‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 49 sur 155 · G. Demay, op. cit., p. xxii, n · texte numérisé non relu

G. Demay, op. cit., p. xxii, n

90 LES CRISTALLIERS DU XIIl^ SIECLE

C'est bien aussi un travail du moyen âge que cette intaille représentant un buste de style barbare, les cheveux relevés sur la nuque, un collier au cou, qui a servi de sceau en 1174 et 1203, à Gautier, chambricr de France, et en 121 1, à son fils. Pierre de Nemours, évêque de Paris [PI. VI, fig. 16] '.

Parfois, on constate une telle parenté de sujet, de style et de technique entre les intailles sigillaires de personnages divers, qu'on reconnaît la main du même graveur ou, à tout le moins, la copie servile du même type. Comparez, par exemple, les trois intailles suivantes : 1° celle du sceau de Foulques Painel, en 1205 ; 2° celle du contre-sceau de Richard, évêque de Winchester (1174-1189); 5° celle, enfin, du contre-sceau de l'abbé de Saint- Étienne de Fontenay, prés Caen,en 1271' [PI. VI. fig. 10, 11 et 12]. Bien que de dimensions fort différentes, ces trois gemmes représentent le même sujet : un personnage assis sur un trône à dossier élevé et dont le siège est soutenu par deux traverses en X, recevant des mains d'un autre personnage, debout, un objet globuleux. Ce type est traité d'une manière presque identique sur les trois sceaux. Qui donc, après cette constatation, oserait faire remonter à l'antiquité, ces trois gemmes de même style, sur lesquelles est gravé un sujet qui n'a rien d'antique? Se seraient-elles donc retrouvées toutes les trois, dans la même région et à la même époque, comme sous le coup de la baguette magique d'une fée, pour être encastrées dans des montures métalliques et servir de sceaux au xiii^ siècle ?

Mais ce n'est pas tout. Rapprochez-en la gemme du sceau de Pierre, abbé du Mont-Saint-Martin, en 1264 [PI. VI, fig. 13] > : vous constaterez que le type de ce dernier n'est rien autre chose que l'un des deux personnages que nous venons de signaler sur les

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