hpoyîfWa. Inscr. de Bœckh, n-« 2693 c et
3. Xénophon [Aiiabasc, V, uij nous fait connaître une de ces fondations pieuses. Lorsque les Dix-Mille furent arrivés à Cérasonte, on partagea le butin en réservant la dîme d'Apollon et de Diane que les généraux recurent en dépôt pour l'offrir aux dieux. Xenophou partagea l'argent qu'il reçut à ce titre en deux portions : de l'une il fit une offrande à Apollon Delphien et la déposa dans le trésor des Athénien»; avt cl'autre il acheta, près de Scilloute, un territoire qu'il consacra a Diane: « Il v érigea un temple et un autel, et depuis ce temps il a toujours offert a la déesse un sacrifice et la dîme des productions de ses terres. Tous les citoyens de Scilloute, tous les habitants du voisinage, hommes et femmes, prennent part à la fête. La déesse (c'est-à-dire son domaine et se* serviteurs), fournit aux assistants de la farine d'orge, du pain, du vin, des fruits, une portion des victimes engraissées dans les pâturages sacrés et du gibier; car les fils de Xcnoplion et des autres habitants faisaient, pour cette féîe, une grande chasse à laquelle assistaient tous ceux qui le souhaitaient. On prenait, soit sur le domaine consacre à Diane, scit sur celui de Phoîoé, des sangliers, des chevreuils et des cerfs. Dans l'enceinte consacrée a Diane sont des bocages et d-.-s montagnes couvertes d'arbre*, où l'on peut élever des pores, des chèvres, des bœufs et des chevaux. Les chevaux de ceux qui viennent à la féte v sont abondamment nourris. Autour du temple même on a planté un verger d'arbres fruitiers qui donnent toutes sortes d'excellents fruits selon les saisons. Le temple ressemble, en petit, à celui d'Ephèse ; mais, à Ephèse, la statue de la déesse est d'or; icit elle est de cyprès. Près du temple est une colonne avec CCttfl inscription : « Ces terres sont consaci «Vs à Diane. Que celui qui les occupera et en recueillera les fruits en offre tous les ans le dixième, et que du reste il entretienne ce temple : s'il le néglige, la déesse y pourvoira. •
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Nombre (l'amendes étaient prononcées au profit des dieux; elles allaient, avec la dîme du butin, et cbez quel* ques peuples1 avec celle des fruits de la terre, grossir le trésor des temples ; de sorte que ceux-ci furent souvent assez riches pour faire la banque en prêtant à gros intérêts. On ne voit pas cependant que le sacerdoce païen ait jamais eu à son usage privé des biens considérables comme notre ancienne église. La raison en est que les prêtres ne formant point une caste à part du reste de la société, et que la plupart d'entre eux étant citoyens ou magistrats, et seulement pontifes à de certaines heures et pour un certain temps, les biens restaient attachés aux temples sous une administration séculière, au lieu de devenir le domaine sacré des prêtres, et servirent de ressource à l'État dans les nécessités publiques.
« L'autel des dieux, dit Euripide, est le refuge commun*; « comme nos églises du moyen âge, un grand nombre de temples avaient le droit d'asile ! S'ils se fermaient devant l'excommunié, ils s'ouvraient, par une touchante exception, pour le suppliant. Celui qui portait les bandelettes de laine ou les rameaux verts, signes du malheur et de l'invocation adressée à la protection divine, avait toujours le droit de les déposer sur l'autel près duquel il s'asseyait lui-même, sous l'œil et la main du dieu. Pour lui, les bois sacrés où le prêtre seul avait droit d'entrer devenaient une retraite inviolable. Parfois la protection de l'asile le suivait hors du temple. En de certains lieux, le débiteur réfugié dans l'enceinte sacrée y laissait, en sortant, sa dette, et l'esclave sa servitude. « Il suspendait ses chaînes, dit Pausanias, aux arbres du bois sacré, et il était affranchi d'esclavage \ »
1 . Dans l'Altiquc, par exemple. (Diog.-Laert., lib. I, Fila Solon.
2. /Icraclides, 259. Les droits de l'hospitalité étaient sous la garde de Jupiter Xenios. (W allon, Du droit (Tas)le.)
3. Iàv. II, ch. m. Au sujet du temple d'Héhé à Phlionte. Môme chose dan» celui d'Hercule à Cauopc. (Hérod., Il, 113.)
Ailleurs le maître était forcé do composer avec lui. Le fanatisme maintenait ces privilèges Durant plus d'un siècle, 4es Alcméonides furent exposés à de pieux ressentiments pour n'avoir pas épargné les amis de Cylon, suppliants de Minerve.
Mais l'homme que ie prêtre avait maudit était excommunié, et cette excommunication avait à peu près les mêmes effets qu'au moyen âge'; elle frappait jusqu'à des peuples entiers qui étaient voués à l'extermination , comme l'ont été les Albigeois et les Vaudois. Le fanatisme et l'intolérance sont de bien vieille date et de toutes les religions.
Voilà quel était clans ses traits les plus généraux le polythéisme grec. J'ai déjà montré le peu d'influence morale de cette religion, qui représentait les dieux comme livrés aux plus honteuses passions, commettant le vol l'inceste, l'adultère, respirant la haine, la vengeance, et qui obscurcissait la notion du juste, en légitimant le mal par l'exemple de ceux qui auraient dû être la personnification du bien. Il faut aller plus loin et voir en elle une cause active de la démoralisation qui se développa, dans les âges postérieurs, d'une façon si funeste.
Le fond du polythéisme étant l'adoration des forces productives de la nature, il y eut toujours dans son culte des rites scabreux et des images qui devinrent obscènes, parce qu'on voulut figurer, par des symboles matériels, les diverses conceptions du naturalisme f. Pour
\ Durant U s fêtes de Mercure à Samos, il était permis de voler. (Plutarque, Questions grecques, oo.
2. Voyez. , dan» les Ailturnien* d' Aristophane , le sacrifier de Dicéopolis à Bacchus, v, 2a i, tt, dans Origène {adv. Celsum, îv, 48), les paroles de Chrysippe au sujet de l'union de Jupiter et de Junon. Arîstote, dans la Politique, vin, 4, demandait qu'on proscrivit les peintures et les représentations obscènes ; il était cependant forcé d'accorder luimême quelques exceptions, et les vases peints, les figures et les traditions qui nous restent de l'antiquité montrent combien peu il fut écouté. On sait que les courtisant s de Coriuthe avaient des fonctions publiques et
quelques-uns, qui dans le signe extérieur ne voyaient que 1 idée, combien finirent par ne plus voir que la représentation qui plaisait à leurs sens et qui leur semblait justifier le désordre en le divinisant. Ces légendes des dieux, toutes remplies de leurs amours, forcèrent la piété et la poésie à s'arrêter avec complaisance sur des détails voluptueux et impurs \ dont le moindre mal fut de priver les Grecs d'une des grâces les plus charmantes de l'art, de la pensée et du sentiment, la pudeur. Jamais les adorateurs de Vénus ne purent connaître l'amour chaste, et leurs poètes n'ont chanté que le plaisir. Alors il arriva par le développement parallèle, mais en sens contraire des légendes divines et de la raison humaine, que le polythéisme tomba à cette condition, qui est mortelle pour un culte, que la religion fut d'un côté et la morale de l'autre; car les idées religieuses sont transitoires et changeantes comme toutes les conceptions de l'esprit, au contraire des instincts moraux qui sont éternels et immuables. La lutte entre les deux, quand elle éclate, est nécessairement fatale aux premières.
religieuses. Elles étaient chargée» d'offrir à Vénus les vœux des habitants. (Atlién., XTU, 32.)
i. Je n'en rapporterai qu'un seul. Au temps de Pausanias on montrait près deNauplie la fontaine KxxdtvOo;. 'KvravOa TTjv"||j;av çaa\w 'jtffttbi xaxi lv>i Xoujx£vrtv r.a&Uwi Y^vsaOat (II, xxxviu, 3.)