‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 20 sur 155 · I.A HlIXAISSANCF. CAROLINGIENNE · texte numérisé non relu

I.A HlIXAISSANCF. CAROLINGIENNE

Fis. i6.

— Ancienne gcnimc du Mans.

contre (lîg. i6), c'était une pl.iquc elliptique sur laquelle était gravé le tableau suivant : Au centre, une porte flanquée de deux tours; de chaque côté, un personnage, vêtu du pallium, étend le bras vers la porte ; en haut, la Main divine émergeant d'un nuage et désignée par le mot DEX (Jf.v/rrrr). Au-dessous de la porte qui symbolise une ville, on lit CAENOM (Cœiioiiiiiiiiii). Derrière les deux personnages, leurs noms, GERBA et PROTA : les saints Gervais et Protais, patrons de la ville du Mans, dont les images se trouvent déjà sur les monnaies mérovingiennes '. En rapprochant le dessin de cette curieuse gemme des intailles que nous avons étudiées, en examinant la disposition du sujet et tous les éléments de la composition, je présume qu'il s'agit d'une intaille de l'époque carolingienne ou romane.

Le P. Garrucci a reproduit dans son recueil des monuments chrétiens, une gemme de l'ancien musée Vettori, qui représente le martyre de saint Laurent, tel qu'il figure sur d'autres monuments des premiers siècles du christianisme et du haut moyen âge - (ci-aprés, fig. 17). C'est une intaille carolingienne plutôt

1845, pi. XLi, no 4; Duchalais, dans lu Revue iiiimisiiiatiqiie, 1840, p. 125 ; Edm. Le Blant, Kouveaii recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule (1892), p. 24 et suiv. (où l'on trouvera toute la bibliographie antérieure) ; R. Garrucci, Storia délia arle crisliana, t. VI, pi. 478, n" 40; F. X. Kraus, Real Encyclopâdie christ!. Alterthums, t. II, p. 789. La gemme dont il s'agit ici, reproduite pour la première fois par Gruter, est aujourd'hui perdue. Eugène Hucher, dans son Essai sur les monnaies du Maine, publié à la suite de la Géographie ancienne du diocèse du Mans, par Cauvin (1845, in-40), p. 691, a donné l'image d'un contre-sceau de Pierre Gougeul (mieux que Pierre de Longueil), évêque du Mans de 1309 à 1326, qui représente les saints Gervais et Protais, et a, ainsi, quelque lointaine analogie avec la gemme de Gruter. Chose étonnante, ce contre-sceau est aussi perdu et on ne le connaît que par le dessin de Hucher (je dois ce renseignement à l'obligeance de M. Robert Triger).

1. M. Prou, Catal. des monnaies mèroviiig. de la Bihl. nal., pi. VII, n" 24.

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