‹ Histoire de la Grèce ancienneChapitre 72 sur 90 · PREMIÈRE GUERRE MÉDIQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE GUERRE MÉDIQUE

principal mérite, qu'il n'y aurait de salut pour les Grecs que dans leur marine. Il fit valoir ce plan auprès du peuple, heureusement engagé alors dans la guerre navale contre Égine, dont nous parlions plus haut, et lui persuada d'appliquer le produit des mines du Laurion, que jusqu'alors on partageait* entre les citoyens, à la construction de cent galères. En attendant de les faire servir au salut de sa patrie, il les employa à assurer sa prépondérance dans les mers de la Grèce. Les Eginètes disputaient à Athènes cet empire. Thémistocle humilia leur marine, et voyant Athènes désormais sans rivale sur mer, favorisa de toute son influence l'extension de son commerce, qui était encore celle de sa puissance navale. Au moment où l'on apprit la marche de Xerxès, Athènes avait deux cents galères équipées et habituées aux manœuvres navales. '

En apprenant le désastre de Marathon, Darius sentit que sa gloire et sa puissance étaient engagées à sortir victorieusement de cette lutte. Lui, le souverain d'un immense empire, vaincu par une petite et obscure nation! Un pareil outrage laissé sans châtiment eût été un coup funeste porté à son empire, une daugereuse invitation à la révolte pour tant de peuples soumis à ses lois. Que les Scythes eussent échappé à ses armes et trompé ses poursuites, c'était moins leur valeur que leurs déserts qui avaient triomphé de lui. D'ailleurs, la conquête de la Thrace faisait oublier la vaine tentative au delà du Danube. Et puis, ces populations errantes n'avaient pas de résidence fixe, pas de point d'appui où elles pussent élever une puissance rivale et solidement établie. Les Grecs, au contraire, avaient un territoire enfermé dans des limites certaines, des Etats régulièrement et savamment constitués, des villes riches et remplies de citoyens. Enfin, l'audace récente de ce peuple qui, naguère, était

Page 1