G. Demay, op. cit., p. xvi, no
gemmes de Foulques Painel, de l'évêque de Winchester et de l'abbé de Saint-Etienne de Fontenay. Le sceau de l'abbé du Mont-Saint-Martin est la copie servile, mais abrégée, de ceux-ci. \'ous reconnaîtrez enfin le même stvle dans la gemme du contre-sceau de Pierre de Hotot en 1219', qui représente un personnage vêtu d'une tunique talaire, en prière devant une statue placée sur un autel à six degrés surmonté d'un baldaquin [PI. VI, fig. 14|.
Si l'on ne peut prouver strictement que ces gemmes sont de la même main, du moins l'hypercritisme même le plus étroit ne saurait nier qu'elles soient des copies ou des imitations les unes des autres; et ce procédé de la copie des gemmes n'est-il pas dans la tradition médiévale depuis l'époque carolingienne, où nous l'avons saisi sur le vif dans les types sigillaires et les Crucifixions de ce temps? De telles constatations rendent l'hypothèse de l'origine antique de ces intailles tout à fait inadmissible.
Comme nous le disions plus haut, à côté des sujets religieux, inspirés de la tradition chrétienne ou de la sigillographie métallique contemporaine, la glyptique des xir' et wW siècles a produit un grand nombre de types sigillaires qui ne sont que la copie directe de gemmes antiques. Ici, nous abordons un point délicat, et plein d'incertitudes : il peut arriver qu'il soit impossible au critique le plus exercé, à celui qui a le mieux étudié à la fois les gemmes antiques et médiévales, de décider si telle ou telle empreinte sigillaire a été produite avec une intaille gréco-romaine ou avec sa copie moderne. C'est affaire d'expérience personnelle, de sentiment même, et dans bien des cas, il faut savoir, avec sincérité, reconnaître son impuissance et demeurer dans l'incertitude humiliante. D'autres fois, cependant, on pourra, comme nous l'avons fltit pour des sceaux carolingiens, prendre le copiste