I. A. Roserot, op. cil., p. lO-ii, n^^ 3 et 4 de la planche
36 LA REXAISSANCE CAKOLIXGIENXE
C'est encore sur un diplôme des Archives de Chaumont que nous ferons une nouvelle expérience. Il s'agit, cette fois, d'un acte du roi Lothaire, fils de Louis I\' d'Outre-mer, daté du 30 août 967, sur lequel est plaqué un sceau formé d'une pierre gravée du style le plus barbare. Il représente un buste de face, avec de longs cheveux retombant de chaque côté de la tête [PI. V, fig. 1] '. A cause de cette longue chevelure et de la disposition du visage, représenté de face, on a pensé qu'il s'agissait peut-être d'une pierre gravée mérovingienne servant de sceau en plein x^ siècle : hypothèse aussi inutile qu'invraisemblable. Pourquoi ne serions-nous pas en présence d'une œuvre du x'' siècle même, c'est-à-dire contemporaine du prince qui l'employait à sceller les actes de sa chancellerie? La barbarie même du travail appelle cette conclusion, car nous voyons en elle le reflet direct des bouleversements politiques qui ruinèrent la France au milieu du x^ siècle et qui, par contre-coup, bénéficièrent à Fempire germanique, comme nous le constaterons bientôt.
Les antiquaires des siècles derniers ont souvent connu et fait dessiner des sceaux ou d'autres gemmes qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous et dont il ne nous reste ainsi qu'une image plus ou moins fidèle. La glyptique carolingienne aurait à s'enrichir amplement d'une révision attentive des travaux de ces vieux auteurs.
C'est ainsi qu'il existait autrefois, dans le Trésor de la cathédrale du Mans, un monument fort intéressant, aujourd'hui perdu, qui nous semble rentrer dans la glyptique carolingienne. D'après le dessin que Gruter en a donné ' et que nous reproduisons ci-
1. A. Roserot, o[>. cit., p. 11 -12 et n" 6 de la planche; un surmoula.ne de ce sceau est au musée sigillographique des Archives nationales; il a été reproduit plusieurs fois. H. Bordier, dans la Revue archéolog . , 1858, I, p. 173-177 et pi. 55;, n» i ; Archivei nationales. Collect. des sceaux. Supplément, n" 24 ; G. Denia\', Inventaire des sceaux de l'Artois et de la Picardie. Préface, p. xxiii, n" 345 et planche ; Lecoy de la Marche, Les sceaux, p. 29.
2. Gruter, Inscript, romanar. Corpus, p. 1158 ; Conbrouse, Monnaies royales de France,