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de Jupiter à Olympie1, se dressaient mille statues dont un grand nombre étaient des chefs-d'œuvre et qui toutes réveillaient de glorieux souvenirs. Au milieu de cet immense concours d'hommes accourus de tous les pays, les uns pour voir ou être vus et briller, les autres pour vendre toutes sortes de denrées, d'autres enfin pour attirer le public par leurs improvisations ou leurs ingénieux sophismes, les Grecs prenaient ce caractère éminemment sociable, cet esprit curieux de nouveautés, exempt de préjugés et ouvert à toutes les connaissances, qui fit d'eux le peuple novateur par excellence, et de la Grèce la grande école de la politique et de la philosophie. Qu'il y a loin de ces chœurs, de ces théories arrivant aux bords de l'Alphée et au pied du Parnasse sur de riches chariots, ou à Délos sur des flottes dorées, aux voiles de pourpre, de ces courses de chevaux et de chars, de ces luttes de poésie et de musique, qu'il y a loin de là aux spectacles de Rome, pour qui toute fête était sans joie, quand le sang n'y coulait pas sous l'épée des gladiateurs ou sous la dent des lions!
Une autre force de l'esprit , une autre gloire de la Grèce que Rome n'a pas connues, est le drame né sur les
1. Alti* pour "AXuoç bois saint, c'était un bois sacré d'oliviers sauvages. Les vainqueurs étaient autorisés à y dresser leur statue à condition qu elle ne dépassât jamais la mesure humaine. Uue taille supérieure était l'attribut des héros et des dieux.
Les ruines du temple d'Olympie ont été retrouvées par les "savants français de l'expédition de Morée. Les fouilles ont donné dix-neuf fragments de sculptures représentant les travaux d'Hercule. Les restes des fondations qu'on a mis à découveit ont permis, avec la description détaillée de Pausanias, de donner une exacte représentation du temple. Il était péristyle c\M-à-dire environne de colonnes. Son élévation audessus du sol était de 21 mètres, sa longueur de 40; à chaque coin du toit un vase doré, au sommet du fronton une Victoire ailée également dorée, et sous ses pieds un bouclier d'or offert par les Lacédémoniens, au milieu duquel était ciselée la téte de Méduse ;>ur le fronton antérieur, Pélops et Œnomaos se disputant le prix de la course, par Pxonios de Mendes; sur le fronton postérieur, le combat des Lapithes et des Centaures aux noces de Pirithoùs, par le rival de Phidias, Alca mènes. Les portes de bronze représentaient les travaux d'Hercule. La fameuse statue, chef-d'œuvre de Phidias, à laquelle on arrivait par une allée de colonnes, était au fond du sanctuaire.
marches fies temples et au milieu de ces fêtes. \* scène tragique a été réellement, chez ce peuple, une école de mœurs. La mythologie s'ost dépouillée dans les drames d'Eschyle et de Sophocle de ses formes impures, et la morale sVst élevée même, dans ceux d'Euripide, à une grande hauteur.
Mais, il faut le répéter, ces institutions : amphictyonies, oracles, fêtes nationales, union de plusieurs villes, liens d'hospitalité entre les particuliers, toutes ces coutumes eur ent une grande influence sur les esprits, aucune sur les intérêts. Dans le monde grec il y eut unité morale, il n'y eut jamais unité politique. A Olympie, à Delphes on était frères, on était Hellènes, on honorait les mêmes dieux, on aimait les mêmes arts, on applaudissait aux mêmes chants ; hors du territoire sacré on redevenait ennemis, Spartiates et Athéniens, Béotiens et Phocidiens. A quelques pas de sa ville natale le citoyen trouvait la terre étrangère où il ne pouvait acquérir un immeuble, ni contracter un mariage, ni poursuivre personnellement en justice; et que de fois n'y trouvait-il pas la guerre et l'esclavage ! De là l'éclat incomparable, dans la sphère de l'intelligence, de ce monde grec à la fois si uni et si divisé ; mais aussi sa faiblesse politique. En face de la formidable armée de Xerxès, les Grecs se réunirent et vainquirent ; en face de la Macédoine et de Rome ils restèrent divisés et furent vaincus.