‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 31 sur 90 · Porphyre, de si latin., Il · texte numérisé non relu

Porphyre, de si latin., Il

fallait s'être purifié. A. la porte du temple se tenait un prêtre qui répandait l'eau lustrale sur les mains et la tête des fidèles. Pour arriver à une purification plus complète, on recourait à une sorte de baptême par^ immersion.

Des signes annonçaient les volontés célestes. Deux aigles, planant sur l'assemblée que Télémaque avait convoquée dans Ithaque et se déchirant le cou de leurs ongles, prédirent aux prétendants le sort qui les attendait. Les entrailles des victimes, la direction de la flamme et de la fumée du sacrifice, le vol des oiseaux dont certaines espèces annoncent réellement l'approche de phénomènes naturels, les songes envoyés par Jupiter, des sons inattendus, des rencontres fortuites d'hommes et d'animaux, des mots prononcés au hasard, car le hasard était la volonté des dieux, révélaient aussi l'avenir. Des devins interprétaient ces présages, et les prêtres faisaient parler les dieux ( voy. Oracles, au chap. xm ).

L'Olympe des Grecs n'était pas très-éloigné de la terre. Ils rapprochèrent encore la distance qui séparait les dieux des hommes, en adoptant la doctrine des demi-dieux ou des héros. Ils donnaient ce nom à des fils de dieux et de créatures humaines, ou à des hommes devenus célèbres par leurs exploits ou leurs services, et ils leur rendaient un culte sans libations ni sacrifices, mais avec des prières et des honneurs funèbres, les vénéraient comme des génies tu tél aires qui veillaient sur leurs adorateurs, les secouraient dans l'infortune, leur envoyaient des songes prophétiques, et intercédaient pour eux auprès des grandes divinités. Tels étaient non-sèulemcnt Hercule, Thésée, Jason, Persée, etc., mais des chefs de migrations, des fondateurs de villes, des patrons de familles ou de corporations. Chaque cité, chaque bourgade avait les siens, comme elle avait ses divinités locales. Les dix tribus d'Athènes honoraient les héros

dont elles portaient le nom l. Même au fond de la Phoeide, Pausanias trouva de ees légendes merveilleuses à qui il n'a manqué, pour venir jusqu'à nous, que d'être nées au sein de cités moins obscures. C'était le culte des saints; dans les temps postérieurs, l'oracle de Delphes était habituellement chargé de prononcer la canonisation', en ordonnant de sacrifier au nouveau dieu.

Quand deux peuples faisaient alliance, il' arrivait souvent que, pour montrer leur union fraternelle, chacun d'eux honorât les saints de l'autre, en associant ceux-ci à son culte national 3. Par contre, les patrons de deux cités rivales, comme certains saints de deux villages ennemis, au moyen âge, ne s'entendaient guère. Hérodote * nous a conservé la curieuse histoire de la lutte d'un tyran de Sicyone contre le héros Adrastc. Ce roi d'Argos, ancien chef des confédérés contre Thèbes, avait à Sicyone une chapelle où des chœurs dithyrambiques célébraient chaque année ses exploits et ses malheurs. Cette fête était une des plus brillantes de la ville. Clisthène résolut de l'en chasser pour faire affront aux Argiens ses ennemis; mais la chose était difficile et grave. 11 essaya de s'y faire autoriser par l'oracle de Delphes. La Pythie lui répondit qu'Adrasle était roi des Siryoniens, et lui, un brigand. Obligé de renoncer à la force ouverte, Clisthène imagina de contraindre Adraste à déguerpir de lui-même. Il fit demander aux Thébains le héros Mélanippos , mort quatre ou cinq cents ans auparavant, c'est-à-dire les rites de son culte; les ayant obtenus, il lui consacra une chapelle dans le Prytanée, et la plaça dans l'endroit le plus fort, afin qu'il pût mieux se défendre. Mélanippos, en effet, avait été le mortel ennemi d'Adrasle, dont il avait tué le gendre et le frère.

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