Plutarque, VU de Pèriclès ; Thucydide
les hommes, et sans doute aussi l'art de se gouverner soimême, et de mettre en son âme une parfaite harmonie. C'est ce Damon qui disait, suivant Platon r qu'on ne pouvait toucher aux règles de la musique sans ébranler les lois fondamentales de l'Etat. Attaque par les poètes comiques, il fut, comme partisan de la tyrannie, banni par l'ostracisme. Périclès eut encore un troisième et sublime maître dans Anaxagore de Clazomène, surnommé 1 Esprit, soit à cause de son habileté à pénétrer les choses abstraites, soit parce que le premier il exprima clairement la notion d'une intelligence répandue dans l'univers et le gouvernant. Périclès lui dut en partie, sans doute, cetle élévation de pensées et de caractère qui, passant dans son éloquence et sa conduite, le placèrent si fort au-dessus de ses contemporains, qu'ils lui donnèrent, comme à Jupiter, le surnom d'Olympien. Platon, son ennemi, parle dans les mêmes termes que Thucydide de sa vaste et magnifique intelligence'.
Il n'agissait jamais par mouvements soudains, mais avec calme et sérénité. La prudence, dans sa plus haute acception, dirigeait sa conduite. Tout pour lui était sujet de réflexion. «Jamais, dit Plutarque, il ne monta à la tribune sans prier les dieux de ne laisser échapper de sa bouche aucune parole qui ne fût utile à la question qu'il allait traiter. » Comme il avait étudié la physique et la philosophie, il médita sur le gouvernement et étudia le peuple athénien. Nul ne connut ce peuple plus à fond; nul ne sut mieux observer ses faiblesses, non afin d'en tirer profit , au contraire pour les combattre. Le premier, il CQjnprit qu'il n'était , pour un homme politique, d'influence durable auprès de ce peuple qu'à la condition d'une grande réserve; et, ce qui est plus difficile encore, il agit en conséquence. Il sut qu'on lui trouvait quelque ressemblance avec Pisistrate dans ses traits