurore, grande composition en camée sur calcédoine, d'un effet peu heureux. En 1895. le Christ eu croix, ronde-bosse en jade vert de l'Inde, d'une hauteur de 18 centimètres, œuvre importante par son ampleur, la beauté de la matière, le fini du travail. l:n 1895, ]'E)ili'veii!eitl de Déjanirc, camée sur une belle sardoine; élégante composition acquise par l'Etat (musée du Luxembourg). En 1896, Léda, camée sur sardonvx, acquis par l'Etat. En 1897, Le retour du vainqueur, camée sur sardonvx; grande composition d'aspect vulgaire. En 1898, Hché, camée sur sardonyx. En 1899, Après la lutte entre f Amour idéal et finstiiiet matériel : allégorie sur sardonyx qui obtint une première médaille; ce grand camée est un des meilleurs de M. Gaulard.

Au Salon de 1902 qui s'ouvre au moment où nous achevons cette rapide revue de la glyptique contemporaine, le même maître a envoyé un buste de jeune fille, intitulé Printemps, aimcc sur une sardoine rosée, susceptible de former un gracieux pend-à-col, et un important relief, J'crs l'inconnu, composé de morceaux juxtaposés de sardoine blonde, de jaspe sanguin, d'opale de Hongrie, de calcédoine bleue de l'Oural, enfin d'or et d'argent (ci-contre, fig. 56). J'ai dit tout à l'heure le peu de goût que j'avais, en général, pour ces mosaïques de pierres fines qu'on peut bien rarement caractériser par le mot d'Ovide décrivant la demeure étincelante du Soleil : matcriain superahat opus; mais celle-ci trouve grâce à nos yeux et ne mérite pas l'ostracisme que nous avons prononcé contre Phébus. Cette noire Centauresse à la croupe anguiforme qui galope sur les nues opalisées, cette jeune nymphe légèrement

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drapée qui se laisse emporter à travers les régions éthérées, joveiise et pleine de confiance dans l'avenir inconnu : voilà bien le svmbole de la conquête de l'air par l'aérostation. il faut louer

Fig. ;6. — Vers l'inconnu. — Camée de M. Emile GaiiUrd.

sans réserve la correction du dessin, la disposition harmonieuse du groupe, l'habile agencement des matériaux multicolores.

M. Eugène Chéreau exposa en 1877 : Zéphyr, camée sur onyx, d'après Prud'hon ; en 1878, \lilon de Croloiic, camée sur onyx,

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d"aprcs Vatinclle; en 1879, TEnlcvcincni de Psyché, camée sur cornaline, d'après Prud'hon; en i88r, Psyché, intaille; en 1882, ]' Aurore, camée. A l'Exposition universelle de 1900, M. Chéreau avait une jolie statuette de Minerve, en cristal de roche; malheureusement les reflets de la matière empêchaient que l'effort et le talent de l'artiste fussent appréciés comme ils méritent de l'être.

M. Emile Soldi a eu, comme Laurent Natter au milieu du xviii'-' siècle, le mérite exceptionnel de joindre la théorie à la pratique, c'est-à-dire de graver des camées et des intailles, et en même temps d'écrire, en i88r, sur les pierres gravées, un intéressant chapitre où il nous met au courant de certains procédés d'atelier en usage aujourd'hui'. Xous citerons de cet artiste impatient de s'élancer à la découverte, dans des voies inexplorées, une statuette de Marie de Médicis, dans laquelle les mains et la tête sont en pierres fines; un beau médaillon en sardonyx intitulé GciUia; une Vue de J^enise sur le grand canal, en une sardonvx à trois couches; une grande plaquette-camée, qui représente Actéon à la chasse, accompagné de son chien, sujet traité avec une rare distinction. Dans un autre camée, de dimensions modestes, intitulé Lilliisioii, M. Emile Soldi a-t-il voulu symboliser la déception qui s'est emparée de son âme, après tant d'eflorts dépensés en vain et non encouragés par l'ingrat public? On pourrait le croire, car depuis longtemps cet artiste original et chercheur ardent paraît avoir, sans esprit de retour, abandonné la gravure sur gemmes.

M. Georges Lemaire, un des plus brillants et des plus féconds représentants de l'école actuelle, est né à Bailly (Seine-et-Oise), le 19 février 1855. Il est par conséquent aujourd'hui dans la plénitude et la maturité de son talent. Sa première exposition

I . Emile Soldi, Les arts mcconnin, chapitre intitulé ; Les camées et les pierres gravées, p. 25 et suiv. (Paris, 1881).

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remonte à 1880 : c'était un buste en jaspe rouge de Pierre Corneille. A partir de ce moment, les Salons annuels reçurent de cet artiste des œuvres nombreuses parmi lesquelles nous citerons : En 1882, La Foiiuiic et le jeiiiie enfanl, gracieux camée sur sardonyx, qui obtint une meniion honorable. En 1885, l'Jiirore s'avançant à travers l'espace, en effleurant du pied le globe terrestre sur lequel elle répand d'une main des fleurs, tandis que de l'autre main, elle tient une torche allumée : œuvre distinguée sur sardonyx, que nous revîmes à l'Exposition universelle de 1900. En 1885, Portrait de M. Victorien Sardou, et La iiiaiii chaude, camée de grandes dimensions (135 millimètres), sur sardonyx à nuances rougeâtres et peu flatteuses. Cette œuvre qui obtint une troisième médaille est maintenant au musée du Luxembourg. En 1886, Idylle, sardonyx de 115 millimètres, qui obtint une deuxième médaille; aujourd'hui au musée d'Amiens. En 1888, Portraits de Renan, Caro, Camille Doucet et Nisard ; Flore et Zépbvr, beau camée sur sardonyx, aujourd'hui au musée du Luxembourg. En 1889, M. G. Lemaire envoya à l'Exposition universelle un cadre qui renfermait quarante camées représentant les effigies des quarante membres de l'Académie française : plusieurs de ces portraits sur sardonyx à deux couches (blanc sur fond noir) sont des œuvres remarquables. En 1890 le même maître donna T Amour et la folie. En 1891, Orphée perdant Eurydice. En 1894, La Destinée, grande sardonyx de 170 millimètres qui obtint une médaille de première classe (ci-après, fig. 57). C'est la plus considérable, mais non peut-être la meilleure des œuvres de G. Lemaire, quoique l'ampleur du sujet, le nombre des personnages, la variété des attitudes révèlent dans l'exécution de ce camée une habileté technique consommée.

En 1895, La mort de iXarcisse, sardonyx à cinq couches, mais pleine de taches, aujourd'hui au musée du Luxembourg. En 1897, Messager des Dieux, grande sardonyx, également acquise par la

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Direction des Beaux-Arts |P1. XX, fig. IJ. l:n 1898. L'Auloiiiuc. au musée Galliera. Kn 1901. Le Priiilcnips. camée sur une sardonyx à trois couches, aujourd'hui au Musée des arts décoratifs à Paris. Le sujet de cette dernière œuvre de M. G. Lemaire est un jeune homme assis sous un chêne et couronnant de fleurs une jeune fille debout devant lui. C'est une idylle printaniére, empreinte de simplicité, de calme et de grâce. Peut-être trouverait-on qu'on n'y sent point assez courir le frisson amoureux du mois de mai. qui en ferait un chef-d'œuvre: mais elle ne manque ni de fraîcheur ni d'harmonie dans la composition. Les couches de la sardonyx sont de nuances agréables qui gagneraient encore à être polies, comme le sont toutes les gemmes gravées des Anciens.

M. Bernard Hildebrand fit ses études de dessin à l'école municipale dirigée par M. Lequien. rue des Petits-Hôtels, à Paris, et il y obtint la médaille d'or. Ses œuvres en gravure sur pierres fines se ressentent de ces excellents débuts. Il grava en camée un grand nombre de portraits qui lui furent commandés par des familles américaines momentanément installées à Paris. Ses premières expositions au Salon remontent à 1883 et 1886; ce sont encore des portraits. Dans les années suivantes. ^L B. Hildebrand donna successivement, outre d'excellents portraits : En 1887, Hébê, camée sur une belle sardonyx à trois couches. En 1888. Orphée pcnlaiit Jîiirviliù'. En 1889. Macbeth cl Banco rciicciiilrciiit hs sorcicrcs. camée sur sardonyx à trois couches, qui obtint une mention honorable. En 1890, Biicchiis enfant et Bacchant. En 1892. Y Amour înilécis, camée représentant Vénus qui retient Cupidon au moment où celui-ci cherche à lancer ses flèches. En 1893. Ainlronicdc délivrée, camée intéressant qui obtint une médaille de troisième classe. En 1895, Esmérahia. camée acquis par l'Etat, aujourd'hui au musée du Luxembourg. En 1896. Eve. joli camée sur sardonyx à trois couches. En 1897. Littinerie. camée sur une grande sardonvx rougeâtre à deux couches, qui obtint une médaille de

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