Hymne a Delos, v
3. Du désir des richesses, c. vin. Cf. Aristophane, Acharn., 243.
de la fertilité. » Dionysos présidait aux travaux champêtres, qui, dans un pays peu fertile en blé, étaient surtout les travaux des vignobles. Aussi était-il par excellence le dieu du raisin, et à chaque phase de la végétation de la vigne ou de la fabrication du raisin répondait une Dionysie. L'approche des vendanges était annoncée par une procession et des jeux. Des jeunes gens vêtus de la longue robe d'Ionic portaient des ceps avec leurs grappes, et des branches d'olivier auxquelles étaient suspendus tous les fruits alors en maturité. Et ils chantaient : « Branches divines, de vos rameaux découlent le miel , l'huile et le pur nectar qui remplit la coupe où l'on trouve le sommeil. » La fête se terminait par des courses à pied : le vainqueur recevait pour récompense un vase rempli jusqu'aux bords.
Autre fête quand le raisin était mis sous le pressoir1. D'abord des libations de vin doux et le plus somptueux festin qu'on pût faire : on n'oubliait pas d'y honorer le dieu en usant largement de ses dons ; ensuite une procession solennelle. On montait à demi aviné sur les chars qui avaient porté les vendanges, la tête cachée sous les pampres, le lierre ou le feuillage, le corps couvert de peaux de bêtes ou de vêtements bizarrement disposés, et l'on parcourait les bourgs en se lançant de gais propos, comme on faisait naguère encore durant nos jours de carnaval. Des femmes plus particulièrement dévotes au dieu de la fécondité, et prenant son nom, les Bacchantes, formaient un groupe à part et tenaient à la main des thyrses ou des phallos. En de certains lieux des tréteaux étaient dressés. Le cortège s'y arrêtait : un des assistants y montait pour réciter un dithyrambe qui célébrait les aventures du dieu du vin et de la joie. Des chœurs répondaient d'en bas, et les Pans, les sylvains, les satyres, dansaient à l'entour. Silène, sur son âne, lançait des