Voy. ci-dessus, p
yeux vers Sarcles et sollicita l'alliance du gouverneur de celte ville. Le Perse Artaphernès ne connaissait d'autre alliance avec le grand roi que la soumission à ses ordres; il demanda aux envoyés de Clisthénès l'hommage de la terre et de l'eau. Le peuple, moins facile que ses ambassadeurs et peut-être que son chef, à qui cette démarche coûta son crédit1, rejeta le traité, mais s'arma. Cléomène arrivait et allait attaquer du côté d'Éleusis, tandis que les Béotiens prendraient l'Attique à revers, du coté du nord.
Les Athéniens coururent à l'ennemi le plus dangereux, au-devant de Cléomène. « Les armées, dit Hérodote, allaient engager l'action, lorsque les Corinthiens, reconnaissant les premiers qu'ils faisaient une guerre injuste, changèrent de dessein et se retirèrent. Leur exemple fut suivi par Démarate, second roi de Sparte. Son départ entraîna la retraite de toutes les troupes. Ce fut cette dissidence qui motiva la loi par laquelle il est défendu aux rois de Lacédémone de se trouver tous deux en même temps à l'armée. »
Corinthc avait fait défection, moins par amour pour Athènes que par jalousie contre Egine que cette guerre aurait grandie; Démarate de son côté n'avait nul souci d'Athènes, mais beaucoup de l'ambition de Cléomène. Le résultat n'en était pas moins des plus favorables pour les Athéniens. Débarrassés des Spartiates, ils tombèrent sur les Béotiens, leur tuèrent beaucoup de monde, et firent 700 prisonniers. Le mime jour ils débarquèrent en Eubée, et remportèrent une si complète victoire, qu ils purent envoyer 4000 colons sur les terres des plus riches habitants de Chalcis. Cette colonie contribua beaucoup à la grandeur d'Athènes, et par les ressources qu'elle lui procura, soit en blé, soit en chevaux, et par l'influence qu'elle lui donna dans l'île (508).
La démocratie inaugurait glorieusement son avéne-