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deuxième dusse |P1.XIX, fig. 3|; c'est une des evuvres les plus importantes de M. llildebrand. lui 1899, Proiiiélhcc fiichai)ié, camée sur sardonyx à trois couches. En 1901, Le nid, et trois portraits
^'g- 57* — La Desiince. Ciiiicc Je M.Georges Lemaire (1/2 grandeur).
d'enfants, sur sardoine. Hn 1902, enfin, une gracieuse composition, Diane surprise, en camée sur une sardoine à deux couches.
M. G. Tonnellier qui se destinait d'abord à la statuaire, fut accidentellement porté vers la gravure sur gemmes, et ses débuts dans
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ce genre remontent seulement A 1885 : ils furent encouragés par un maître éminent, j. C. (.haplain. Depuis lors, M. Tonnellicr a montré une ardeur au travail incomparable; d'une étonnante fécondité et d'une énergie de forgeron, il prend plaisir à s'attaquer aux gemmes les plus grandes et paraît se jouer avec les difficultés techniques. Qiaque année il expose aux Salons annuels des œuvres, camées, intailles, ronde bosse, qui frappent par leurs grandes proportions, la somme de travail qu'elles supposent et l'habileté manuelle de l'artiste. 11 a, au musée du Luxembourg, deux importants camées : Le Pressoir, grande composition à six personnages, d'un dessin un peu lourd et qui manque de la grâce qu'on s'attend à trouver dans une scène bachique; Le passage du Slyx [PI. XX, fig. 2|, œuvre meilleure, forte et consciencieuse. Au musée Galliera, M. Tonnellier a exposé l'un des plus grands camées qui existent, La Teiilatioii de saiiil Aulo'uie, sur une gemme si pauvre de couches et à nuances si désastreuses que le travail de gravure disparaît comme caché dans des taches nébuleuses. Pourquoi ce rude labeur sur un caillou aussi vulgaire ? mieux eût valu sculpter simplement ^un beau marbre. A l'Hxposition universelle de 1900, on a beaucoup admiré du même maître, Llvlle, camée représentant une jeune fille conseillée par l'Amour, sur une sardonyx à deux couches, et VEulèveiiieul de Déjaiiire, celle-ci acquise par l'iàat [PI. XIX, fig. 1]. C'est un groupe en ronde bosse taillé dans un énorme bloc de jaspe sanguin. Il y a là non seulement de grandes difficultés techniques habilement surmontées, mais un effort artistique vigoureux et puissant. 11 n'y manque qu'un beau poli sur toute l'épiderme pour mettre en valeur la beauté du jaspe. 11 faudrait un Renvenuto Cellini pour monter ce groupe en couronnement d'une grande aiguière ou de quelque autre monument important d'orfèvrerie artistique.
Pour le Salon de 1902, Al. Tonnellier a accompli un véritable tour de force d'atelier en composant un groupe symbolique en
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pierres fines, d'une hauteur de -^o centimètres. Sur une pyramide triangulaire en jade du Petchili, qui rappelle un peu trop le piédestal de la tour Eiffel, reposent des nuées en améth3'ste d'Auvergne. Les angles de ce socle monumental sont gardés par trois anges agenouillés, en jade du Yunnam ; au centre, un dôme en héliotrope supportant une tête de Chérubin au-dessus de laquelle est placé un bénitier en calcédoine du Brésil, sur le pourtour duquel sont représentées en camées la Naissance, la Mise au tombeau et la Résurrection du (Christ; au sommet enfin, dominant le tout, une grande croix en cristal de roche, sur laquelle est un Christ en agate saphirine de l'Uruguay. Ainsi, l'on peut dire que les cinq parties du monde ont concouru à cette œuvre qui symbolise le triomphe universel de la Religion chrétienne, et en constatant l'effort énorme qu'elle a dû coûter à l'artiste, la somme de vrai talent qu'il a dépensée, l'excellence de certains détails, j'éprouve quelque peine d'être forcé de dire que cet amoncellement de richesses minérales m'a laissé sans émotion ; non ! cet échafaudage de gemmes translucides et miroitantes ne soulèvera pas l'enthousiasme sur lequel son habile auteur a peut-être compté. M. Gustave Lambert, élève de \l. Bissinger, s'est spécialisé, à l'opposé de MM. G. Lemaire, B. Hildebrand et Tonnellier dans la gravure des intaUks. Sa première exposition remonte au Salon de 1879; il est aujourd'hui parmi nous un des rares artistes qui, depuis vingt ans, maintiennent l'intaille au-dessus de la gravure des cachets héraldiques. Il nous a donné dans ce genre un certain nombre d'oeuvres d'un dessin souple et discret, d'une facture élégante, supérieures à tout ce qu'ont produit en France le milieu et la seconde moitié du xix^ siècle. La plupart de ces intailles sont présentement exposées au musée Galliera. Elles ont pour titre : L'Aurore. — • Le donneur de conseils. — Credo [PI. XXI, fig. 5].
— Le Livre |P1. XXI, fig. 9]. — Danse guerrière [PI. XXI, fig. 7].
— Baigneuse [PI. XXI, fig. 8J. — Lever de soied. M. G. Lambert a
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aussi gravé d'excellents portraits, parmi lesquels on a remarqué ceux de MM. de Chenneviéres, ancien directeur des Beaux-Arts, et Eugène Guillaume, statuaire, membre de IWcadémie française [PI. XXI, fig. 6].
Le Musée du Luxembourg possède, de M. G. Lambert, une grande intaille sur cornaline brune, acquise par l'I'tat en 1898, et qui est intitulée : Lu source cl le ruisseau |P1. XXL fig. 10]. La dernière des œuvres du même artiste est une RojhIc d'eiifivils [PL XXL fig- 11] où l'on retrouve les mêmes qualités de grâce spirituelle, d'harmonie et de souple élégance.
De M. Alphonse Lechevrel. je ne connais qu'un camée, une tête de Méduse, bon travail qui ferait un joli motif ornemental, si la gemme choisie par l'artiste était de nuance plus heureuse. On croirait, en vérité, quand on voit cette pierre enchâssée dans une somptueuse monture, que ^L Lechevrel s'est donné pour tâche de faire valoir le cadre aux dépens du camée. Les intailles du même artiste sont bien dessinées, la composition est agencée avec goût et le travail de gravure est vigoureux autant que délicat. Xous reproduisons celle qui est au musée du Luxembourg sous le titre de Consultation [PL XXL fig- ^- C'est sans doute parce que la gravure des gemmes est peu encouragée que .M. Lechevrel paraît aujourd'hui cultiver de préférence l'art de la médaille.
Un élève de H. François, M. Louis Domas, a exposé en 1900 un camée représentant Mercure entant qui dérobe â Apollon berger des flèches dans son carquois. En 1901, il donna Dapbuis et Chloé, d'un dessin peu heureux; je préfère son camée de 1902, Je Ji} delà Vierge sur une belle sardonyx à trois couches. L'année dernière le Salon contenait une grande intaille sur cristal de roche, représentant sai)it Georges aux prises avec le dragon, œuvre qui n'est pas sans mérite, de M. lîmile .Marcus. Les intailles de ^L Alfred Vaudet sont si fines, parlbis, qu'elles ne peuvent être appréciées qu'à l'aide de la loupe, observation qui est loin d'en
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déprécier la valeur artistique. Cet artiste avait à l'Exposition universelle de 1900 : Priiiiavctii. sur topaze; Psyché cl fAiiiour, grenat ; J'cniis couchée, grenat.
Xous terminerons par là cette revue rapide de l'école française contemporaine et de ses principales œuvres. Elle n'est pas nombreuse, comme on le voit, cette école : une dizaine de noms, tout au plus, qu'on rencontre, toujours les mêmes, à cliaque Salon annuel. On ne fait autour d'eux ni réclame, ni bruit d'aucune sorte. Ils représentent l'entomologie de l'art et le public les prend pour un appendice presque négligeable des Expositions. Cependant, l'entomologie dans la nature a ses merveilles et ses chefsd'œuvre, et quelques-uns des travaux de nos graveurs modernes, — ceux de H. François surtout, — sont dignes des époques les plus brillantes de la gravure sur gemmes. Nous nous sommes rendu compte des efforts persistants de chacun de ces artistes et nous avons apprécié la souplesse et les ressources de leur talent. Pourquoi donc, dés lors, n'ont-ils pu encore reconquérir la faveur du grand public? Pourquoi le goût des amateurs est-il allé et continue-t-il toujours à aller, exclusivement, vers la médaille et point vers le camée? Ou plutôt, enfin, pourquoi le camée n'est-il pas, en même temps que la médaille, — si glorieusement régénérée par lesChapu, les Chaplain et les Roty, — remis en vogue et apprécié comme il le fut aux plus brillantes époques de l'art? C'est ce qui nous reste à rechercher pour clore cette étude.
CHAPITRE XII Caractères généraux de la glyptique contemporaine et son avenir.
A l'Exposition universelle de l'année 1900, dans la section dite r('7ro5p('c//i'r, installée au Petit Palais des Champs-Elysées, on s'était proposé pour but de résumer en un tableau général l'histoire de l'art français durant tout le xix^ siècle, dans ses manifestations multiples et sous ses divers aspects. Toutes les branches de l'art se trouvaient représentées sous des vitrines remplies de chefsd'œuvre ou d'objets précieux, curieux et intéressants, empruntés aux collections publiques ou privées ; on n'avait négligé ni la gravure en médailles, ni la miniature, ni l'eau-forte, ni la sculpture sur ivoire ou sur bois, ni l'émaillerie, ni la lithographie, ni la céramique, ni la tapisserie, ni la joaillerie. Seule peut-être de tous les arts industriels que A. de Montaiglon, le premier, a groupés sous la dénomination d' « arts mineurs », la gravure en pierres fines n'avait aucune part à cette grandiose exhibition. Elle n'y figurait point, soit qu'elle eût été omise par inadvertance, soit qu'elle eût été négligée ou même dédaignée. C'est seulement dans la section rétrospective de l'orfèvrerie qu'on pouvait voir occasionnellement quelques camées et quelques intailles enchâssés dans des bijoux démodés.
Un tel oubli, si regrettable qu'il fût en lui-même, n'aurait pas grande importance s'il n'était comme l'expression de l'indiflérence persistante du grand public et de la critique artistique par
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rapport à la gravure des pierres fines. Cet abandim s'est manifesté, au point de vue administratif non seulement dans la préparation hâtive de l'I^xposition universelle de 1900, mais dans l'organisation même des musées français : il n'y en a pas un seul dans lequel on ait pris à tâche de rassembler, comme pour la médaille, les éléments principaux d'une histoire de la gravure sur gemmes au xix" siècle. Le Cabinet des Médailles où devrait être constituée cette galerie, comme suite aux séries qui se rapportent aux siècles antérieurs, n'a reçu de l'Administration des Beaux- Arts que de loin en loin quelques œuvres éparses et sans lien entre elles. Les commandes ou acquisitions de l'État, au lieu d'être, quand faire se peut, l'objet de versements réguliers dans la collection nationale, s'en vont, après avoir séjourné quelque temps au musée du Luxembourg, un peu partout, semées au hasard, suivant des caprices qu'aucun règlement ne retient, ou suivant même des intérêts dictés par la hideuse politique. Il semble pourtant que si un certain nombre de ces camées et de ces intailles qui appartiennent à l'État et sont exposés au Luxembourg du vivant des artistes, venaient ensuite, après une sélection judicieuse, continuer sous les vitrines du Cabinet des Médailles, les belles séries d'autrefois, il n'y aurait préjudice pour personne et, bien au contraire, intérêt pour tous. Ce serait, en quelque sorte, renouer le fil de la tradition artistique, rattacher la glyptique contemporaine à son glorieux passé, pour le plus grand avantage des graveurs contemporains. Le public, en contemplant cette suite indiscontinue de gemmes gravées, depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, trouverait là un enseignement aussi bien que les artistes. Et qui peut dire si cette histoire de la glyptique par les monuments, en épurant le goût des amateurs et en stimulant le zèle des artistes, ne provoquerait point un mouvement en laveur de la gravure sur pierres fines, de même que les belles expositions qu'on a faites des œuvres des