V. Gav, Glossaire, v Camahieu, p
2. V. Gay, Glossaire, \'° Camahieu, p. 257; J. Labarte, Inveulaire du mobilier du roi Charles V. '
E. B.VBELON. — Histoire délit gravure sur gemmei. "j
98 I.n ROI CHARLES V ET SES ERÈRES
Dans l'Inventaire du duc d'Anjou, AI. H. Aloranvillé qui en poursuit actuellement la publication '.a relevé pour nous l'article suivant où est décrite une Nativité de Notre Seigneur :
« N° 293. Un tabernacle en foçon de tableaus d'argent doré, semé par dedens d'esmeraudes grandes et petites, balais grans et petis, camahieux et menues perles grant quantité. Et ou milieu desdis tableaus a un grant camahicu vermeil ouquel est Nostre Dame gisant et Nostre Seigneur en la cresche et angres tout autour. Et dessous est Nostre Dame qui baigne son enfant, et derrière est saint Jozeph. Et siéent lesdis tableaus sur un pié quarré semé d'esmeraudes, de rubis d'Alixandre et petites perles ; et sur ledit pié a un chapitel de maçonnerie à fenestrages dedens lesquels a ymages entaillées. Et poise en tout XIIII mars \l onces XII deniers ". »
De son côté, le duc de Berry possédait entre autres : « un camahieu en un annel d'or, fait à la semblance du visaige ^
de Monseigneur ; » un autre « annel d'or ouquel est le visaige de Monseigneur le duc, contrefait d'une pierre de camahieu ». Nous trouvons encore dans son Inventaire, la mention suivante : ^
« Un petit tableau d'or longuet, sur façon de fons de cuve, de S
la grandeur du fons de la main ou environ, ou quel a un petit f
ymaige de Nostre Dame qui a le visaige et mains de camahieu, I
le corps jusques à la ceinture d'un saphir, tenant son Enfant nu, ?
fait de camahieu ; et est ledit tableau garni de 5 balais, 3 saphirs et 6 perles, et pend à un crochet. » Ce joyau, ajoute l'Inventaire, fut donné au duc de Berry par le comte d'Armagnac aux étrennes de l'an 1409 "'.
1. Cf. H. Moranvillé, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. LXII, 1501, p. iSl W et suiv. '
2. On connaît le nom de Tcrfèvre du duc d'Anjou, charge par lui d'exécuter des mon- ' tures d'or et d'argent pour ses camaïeux; il s'appelait niaitre Hcnr\^ Hambert. H. Moranvillé, lac. cit., p. 186. 1
3. J. Guiffrey, Inventaire de Jean, duc de Beiry, t. I, p. 162, n" éo6 ; p. 165, n^éll ; £ P- 37, no 72. £
Dans l'Inventaire de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1396- 1467) :
« Ung gros saphir sur lequel est entaillé d'un costé l'image de N. S., horde d'or, et y a escript JHS-XPS.
« Une autre petite croix d'or faicte sur le rond, en laquelle a ou milieu ung camahieu du cruceffiement Nostre Seigneur et a 4 bonnes perles autour. »
Victor Gay a relevé encore, dans des documents de la même époque, les descriptions suivantes :
En 1400. « Un tableau d"or à un couronnement d'une Nostre Dame faite d'un camahieu, garnyde perles et de balaiz ». Ç-lrgcii- Icrie de la reine, f)" compte d'Hémon Raguier, f" 29, v°).
En 1401. « Une croix d'or, là où il a une des espines de la couronne de Nostre Seigneur, enclose soubs un camahieu où il a un crucifix » (/;m'. de T église de Cambrai, 319) \
On pourrait multiplier les citations de même ordre en dépouillant les documents du temps, publiés ou inédits. Les vases, coupes, aiguières, ampoules, nefs, bassins, gobelets, hanaps en agate, jaspe ou cristal de roche y sont sans nombre, et si une partie d'entre eux sont antiques, byzantins, orientaux, il s'en trouve aussi, en quantité, dont il est impossible de ne pas faire honneur à l'art français du moven âge et en particulier du xiV^ siècle. Et en eft'et, remarque}. Labarte lui-même, le plus ardent champion de l'art byzantin, « les comptes d'Etienne de la Fontaine, argentier du roi Jean, pour l'année 1352, nous apprennent qu'à cette époque on savait, en France, tailler et creuser le cristal de roche. Le trône que le roi s'était fait faire, figure dans ce compte pour la somme fort importante de 774 écus d'or. Plusieurs artistes avaient concouru à son exécution : Jehan Lebraellier, orfèvre du roi, avait été l'ordonnateur de l'œuvre; Guillaume Chastaingue,