G. Demav, op. cit., p. xviii, no
LE ROI CHARLES V ET SES FRliRES IO3
gognc, en 1386, figure une tête lauréc qu'on a appelée Jules César, mais qui n'est, — son style l'indique, — que l'imitation d'une gemme impériale romaine [PI. VII, fig. 11] '. Et en effet, comme dans la période précédente, une série considérable de gemmes sigillaires sont des copies modernes de pierres grecques ou romaines : l'exemple le plus intéressant de cette catégorie que nous puissions invoquer est une merveilleuse intaille au scel secret du roi Jean, en 1363 [PI. VII, fig. 12J \ Elle nous présente un buste de femme, de face, la tête légèrement inclinée, le cou orné d'un large collier formé d'un double rang de perles dans le goût antique, rappelant par ce détail les têtes de Perséphone ou de Tanit sur des monnaies carthaginoises '.
Arrêtons-nous à contempler ce petit chef-d'œuvre de gravure, véritable merveille de grâce et d'habileté technique. Contemplezle à la loupe, en dépit des détériorations et de l'écrasement que la cire a subies à travers les âges; vous aurez la certitude que cette gemme est du moyen âge, lorsque vous l'aurez comparée aux autres gemmes du xiv-' siècle avec des têtes de face, non moins fines, non moins achevées, que nous venons de passer en revue. Le grand artiste à qui nous la devons est, peut-être, le même qui grava l'efBgie de Charles V et les portraits de femmes énumérés plus haut. Mais voici qui est plus intéressant encore. Ne vous étonnez pas qu'on ait gravé en plein xiv"' siècle, un buste féminin en lui donnant un cachet antique aussi prononcé, car nous connaissons le prototype antique de cette belle gemme. Le cristallier du moyen âge n'a fait qu'exécuter, avec habileté, une imitation presque servilc d'une intaille de Dioscoride, le plus illustre des graveurs du temps d'Auguste. Comparez les images agrandies que nous donnons à la page 104: d'une part, le