Liv. III, cliap
courue au Pnyx y assurait la prépondérance à l'élément populaire. Aristide, plus réservé, tenant plus de compte des vieilles familles et des intérêts des propriétaires fonciers, inclina cependant, à la fin de sa vie, dans le même sens, en rendant toutes les (barges publiques, même celle d'archonte, accessibles à tous les citoyens1. C'était une nouvelle atteinte à la constitution de Solon. Mais cette constitution, qui datait de plus d'un siècle, ne pouvait rester immuable quand , autour d'elle , tout changeait. Si Solon eût vécu au temps d'Aristide, il eût fait ce que le sage venait de faire. Pourquoi quelques champs d'oliviers dans l'Attique ou des terres en Thrace eussentils donné le droit de commandement sur ces vingt mille citoyens qui eux-mêmes commandaient à une partie de la Grèce et des îles ? D'ailleurs une récompense était due à cette glorieuse démocratie : elle méritait bien l'égalité dans les droits politiques, puisqu'elle avait eu l'égalité dans le dévouement et les sacrifices. Les distinctions anciennement établies entre les diverses classes furent donc effacées. Les thètes de la quatrième purent aspirer à toutes les charges, mais aussi ils furent astreints à l'impôt dont Solon les avait libérés.
Ainsi les guerres médiques avaient décidément assuré à Athènes ce gouvernement démocratique qu'Hérodote ne cesse d'admirer. « C'est le plus beau nom, dit-il, car il s'appelle X égalité. La délibération y appartient à tous , l'action à quelques-uns, aux magistrats; et ceux-là sont responsables de leurs actes*. »
Un fait qui n'a pas été assez remarqué, et qui réduit à néant bien des accusations banales, est celui que Strabon atteste5. Après la guerre médique, dit-il, ce fut la ten-
1 . Plutarque dit, M Aristide, ch. xxwn : xotv7)v sTvai tt(v roXtrsfav.
2. Hérodote, liv. III, ch. i.xxx. Voy. aussi le discours de Périclès dans Thucydide, liv. II, ch. xxxv, xl\i, et II, ch. lx-lxiv ; VL ch. lxix ; VII, ch. xxi-lv ; même h» discours du chef de la faction des grand», Nicias, VII, ch. lxix.