Diog. Laert. III, 19; Plut. Dion
Ainsi la Grèce se déchirait de ses propres mains, et une première guerre du Péloponnèse commençait. Qui devait en porter la responsabilité? Toutes ces cités sans doute, entre lesquelles fermentaient des haines séculaires: Égine et Athènes, Corinthe et Mégare, Argos et Mycènes; Sparte surtout, qui donna le signal de cette lutte sacrilège, par son outrageante conduite envers les Athéniens. En ce moment même elle recevait d'Artaxerxès effraye un agent qui venait marchander le prix d'une invasion des Péloponnésicns dans l'Attique, comme les Thasiens en avaient déjà obtenu la promesse. Mais la guerre de Messénie durait encore, et « Sparte ne pouvait rien au dehors1 » : on n'osa tenter une si grosse entreprise ; toutefois on garda l'argent, sans doute pour un temps meilleur. Périclès averti pressa l'achèvement des lonirs murs.
Dans Athènes, les grands s'agitaient. Une armée Spartiate, sous prétexte de secourir les Doriens contre les Phocidiens, avait pénétré en Béotie, et, oubliant le rôle de Thèbes dans l'invasion perse, aidait cette ville à fortifier ses murs et a faire reconnaître des Béotiens sa suprématie, afin d'élever en face d'Athènes, dans la Grèce centrale , une cité puissante et ennemie. Appelée par un secret avis des nobles d'Athènes, cette armée vint camper jusque sur les frontières de l'Attique, à Tanagra. Les Athéniens coururent à sa rencontre. Cimon était dans le voisinage, il demanda à combattre avec sa tribu. II y avait contre son parti , sinon contre lui-même , de très-légitimes soupçons : on refusa. En s'éloignant, il laissa son armure à ses amis. Ils se réunirent autour de ce noble trophée, et s'y firent tuer jusqu'au dernier. Le combat fut acharné; Périclès s'y distingua par la plus brillante valeur; la trahison des Thessaliens donna la victoire aux Spartiates (45G). lis n'y gagnèrent que de trouver ouverts les passages de l'isthme. Egine n'en suc-