Vilîe-Hardouin, p. 147, § 2jo
trésors des églises deviennent si riches que leur préservation nécessite la rédaction d'inventaires détaillés.
Cest à la suite de la croisade de 1204 que le trésor de Saint- Marc de \'enise s'enrichit de la plupart des joyaux qui font encore aujourd'hui sa gloire ' ; que les cathédrales de Trêves ' et de Bourges \ les églises de Lyon ' et bien d'autres reçurent en ex-voto les camées et les intailles que les soldats du Christ avaient rapportés tout ennoblis de pieuses et fantastiques origines. C'est ainsi, par exemple, que le fameux onyx de Schaffouse vint dans le trésor de cette ville et fut enrichi par Louis de Frobourg d'une monture d'or émaillé ' ; que le Niiiiiisiiia CaroH lut rapporté à Corbie par Robert de Clari '' ; que la cathédrale de Beauvais reçut un bassin de cristal orné d'une inscription grecque empruntée au récit évangélique de la Cène ". Les autres croisades apportèrent en France le sceptre romain en agate qui devint le bâton cantoral de la Sainte-Chapelle '\ le Grand Camée de la Sainte-Chapelle % le grand Camée de Saint-Sernin de Toulouse qui, au temps des guerres de Religion, émigra dans la collection impériale de \'ienne '°, enfin cent autres chefs-d'œuvre de la glyptique antique que le moyen âge chrétien prit à cœur d'environner de somptueuses montures d'orfèvrerie gemmée. Aussi, est-ce égale-
1. Antonio Pasini, // lesoio di saii Marco in Vcne-ia; Eni. Molinier, Le tit'sor de la
basilique de Saint-Marc de Venise, p. 24. i
2. L. Palustre et Barbier de Montault, Le trésor de Trêves, un vol. in-4". i
3. ].-.\. Blanchet, Les camées de la cathédrale de Bourges, dans les Mémoires de la Société ^ des Antiquaires de France, t. XXIV, p. 253 et suiv.
4. Léopold Niepce, Archéologie lyonnaise, t. I, p. 80, et t. III, p. 5 et suiv.