‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 15 sur 90 · Le blé y rend 10 et même 13 pour !. Leakc, 3/orm, I · texte numérisé non relu

Le blé y rend 10 et même 13 pour !. Leakc, 3/orm, I

14 CnAPITRE I.

L'Argolide reproduit presque la figure de l'Attique. C'est de même une presqu'île entre trois mers. Mais la capitale n'est pas au centre; son port était mauvais, même pour les navires des anciens, et elle avait Sparte à ses côtés. Aussi , après avoir jeté un vif éclat dans les temps primitifs, elle ne joua, comme Thèbes, qu'un rôle secondaire , sans avoir comme cette autre rivale de Sparte et d'Athènes la gloire éclatante de Leuctres et de Mantinée pour dédommagement de sa longue obscurité l.

1. M. Clinton a calculé, dans ses F asti Hcllenlcï , d'après la carte d'Arrowsmith , la superficie des diverses régions de la Grèce. Nous reproduisons ses chiffres en kilomètres carres.

Thessalie avec la Magnésie... \k 638 Jbporf 12 314

Acarnanie 4 003 Laconie 4 912

Etolie 301)6 Me^séni* 2 998

îieotie.! T.\ Total pour le Péloponnèse . lôm

Attique. 1K58 E"bôe 3 638

Mégaride 370 Corcyre 644

Total pour la Grèce centrale. 30K6J

Leucade 299

Conhalonie 988

Achale, Sicvome et pays de Ithaque 57

Phlionte 2025

f.lide et Triphylie 2 528

Arcadie 4389

Zacynthe 395

Cythère 325

Argie, corinthie pays d|Pi- ^ine':::::::::::;:::::: n

daure, de Trézène et d Her-

mione , Cynurie .JJ 372 Total des lies 6 424

A reporter 12314 Total général 57 511

Pour VÉpire, sa superficie, que Clinton ne calcule pas, est estimée par Sicklcr à 500 milles géographiques carrés =27 500 kilomètres carrés, et la Macédoine (celle de Philippe", à 1200 = 60 000 kilomètres carrés.

Quant à la population , Clinton l'évalue, pour les temps compris entre les guerres médiques et Alexandre, a plus de 3500 000 âmes: dans ce nombre, l'Attique entre pour 527 060; il en donne A Thèbes , 75 000; au reste de la lléotie, 55 500; à la Laconie avec la Messénie, 300 000 (33000 Spartiates, 06 000 périèques; 170 500 hilotes, etc.) ; à l'Arcadie, 101 750 , » I* Achale, 61 800; à Sicvone, 40 160; à Phlionte, 31 000 ; à Corinthe, 100000; à Argos , 110000 , et aux autres villes del'Argolide, 52:il)0; à l'Elide, 186000; en tout, 1 01)0 000 pour le P« loponnèse II est inutile d'ajouter qu'il n'y a probablement dans ces chilfres d'autre vérité que celle du rapport qu'ils établissent entre les diverses cités. Pour l'antiquité, toute cette arithmétique est à peu près impossible. Ainsi, deux hommes très-compétents, MM. Bœckh et Letronne pensent : le premier, que l'Attique pouvait nourrir 500 000 habitants ; le second ,

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Les montagnes de la Grèce couvrent les neuf dixièmes de sa surface, et ne laissent à découvert qu'un très-petit nombre de plaines , dont les plus grandes se trouvent en Thessalie. Il en résulta que cette province fut la seule qui nourrit une bonne et forte race de chevaux. Ces montagnes, aujourd'hui privées de leurs antiques forets, ne sont pas plus riches que celles de l'Italie en métaux précieux. Cependant on tirait du cuivre et de l'amiante de l'Eubée; du fer de la Béotie , du Taygète et des îles de Mélos, de Sériphos et d'Eubée; Chalcis en fabriquait des armes excellentes et ses ouvriers se vantaient d'avoir su les premiers travailler le cuivre. Il y avait de l'argent en Épire , en Cypre , à Sipfinos et dans l'Attique , où Athènes, aux jours de sa puissance, occupa 20 000 hommes dans ses mines du Laurion. Dans l'Hémus et l'Orbélos, dans la Thessalie, au mont Pangée, entre la Macédoine et la Thrace , et dans les îles de Siphnos et de Thasos , on trouvait de l'or. L'Hèbre en Thrace , en roulait dans ses flots. L'Attique et les îles, surtout Paros , avaient des marbres renommés 1 et Lemnos les meilleurs vins de la Grèce.

Dans les pays montagneux , les plaines sont d'ordinaire d'une extrême fertilité. La Thessalie , la Messenie,

que 340 000 y auraient vécu à peine. Il y a mieux, un passage tle l)éinosthène donne le produit d'une terre de 'l'Attique, 1000 inédimncs de l>lé. Mais quelle était l'étendue de cette terre? 10 stades de superficie , dit M. Letronne; de circonférence , dit M. Bœckh. C'est une virgule placée avant ou après un mot qui doit décider de l'existence de 1000(i0 hommes. Or, parmi les éditeurs, les uns mettent celte virgule avant le mot fatal, I< s autres après ; d'autres encore, comme les anciens Grecs , n'en mettent pas du tout. En face de problèmes où se trouvent tant d'inconnues, le plus sage est de s'abstenir.

i. Le plus célèbre des marbres antiques était le marbre blanc de Paros dont est faite la Vénus de Milo du Louvre. Le marbre saccharoïde du Pentélique était d'une teinte moins unie, mais d'un grain plus fin, qui r. cevait et gardait le poli bien mieux que tous les autres marbres. Dans les édifices anciens de l'Italie, les détails de la sculpture sont rarement intacts; ceux d'Athènes présentent fréquemment des arêtes aussi vives que si l'artiste venait de les achever. Le vert antique venait de Thessalie et d'Eubée.

le nord de l'Élide et l'Eubée , qui fut le grenier d'Athènes , ne démentaient pas ce principe. La Béotie devait aussi à ses nombreux cours d'eau et à leurs dépôts longtemps accumulés, une surprenante fertilité, surtout la vallée inférieure du Céphise , fécondée comme l'Egypte par des inondations périodiques. Mais les habitants, gâtés par cette nature trop généreuse, s'engourdirent dans les plaisirs sensuels. Tandis que l'Attique, si pauvre , se couvrait d'une active et ingénieuse population , la Béotie nourrit un peuple dont la paresse d'esprit devint proverbiale, bien qu'il ait compté Hésiode et Pindare parmi ses enfants. Les régions élevées de l'Arcadie avaient pour habitants une race d'hommes qui ont quelques traits de ressemblance avec les Suisses par leurs mœurs simples et pastorales, leur esprit belliqueux, leur amour du gain et leur dispersion en de nombreux villages.

Dans le sud , la végétation africaine commence a paraître. Le palmier qui balance au-dessus des Cyclades son gracieux panache de verdure, se montre dans l'Attique, et en certains points de la Messénie ses dattes mûrissent. Le citronnier, l'oranger forment sur la côte orientale de l'ArgoIide des forêts épaisses.

Prise dans son ensemble, la Grèce n'était pas assez fertile pour nourrir ses habitants dans l'oisiveté et la mollesse ; elle n'était pas assez pauvre non plus pour les contraindre à dépenser toute leur activité dans la recherche des moyens de subsistance. La diversité du sol, plaines et montagnes, celle du climat, qui varie des neiges du Pinde aux cultures asiatiques du Péloponnèse, leur imposaient cette diversité de travaux qui multiplie les aptitudes et excite le génie des peuples, qui provoque la variété des idées par celle des connaissances, c'est-à-dire la civilisation. De leur sol les Grecs reçurent bien plus qu'aucun autre peuple l'obligation d'ttre à la fois pâtres et laboureurs, mineurs et marchands; ajoutez : en face

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et à proximité des contrées alors les plus civilisées , la Lydie, la Chaldée, la Phénicie, l'Egypte et Carthage; de sorte qu'ils eurent le spectacle des mœurs les plus différentes, quand eux-mêmes étaient forcés de se donner les aptitudes les plus diverses. Quel vaste champ ouvert à l'imagination et à l'intelligence, et combien ce peuple avait raison de se croire né de la terre même qui le portait !

Un pays, en Grèce, résume par excellence ces défauts et ces avantages de sol et de position, la stérile Attique, avec ses fertiles campagnes de Marathon et d'Eleusis qui rendaient soixante de produit pour un de semence, avec ses oliviers, son miel parfumé de l'Hymette, ses marbres du Pentélique,"ses mines du Laurion, son atmosphère si pure que du cap Sunion on apercevait l'aigrette et la lance de la Minerve de l'Acropole ; et , mieux que tout cela, avec la mer qui, de trois côtés, lui sert de ceinture. Lorsqu'ils montaient au Parthénon, les Athéniens découvraient ces îles nombreuses semées autour d'eux sur les flots, comme pour devenir leur domaine, ou les mener sans péril aux côtes de Tlirace, d'Asie et d'Egypte1. Chaque matin se levait le vent du nord qui conduisait ùoucement leurs navires aux Cyclades ; chaque nuit soufflait le vent contraire qui en quelques heures les ramenait au port, sous un ciel tout semé de feux étincelants que ne voilent jamais les brumes épaisses de nos mers.

La Grèce était donc un magnifique théâtre préparé à l'activité humaine. Que le despotisme eût approché de cette terre et de ces hommes, que Darius ou Xerxès

i. Euripide, Erecht.fr. I, v. 15, dit : c Douce et suave, est notre atmosphère. I/C froid de l'hiver pour nous est sans rigueur et les traits de Phœhus ne nous blessent point, n En effet , la température moyenne de Corinthe et d'Athènes est de 1"° centigradfs; mais dans la seconde de c«-s villes, si le thermomètre ne descend pas au-dessous de 2°, 22 , il monte quelquefois jusqu'à 40°. La brise de mer aide à supporter cette température élevée. — 11 ne tombe à Athènes que 558 millimètres de pluie, mais dans les montagne* on en compte jusqu'à 1017 millimètres.

eussent vaincu à Marathon ou à Salamine , et les heureuses influences du sol et du climat eussent été neutralisées ; la Grèce ancienne fût devenue ce que les empereurs et les sultans ont fait de la Grèce moderne , une terre de désolation. Mais le génie de la liberté s'assit au foyer de ce petit peuple victorieux ; il éleva leur âme que la servitude eût dégradée; il les aida à tirer de leur sol et d'eux-mêmes tous les trésors qu'une nature bienfaisante y avait déposés, que des institutions mauvaises et des circonstances contraires eussent rendues stériles; et comme cette force vient du sol , elle s'y trouve encore. Il n'est donc pas besoin d'être prophète pour prédire que la Grèce moderne, comme celle des Palikares antiques, qu'on appelait les héros , « est une grande chose qui commence. »

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