E. Babelon, Catalogue, n
156 MATTHO DAL XASSARO HT LA RHXAISSAXXE rUAXÇAISE
Catherine de Médicis, arrivant à la cour de France, ne se fit pas faute d'attirer les artistes florentins. Mais l'absence d'inventaire remontant à cette époque ou celle de signature sur ces belles pierres rend toute identification impossible. Nous avons en vue, en nous exprimant ainsi, soit les bustes des empereurs romains en agate, dont une belle série est au Musée du Louvre, soit la série de camées et d'intailles, si considérable au Cabinet des Médailles, comme à Naples, à Florence ou à Vienne, portant des sujets tirés de la mythologie antique ou copiés d'après le revers des monnaies romaines, des allégories, des sujets bachiques, des portraits des douze Césars et des autres empereurs romains, des bustes de divinités ou de héros. Il faut seulement mentionner, en passant, cette série sans fin de gemmes en creux ou en relief plus italiennes que françaises. L'origine française fût-elle même établie pour quelques-unes, qu'on devrait néanmoins reconnaître que celles-là mêmes sont gravées dans le style et le goût de la Renaissance italienne.
L'Inventaire, rédigé sous François II, le 15 janvier 1360, « des vaisselles et joyaulx d'or et d'argent doré, pierres, bagues et autres choses précieuses trouvées au Cabinet du Roy à Fontainebleau », étale sous nos veux les richesses de la collection royale, dont quelques épaves sont au Cabinet des Médailles et dans la Galerie d'Apollon ' ; on v signale la présence de joyaux qui jadis avaient appartenu au duc d'Anjou, frère de Charles V et au Trésor royal du xiV siècle ". Mais ce document, si précieux à divers titres, ne nous éclaire en rien sur les graveurs français et les œuvres de glyptique exécutées par eux. Il est impossible, par exemple, d'identifier avec des camées de la collection du Cabinet des Médailles, des descriptions comme celles-ci, que nous choisissons î
parmi les plus explicites :
!. J. Labarte, Hist. des arts industriels, t. III, p. 217. j
2. Paul Lacroix, dans la Revue universelle des arts, t. III, 1856, p. 355. ^
MATTHO DAL XASSARO HT I.A RliXAISSAX'CE FKAXÇAISF I57
« 54. Ung tableau d'une ai!;atc en ovallc, e;arny d"or cl cnrichy de quinze perles, y ayant une Xostre l~)aine de Conception, estimé Lxx".
» 250. Une tasse de cacydoine taillée d'ung grant leuillaige anticque et ung camahieu rapporté au fons, estimée ini''''".
» 302. Une autre ligure de porfire de \'énusavec son fils, estimée CL".
» 355. Une autre (enseigne) d'une agathe où il y a une figure qui se mire dans un diamant, estimée xxxv".
» 339. Une autre enseigne d'agathe, rapportée sur ung fons, d'une teste de More avec son turhan, estimée xii".
» 394. Une teste d'aiguë marine garnie d'un chappeau où il y a de petitz diamantz et une perle pendant au bout, estimée IIU"^".
» 386. Ung autre camahieu anticque d'ung qui abreuve troys chevaulz en ung puy, cerclé d'or, enrichy de petitz rubiz, estimé c". » "
Cet Inventaire contient en outre la mention d'une grande quantité de coupes en cristal, « vaisseaux, escuelles, tableaux, drageoirs, mirouers. salliéres, burettes, barils, chandeliers, pots, verres, escriptoires » et autres ustensiles ou bibelots de cristal, de calcédoine et d'agates de nuances variées, qui ont disparu.
Nous n'avons pas réussi même à y retrouver la description d'une petite intaille de ce temps, sur laquelle figure un charmant buste de femme avec le bonnet plat et la grande collerette ' du xvi^ siècle [PI. IX, fig. 6] ; certains critiques ont voulu, à tort, y reconnaître Catherine de Médicis ou Marie Stuart. On ne saurait non plus identifier, dans l'Inventaire, une célèbre salière en jaspe, montée en or, qui paraît pourtant n'avoir quitté l'ancien Trésor
1. Le texte entier a été publié par Paul Lacroix, dans la Revue wiiverselle des Arts, t. IV (1856-1857), p. 452.