C. W. King, Antique gcnis and rings, t. I, p
3. Comparez notamment une pierre gnostique au même t\'pe de Gorgone, dans King, op. cit., t. II, pi. IX, fig. 3; cf. ci-dessus, p. 13.
4. W. Frœhner, Kritische Analekten,^. 44 (extrait du Philologus, 1884, Suppl., Heft i). M . Frœhner cite deux autres monuments gnostiques avec la même formule. L'un est un onvx de la collection du peintre Rubens, sur laquelle il déchilfre : ÛTzéca (l'ulva, nuitrix) uï/.ivr, (i£Xiv);j.Évr], w; oçt; vX-jitx'. /.%: w; Xi'jjv JlojySiï'. /.%\ (!); àpviov zoi^jioCf. L'autre est une plaque d'émail qui porte : Ji-i'.^ |jL£),ïvr, a^Àavwaîvr,, u'i; ojt; £i/,JÊ72i -/.ai oj; Sçizrov
72 LEPOQUE DE BERXWARD ET DE SCGER
tion autre chose que les éléments de i ayici;....? Ce curieux monument est considéré comme bvzantin et attribué au v'^ ou vi^ siècle. Mais ne serait-il pas possible d'y reconnaître simplement une imitation occidentale d'une gemme byzantine ? Les gemmes gnostiques à légendes grecques ont souvent été copiées par des graveurs occidentaux, à l'usage des physiciens, rebouteurs et guérisseurs empiriques de toute espèce. La forme onciale de certains caractères, l'altération manifeste de la plupart des autres, l'incorrection des légendes trahissent, de la part du graveur, l'ignorance du grec : il a copié maladroitement et sans comprendre. Dès lors, ne pourrait-on reconnaître à ces symptômes un graveur occidental interprétant un modèle byzantin ?
La grande préoccupation des gens du moyen âge, de distinguer les pierres vraies d'avec leurs imitations en pâte de verre, venait surtout de ce qu'ils attribuaient aux gemmes des vertus magiques, des propriétés extraordinaires dont les pâtes vitreuses étaient naturellement dépourvues. Ce souci, qui se fait jour dans les Lapidaires, éclate en particulier au xii'^ siècle, en tête du poème de Gautier d'Arras sur l'empereur Héraclius dont le nom était rapproché de celui qu'on donnait à la pierre de touche i-/,paxA£(a y.fioç). D'après ce conte, l'empereur de Rome fait apporter sur le marché toutes les pierres que possèdent les bourgeois de la ville et demande à l'enfant Héracle de se prononcer sur leur authenticité. L'enfant les déclare toutes fausses, sauf une seule, d'apparence médiocre et cà laquelle on n'attachait aucune propriété théurgique. L'empereur furieux ordonne de jeter l'enfant dans le Tibre, en lui attachant la pierre au cou ; mais celle-ci fait miraculeusement surnager l'enfant et le sauve; la science du jeune Héracle est alors reconnue et les vertus magiques de sa gemme proclamées à son de trompe '.
I. A. Giry, Notice sur un trait- du Moyen âge, etc., dans le aXXV= fasc. de la Bibl, de l'Ecole des Hautes-Etudes, p. 221.
CHAPFDIE IV Les cristalliers du XIII- siècle.
La croisade de \'.\n 1204, dirigée sur Constantinople, grâce à l'astucieuse influence des Vénitiens, fait époque dans l'histoire de la glyptique en Occident, à cause de la grande quantité de gemmes antiques, byzantines ou orientales qu'elle déversa tout d'un coup sur la France et les autres nations qui y prirent part. On sait avec quelle avidité les Croisés se ruèrent sur les richesses et objets d'art accumulés depuis des siècles, dans les églises et les palais de la capitale de l'empire d'Orient. A'illehardouin, qui assistait à ce brigandage et reçut sa part de butin, dit que dans le palais de Bucoléon, on mit la main sur un tel trésor qu'il ne sait comment en donner l'idée ; « il y en avait tant, dit-il, que c'était sans iin ni mesure ' » ; et au palais de Blaquerne, « le butin fut si grand que nul ne vous en saurait dire le compte, d'or et d'argent, de vaisselle et de pierres précieuses, de satins et de draps de soie, et d'habillements de vair et de gris et d'hermine, et de tous les riches biens qui jamais furent trouvés sur terre -. » Les Latins rentrèrent dans leurs foyers, gorgés de richesses, les mains pleines de gemmes, de joyaux gemmés, de vases précieux et de bijoux; aussi, est-ce surtout à partir du xiii'= siècle que les
1. Geoffroy de Ville-Harâouin, éd. Natalis de Wailly, p. 147, ^ 249.