Eu*èl>e Salvertc, Des sciences occultes^ t. I, p
Les réponses d'Apollon étaient rendues, dans l'origine, par une jeune fille simple et ignorante, presque toujours atteinte de quelqu'une de ces affections nerveuses et hystériques qui semblent communes dans certaines parties de la Grèce1, plus tard par une femme âgée au moins de cinquante ans; enfin, une seule Pythie ne su (Visant plus à 1 immense affluence des pèlerins, on en établit trois. Ces malheureuses étaient traînées languissantes, éperdues, vers une ouverture de la terre d'où s'échappaient certaines vapeurs1. Là, assises sur un trépied où- des prêtres les retenaient de force, elles recevaient l'exhalaison prophétique. On voyait leur visage pâlir, leurs membres s'agiter de mouvements convulsifs. D'abord, elles ne laissaient échapper que des plaintes et de longs gémissements; bientôt, les yeux étincelants, la bouche écumante, les cheveux hérissés, elles faisaient entendre, au milieu des hurlements de la douleur, des paroles entrecoupées, incohérentes, que l'on recueillait avec soin et où l'on s'ingéniait à trouver un sens et une révélation de l'avenir. Toutefois, ces réponses n'étaient pas le fruit d'un délire insensé; les prêtres qui, grâce à l'immense concours des pèlerins, pouvaient se tenir fort au courant de toutes les affaires des États, même des particuliers, donnaient à ces sons inarticulés une signification que la crainte ou l'espérance acceptaient, et que la foi réalisait souvent; car cette foi des Grecs n'était pas inerte comme le fatalisme des Orientaux, mais active; et on est bien près du succès, alors qu'on croit avoir les