Tome I
frappa les autres peuples d'étonnement et assura aux Spartiates un grand renom, même parmi leurs ennemis. Les Lacédémoniens, dit l'envoyé d'Athènes à Mélos, ne font chez eux que ce que la vertu conseille1. Ils ont, en effet, donné un grand exemple de sobriété, de discipline et de mépris pour les passions, la douleur et la mort. Us savaient obéir et mourir. La loi était, pour eux, suivant la magnifique expression de Pindare et de Montaigne, « la reine et impératrice du monde*. » Reconnaissonsleur encore une vertu des anciens temps que je voudrais voir plus forte parmi nous, le respect pour ceux à qui les années ont mis sur la tête la couronne de cheveux blancs.
1. Thucydide, V, 105; Platon, Le premier Hippias; Polvbe, V 1, 48.
2. IN ojxo; xietxwè BosiXt6;, Hérod., III, 38 Montaigne, I, chap. \xn, dit : c La rovue et emperière du monde. » Sparte , pour qui nous sommes si sévères, parce que nous croyons que tout peuple est comptable envers l'humanité, a eu tle chaleureux défenseurs : Barthélémy, dans .1nachartis.dk réuni les jugements favorables. Tous les ennemis d'Athènes et de la démocratie sont pour elle : Thucydide, qu'Athènes punit d'un exil mérité, I, 18 ; Xénophon, si odieusement partial pour sa patrie d'adoption, Hell., passiin ; Àgésilas; Républ. de Sparte; Platon, rêveur sublime qui plus encore que Lvcurgue mit s;» république en dehors des conditions de l'humanité, et qui pourtant < blâme Tint ention générale de ce législateur,» Lois y liv. III, IV; Isocrate, le rhéteur macédonien, etc. Ceux qui comptent Aristote parmi ses partisans n*onl pas lu le chap. vu du livre 11 de sa Politique. Platon lui-même est bien sévère au livre VIII de la République, contre les panégyristes enthousiastes de Lyciirgue. Voyez de Pauw, Recherches philosophiques sur les Grecs, partie IV, sect. i, t. II, p. 231 et sect. xi, p. 378.