Iliade, chant XXIV, v. 477-U
qui jamais n'avaient manqué leur but. Mais le Palladium était enfermé dans la citadelle de la ville, et les Troyens, pour qu'on ne pût le ravir, avaient fait plusieurs images semblables. Ulysse, déguisé en mendiant, pénétra dans la cité, et malgré tous les obstacles, rapporta au camp des Grecs la statue fatale.
Cette guerre héroïque finit pourtant par une ruse. Les chefs, cachés dans les larges flancs d'un cheval de bois, perfide offrande qu'ils avaient laissée en faisant embarquer leurs soldats, furent avec lui introduits dans la place par les Troyens eux-mêmes, malgré les sinistres prévisions de Laocoon. I/es dieux, résolus à perdre Troie, avaient puni sa patriotique prudence en envoyant contre lui deux serpents qui Pétouffèrent, avec ses deux fils, de leurs replis tortueux, au pied même de l'autel où il sacrifiait. La nuit suivante, les cent chefs enfermés dans les flancs du colosse en sortirent pour ouvrir les portes à leurs compagnons revenus en toute hâte. Troie fut détruite, Priam égorgé, Ilécube et ses filles emmenées en captivité; une d'elles, Polyxèue, immolée sur le tombeau d'Achille ; Andromaque, la veuve d'Hector, donnée à son fils Pyrrhus, et Cassandrc, autre fille de Priam, à Agamemnon1. Enée, fils de Vénus et d'Anchise, et Anténor échappèrent seuls au carnage ou à la captivité (1 184).
Troie cependant n'avait pas été détruite, ou elle se releva une seconde fois; car le vieil historien Xanthos' racontait qu'elle était tombée longtemps après sous les coups des Phrygiens. Alors ce fut pour toujours. Ses ruines mêmes disparurent3, et le voyageur les cherchant en vain put remplir plus aisément cette solitude des grandes scènes que le poème immortel y déroule. Les