Pythiques, III
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frandes des citoyens, des villes et des rois, nombre aussi <Ye.r-i'Oto, en reconnaissance d'une guérison miraculeuse ou d'un salut inespéré \ Souvent l'Etat et les particuliers mettaient sous la garde du dieu, à côlé des richesses du temple, le trésor public ou leur fortune privée.
Au nombre des plus précieux objets étaient les reliques des héros ; à Olympie, l'épaule de Pélops, dont le contact guérissait certaines maladies ; à Tégée, les ossements d'Oreste qui donnèrent aux Tégéates la victoire tant qu'ils surent les garder. Lorsqu'ils les eurent perdus par la fraude pieuse de Lichas, il leur resta les cheveux de Méduse, qui, placés sur leurs murs, suffisaient à mettre en fuite l'armée ennemie ; l'orteil de Pyrrhus faisait merveille.
Les statues des dieux devaient, pour le moins, posséder autaut de vertu. Elles en avaient de particulières : l'une guérissait des rhumes, l'autre de la goutte. L'image d'Hercule à Erythrées avait rendu la vue à un aveugle; et à Trézène, la massue du héros tombée à terre était devenue un magnifique olivier sauvage. Plus souvent, les simulacres se couvraient de sueur, agitaient les bras, les yeux, leurs armes; c'étaient de grands signes. Dans ces temples, foyers de la superstition populaire, tout s'animait et parlait ; il y avait même des miracles périodiques. A Andros, le jour de la fête de Baechus, Peau se changeait en vin.
Instruments dociles ou acteurs intéressés de ces merveilles, à la fois complices des fraudes pieuses et ado-
1. Cf. Beulé, P Acropole dAlhlnes, t. I, p. 298. Ces cx-voto représentaient parfois, dans les temples d'Ks< nlape, les parties du corps qui avaient été guéries. (Voy. Lchas, Inscript, des ï/cs dr la merÊgfr, n°280, p. 208.) Ammien Marcellin (liv. XXII, ch. xiv) parle même «le cierges allumés, de son temps, autour des statuts des dieux (pie les dévols ornaient de leur mieux, a A Agrigente, dit Cicéron (/m Vcrrem^ IV, 43', il se trouve une statue dont la bouche et le menton ont été usé» par les baisers de s« s adorateurs. »
rateurs convaincus des miracles qu'ils opéraient1, les prêtres gagnaient, à faire parler les dieux, de la considération et du bien-être, lis* ne recevaient pas seulement des fidèles quantité d'offrandes en objets précieux, nnis des terres dont le produit leur appartenait sous la surveillance d'un conseil de fabrique', et sous la condition de l'employer à l'entretien du sanctuaire et aux dépenses du culte3. Delphes avait des domaines aussi grands qu'une province. L'Athénien Nicias donna un jour au temple de Délos un palmier de bronze pour le dieu et une terre de dix mille drachmes pour les prêtres qui s'obligèrent en retour à célébrer chaque année un festin sacré en son honneur. Diodore de Sicile parle d'un temple dont les prêtres nourrissaient trois mille bœufs dans leurs prairies.
1 . On a trouvé dans plusieurs temples que le mur renfermait une galerie aboutissant à l'endroit où la statue s'élevait.