Antiphon, Sur le meurtre cTHérode, ch. vu
4. Cf. Xénoph. de Republica Atheniensium , ch. i; Aristoph. , Ave$%
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oio^povianfv, Thucydide, liv. VIII, ch. xi.vhi, 6. lsoerate va plus loin: il prétend {Panégyrique , § 113, édit. Didot) qu'en trois mois les harinostes lacédémoniens out fait périr, sans jugement, plus de citoyens grecs qu'Athènes n'en a jugé pendant toute la durée de son empire. Voyez plus loin, cette odieuse domination de Sparte, que la Grèce n'a pu supporter dix ans. J'ai montré ailleurs combien il était difficile à un sujet de
nous, les alliés sont habitués à la plus parfaite égalité. Nous sommes soumis aux mêmes lois d'après lesquelles ils sont jugés, et nous perdons souvent nos procès contre eux. » Cette intervention dans l'administration intérieure des cités ne deviendra une véritable gêne que durant la guerre du Péloponnèse, quand Athènes sera contrainte, pour sa propre défense et pour celle d'un empire utile à la Grèce, de frapper de nombreuses réquisitions sur ses alliés, et, ce qui était une double faute, de fermer les yeux sur les excès de quelques-uns de ses agents.
Chios , Samos, Lesbos, peut-être aussi Potidée, qui, malgré son origine dorienne, demanda à être reçue dans l'alliance, furent seules affranchies de cette onéreuse obligation.
Ces villes, gardant leurs soldats, leurs vaisseaux et leurs fortifications sans payer tribut, et fournissant un contingent militaire déterminé, étaient à vrai dire les seules pour qui subsistât la primitive alliauce. Mais Athènes ne pouvait, ne devait pas plus leur permettre qu'aux petites cités d'en sortir. 11 était juste que toutes contribuassent aux frais d'une sécurité dont toutes profitaient1. Samos pourtant voulut s'en affranchir. Un différend s'était élevé entre cette ville et Milet. Il en résulta une guerre. Milet
Rome d'obtenir justice d'un consul ou d'un préteur. Il n'y a pas plus à comparer la condition des sujets, dans les deux empires, que l'organisation aristocratique des tribunaux romains, où tout était à vendre, avec les Bixa- ■7- îy.ï BthÂiient, qui obéissaient plus quelquefois à la colère ou à la pitié, qu'à la justice et à la raison, mais au moins qui ne pouvaient pas être achetés, a cause même du nombre immense de leurs membres. En France même, n'arrive-t-il pas souvent qu'un délit est déféré, pour cause de suspicion légitime, à un tribunal autre que celui du lieu où le délit à été commis?
\. Cf. Tbucyd., I, 75, 76, 99. Dès qu'on apprît en Asie le désastre des Athéniens en Sicile, les satrapes exigèrent le tribut des villes grecques, qu'elles ne pavaient pas depuis plus de cinquante années. (Voy. ci-dessous, ad hunctocum, et Tbucvd , VIII, 5). La flotte athénienne couvrait également les Grecs Siciliens" et Italiotes. De 480 à 410, Cartilage n'osa diriger contre eux une seule attaque, craignant d'appeler sur elle les arme» de la grande cité. Cf. Thucydide, VI, 34; Hermorrate conseille aux Svracusains de solliciter le secours des Carthaginois qui, dit-il, flUt oti ?tôou lUk ^ nfa 'Atojvattx ofaoffi lr\ tt(v «fiXiv ftOuotv.
HIST. DE LA Cn ANC. ' 29
eut le dessous. Mais un parti démocratique s'était formé à Samos, qui ne cherchait que l'occasion de renverser la faction oligarchique , alors maîtresse du gouvernement : ce parti se joignit aux Milésiens pour invoquer l'appui d'Athènes. Les Samiens reçurent l'ordre de suspendre les hostilités, et de soumettre la contestation à' un tribunal athénien. Sur leur refus, Périclès vint à Samos avec 40 galères, y établit une constitution démocratique, leva une contribution de 20 talents pour les frais de l'expédition, et emmena comme otages 50 jeunes garçons et 50 hommes faits, qu'il déposa à Lemnos.
Une troupe de Samiens du parti vaincu avait fui auprès de Pisuthnès, satrape de Sardes. A peine les Athéniens étaient-ils partis, que ces bannis, aidés de l'or du satrape, levèrent 700 hommes, passèrent à Samos pendant la nuit , et y renversèrent le gouvernement démocratique. Périclès avait laissé dans l'île une faible garnison athénienne, ils la livrèrent aux Perses; et, avant que le bruit de leur audacieux coup de main se fût répandu, ils enlevèrent leurs otages déposés à Lemnos. Byzance s'associa à ce mouvement : Us tentèrent même d'entraîner le Péloponnèse à une guerre générale contre Athènes. Dans une assemblée des alliés de Sparte, la question fut vivement débattue. Corinthe, fort animée elle-même en ce moment contre une de ses colonies, traita, quoique ennemie d'Athènes, la conduite des Samiens de rébellion, et fit rejeter leur demande. Dans dix ans, elle plaidera la cause contraire.
A la nouvelle de la révolution opérée à Samos, les Athéniens nommèrent pour réprimer l'insurrection dix généraux, au nombre desquels furent Sophocle, le poëtc tragique, et Périclès. Ils avaient sous leurs ordres 60 vaisseaux; une partie alla surveiller la flotte phénicienne; que les grands de Samos n'hésitèrent pas à appeler ; les 42 autres battirent les 70 galères de Samos. Des secours venus d'Athènes, de Chios et de Lesbos, permirent de
ATHÈNES Al TEMPS DE PÉRICLÈS. (.51
débarquer dans l'île et d'assiéger la capitale. Pendant les opérations du siège, Périclès alla croiser avec 60 voileg sur les côtes de la Carie, à la rencontre des Phéniciens. Mais, en son absence, les Samiens surprirent et coulèrent à fond une partie de la flotte athénienne, battirent . l'autre, et introduisirent des renforts dans leur ville. Aussitôt il accourt, rejette les Samiens dans leurs murs et resserre étroitement le blocus avec 200 galères. Les Samiens se défendirent neuf mois entiers, malgré la famine et les machines nouvelles dont Périclès battait leurs murailles. Cette guerre fut poussée avec tant de fureur, que, de part et d'autre, les prisonniers étaient marqués d'un fer chaud. 11 fallut pourtant se rendre, car aucun secours n'arrivait ni de l'Asie ni du Péloponnèse. Les Samiens durent renverser leurs fortifications, livrer leurs vaisseaux et payçr les frais du siège. La soumission de Byzance suivit de près.
Cette guerre tint quelque temps la Grèce en suspens. Elle n'avait point manqué de périls, car les Perses et les Péloponnésiens n'attendaient qu'un revers sérieux des Athéniens pour agir; et Thucydide dit1 que Samos fut sur le point de ravir à Athènes l'empire de la mer. Cette île, en effet, avait toujours conservé de son ancienne prospérité une marine considérable, qui aurait pu devenir le noyau d'une ligue maritime. Si cette guerre eût été moins sérieuse, Périclès n'eût pas eu la présomptueuse légèreté de la comparer au siège de Troie, qui, disait-il, avait duré dix ans, tandis que celui de Samos n'avait duré que neuf mois.
Je remarque encore plusieurs choses au sujet de cette guerre. D'abord la hâte des dissidents à mêler les Perses à leur querelle, ce qui légitime l'empire d'Athènes en montrant que, sans sa fermeté à tenir ces cités réunies, leurs divisions les eussent bien vite livrées sans défense