‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 37 sur 90 · Pau«nni;is, III, 1b · texte numérisé non relu

Pau«nni;is, III, 1b

SPARTE ET LYCLRGUE.

mœurs austères. Point de luxe; il y mit bon ordre par sa lourde monnaie de fer dont on ne pouvait transporter la plus petite somme que sur des chariots*. Comme il chassait le luxe, il chassa le commerce, qui l'amène à sa suite. Les étrangers auraient apporté des idées nouvelles, l'entrée de Sparte leur fut interdite, excepté à certains jours Un Spartiate ne pouvait , non plus , voyager sans la permission des magistrats, et il y avait peine de mort pour celui qui s'établissait en pays étranger.

Il tendit au même but par l'institution des repas en commun auxquels tout Spartiate, même les rois, était tenu d'assister sous peine de perdre ses droits politiques, à moins que l'absent n'eût l'excuse d'un sacrifice ou d'une chasse prolongée qui promettait aux convives un présent pour le festin. Ces repas , appelés phidities , étaient sobres8; chacun fournissait une part égale de farine d'orge, de vin, de froment, de figues et quelque menue monnaie pour les assaisonnements. On ne pouvait y ajouter que le produit de la chasse ou une portion des victimes immolées aux dieux. Celui qui était trop pauvre pour rien apporter, était exclu. Leur mets favori était ce brouet noir qui fit faire la grimace à Denys de Syracuse. « Il manque vraiment quelque chose, dit le cuisinier qui le lui avait apprêté. — Et quoi donc? — De vous être baigné dans i'Eurotas. » Les vieillards assistaient à ces repas ainsi que les enfants : on y ra-

\ . Cette défense doit c'tre d'une date postérieure à Lvcurgue, puisqu'il u'y avait pas encore de monnaie a cette époque en Grèce. Voy. eidessous au chap. vu.

2. Hérodote ne connaît que deux hommes, le devin Ti.«amène et son frère, qui aient obtenu le droit de cite à Sparte.

3. Remarquons toutefois que les Spartiates avaient l'habitude de hcaircoup manger. D'après les chiffres donnés par Tliucvdide, IV , 10, la ration d'un hoplite lacédémonien était par joùr de 2 eheniees de farine = 2 litres , ou en kilog. 1,626 donnant 1,839 de pain, plus 2 cotyles de vin=: 0lil,î>-4 et un morceau de viande, ce qui dépasse de heaucoup la ration de nos soldats ; car ils n'ont pas de vin et seulement l'.iO grammes de pain. Les Spartiates d< mandant plus que nous à la force du corps, mangeaient davantage.

contait avec éloge les belles actions , on y flétrissait les actions honteuses, on s'y exerçait à une raillerie agréable et piquante !.

Cet usage entretenait entre les Spartiates une confraternité dont s'étonneraient quelques-uns de nos plus hardis utopistes qui prennent pour du neuf des vieilleries de deux mille cinq cents ans. Tout citoyen pouvait châtier les enfants d'autrui. En cas de besoin il était permis d'cmorunter les esclaves d'un voisin , ses chiens de chasse, ses chevaux, à condition de tout remettre dans le même état et à la même place. Les Spartiates poussaient même ce principe de la communauté des biens jusqu'à des conséquences que Xénophon admire beaucoup et qui répugneraient singulièrement à nos idées sur la sainteté des liens de famille; mais à Sparte la famille n'existait pas plus que la propriété'.

Hormis la guerre et les exercices par lesquels il s'y prépare, les seules occupations du Spartiate sont la chasse et la conversation dans les lieux publics ou il s'habitue à cette façon de parler brève et sentencieuse qu'on a appelée le laconisme. Une fois quitte de ses devoirs envers la patrie, comme il méprise l'industrie, le commerce et tout travail manuel, comme il ne se soucie de philosophie, de beaux-arts, ni de littérature, quoiqu'on lui apprenne quelques vers et un peu de musique5, il jouit de cette oisiveté précieuse qui lui semble l'apanage

1. On retrouve ces tables communes non-seulement en Crète, mais a Méyarc, à Corinthc et jusque chez. 1rs Énotrien^. d'Italie. Arist. Polit, , VII, îx, 3. 1/ usage s'en conservait à Athènes pour les Prytanes. Platon en explique l'usage par la nécessité {/.ois, VI).

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