‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 52 sur 155 · G. Demay, op. cit., n»* 281 et · texte numérisé non relu

G. Demay, op. cit., n»* 281 et

en 1262, a pour type un Ange représenté comme la \'icloire antique; il est debout, nimbé, foulant aux pieds le dragon qu'il frappe avec la hampe de sa croix '. L'intaille au contre-sceau de l'ordre des Hospitaliers teutoniqucs en 1286, représente la \'ierge nimbée assise sur un trône et tenant l'Enfant Jésus [PI. VI, fig. 18] \ C'est une gravure d'une remarquable finesse; malheureusement la cire qui nous en a conservé l'empreinte a subi des détériorations à travers les âges. Non moins remarquable comme exécution technique est la tête de vieillard, de face, barbu, aux traits accentués et amaigris, qui figure sur l'intaille du contresceau de Garin, abbé de La Couture, au Mans, vers la fin du xui' siècle [PI. VI, fig. 19] '.

Sur le grand sceau en bronze des foires de Champagne, en 1291, on voit, encastrées de chaque côté de l'écusson central, deux gemmes de même grandeur, qui représentent chacune le buste à mi-jambes d'un guerrier barbu, vu de trois quarts, nu-tête, drapé à l'antique, tenant d'une main son épée appuyée contre son épaule, et de Fautre, son bouclier orné d'un mutle de lion [PI. VI, fig. 21] (l'une des deux empreintes est fragmentée). Il est impossible de classer à l'antiquité une telle image; remarquez la physionomie réaliste de ce chevalier et l'habileté technique du cristallier qui a gravé ce portrait sur gemme. Le travail est de la fin du xur' siècle et l'on peut présager, rien qu'à la vue des trois dernières intailles que nous venons de citer, que la glyptique médiévale, familiarisée avec tous les secrets de métier et rompue au maniement des outils, est à la veille de donner à l'art sigillaire de véritables chefs-d'œuvre.

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