Callim. Hymne à Dvlos
foi des pèlerins. Quand les Doriens de l'Olympe s'établirent au voisinage de la Phocide, ils confondirent dans une même vénération les deux sanctuaires de Delphes et de Tempé, et chaque année une procession religieuse alla de l'un à l'autre.
Apollon se trouva ainsi la grande divinité des deux moitiés du monde hellénique, des Ioniens à Délo?, des Doriens à Delphes, et par excellence le dieu civilisateur de la Grèce. Sous l'influence des idées attachées à son culte une civilisation plus haute se montre1 et un âge nouveau de la vie grecque commence. La société s'organise mieux; la vie urbaine se développe, et les temples s'élèvent pour les dieux*. Les chants, la musique remplacent les cris sauvages. Les dieux se rapprochent de l'homme et lui révèlent leurs desseins par la voix des prophètes, car Jupiter avait donné à Apollon l'inspiration divine, et l'avait fait asseoir sur le trône prophétique3. Les mœurs s'adoucissent. Le coupable n'est plus condamné à une mort certaine et le crime cesse d'être une tache héréditaire qu'il faille punir jusque dans la postérité du coupable. L'expiation peut effacer le péché, et le remords brise la puissance vengeresse d'Érinnys. C'est le monde de l'harmonie, de la lumière, de l'intelligence et
1. Sur la légende relative à la lutte d'Apollon et du serpent Python, c'est-à-dire du soleil contre les miasmes mortels des contrées marécageuses, voyez la curieuse discussion de M. Maury (t. I, 130-Mâ): « 11 n'y a pas un point, dit-il, dans la mythologie grecque, où se laisse entrevoir avec plus d'évidence l'origine védique des idées grecques.... Les premières populations de la Grèce étaient en possession des idées naturalistes, dont les Hindous nous ont conservé dans le Rig-Yéda le résumé le plus pur et le plus antique. •
2. Les premiers sanctuaires étaient la cime des monts, l'ombrage des chênes, comme à Dodonc ; ou des lieux consacrés par une enceinte de grosses pierres, comme sur le mont Lycée en Arcadie; des grottes comme celle de Pan, sur le Parnasse; de Zeus , en Crète. Dans cette île, la construction des premiers temples ne remontait pas au delà d'Epiménide. Homère n'en mentionne pas pour la Grèce, et Callimaque dit, dans l'hymne à Apollon, v. 59 : « Dès l'âge de quatre ans, ô Phcehus, lu construisis sur les bords charmants du lac d'Ortygic, le premier édifice sacré qVaient vu les mortels. »