‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 18 sur 155 · I.A RENAISSANCE CAROLINGIENNE · texte numérisé non relu

I.A RENAISSANCE CAROLINGIENNE

altérations graduelles de l'archétype originaire de ces sceaux, pourrait-on encore soutenir que ceux-ci ont été produits par des gemmes de l'antiquité? Ne serait-il pas insensé de soutenir qu'à la même époque on a pu trouver un aussi grand nombre de gemmes antiques du même style, de même grandeur et reproduisant des tvpes aussi voisins les uns des autres? Non; un simple coup d'œil jeté sur notre planche W le prouve sans réplique : ces gemmes sigillaires ne sont pas antiques, mais bien carolingiennes. Plusieurs des diplômes de l'empereur Charles le Gros, conservés aussi aux Archives de Chaumont, et datés des années 886 et 887, vont nous permettre de porter nos investigations sur un autre type sigillaire '. On a cru, par suite d'un examen superficiel, que ces diplômes étaient scellés d'un même sceau, formé d'une gemme antique à l'effigie de Caracalla ou, peut-être, de Géta [PI. IV, fig. 1 etSJ. Ici, comme pour les sceaux de Louis le Débonnaire, une observation minutieuse ne permet pas de douter qu'il s'agisse de deux matrices distinctes, lune étant la copie, non tout à fait adéquate, de l'autre et l'ayant sans doute remplacée. Cette constatation positive, fondée sur l'analyse comparative des deux types sigillaires, suffirait à elle seule, pour établir l'origine carolingienne et nullement antique de ces portraits modernisés de Caracalla ou Géta. Mais cette origine se trouve encore confirmée par une remarque non moins évidente : c'est que la légende KAROLVS IMPERATOR. était gravée sur la gemme elle-même et non, comme d'ordinaire, sur la monture. Pour chacun des sceaux, buste et légende sont de la même main, et l'hypothèse de deux gemmes antiques sur lesquelles on aurait gravé le nom de Charles le Gros doit être écartée : nous avons déjà fait une remarque analogue au sujet du cristal de roche de la croix-reliquaire d'Aix-la-Chapelle.

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