‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 11 sur 86 · PROLÉGOMÈNES DE WOLF · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES DE WOLF

?ans lien dans rorigine? Chacun de ces poëmes a-t-il un seul auteur ou plusieurs?

Soit tacitement, soit explicitement, on a en général réuni ces questions, et on les a discutées les unes par rapport aux autres, au moyen de recherches faites dans les poëmes homériques; cependant les Prolégomènes de M. Payne Knight ont le mérite de les laisser distinctes. Il y a un demi-siècle, les importants et ingénieux Prolégomènes de F.-A. Wolf, mettant à profit les Scholies de Venise, qui avaient été alors publiées depuis peu, ouvrirent pour la première fois une discussion philosophique relative à l'histoire du texte homérique. Une partie considérable de cette dissertation (nullement toutefois la dissertation entière) est employée à défendre ce principe, proclamé antérieurement par Bentley entre autres, que les parties séparées composant llliade et l'Odyssée n'avaient pas été réunies en un corps compacte et mises dans un ordre invariable avant l'époque de Pisistrate, dans le sixième siècle avant J.-C. Pour arriver à cette conclusion, Wolf soutenait que Ton ne pouvait démontrer qu'il eût existé des copies écrites de l'un ou de l'autre poëme pendant les temps reculés auxquels on rapporte leur composition, et que, sans le secours de l'écriture, aucun poëte n'aurait pu concevoir dans, l'origine la syinétrie parfaite d'une œuvre si compliquée, et que, s'il Teùt réalisée, son œuvre n'aurait pu être transmise avec certitude à la postérité. L'absence, chez les anciens Grecs, d'une écriture facile et commode, telle qu'on doit nécessairement la supposer pour de longs manuscrits, était donc un des points sur lesquels s'appuyait Wolf pour combattre l'intégrité première de Tlliade et de l'Odyssée. Nitzsch, et d'autres parmi les principaux adversaires de Wolf, semblent avoir accepté la connexion entre l'une et l'autre comme il l'établit dans l'origine, et l'on a regardé comme un devoir pour ceux qui défendaient l'ancien caractère d'ensemble de l'Iliade et de l'Odyssée, de soutenir que c'étaient des poëmes écrits dès le principe.

Pour moi, il me semble que les fonctions architeçtoniques attribuées par Wolf à Pisistrate et à ses associés, quant à ce qui concerne les poëmes homériques, ne sont nullement

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admissibles. Mais on gagnerait sans doute beaucoup pour ce point de vue de la question, si Ton pouvait démonirer qa afin de la discuter, on serait réduit à la nécessité d'admettre de longs poëmes écrits au neuvième siècle avant l'ère chrétienne. Il y a, à mon avis, peu de choses qui puissent être plus improbables; et M. Payne Knight, opposé comme il l'est à l'hypothèse de Wolf, admet ce point non moins que Wolf lui-même (I). Les traces d'écriture en Grèce, même au septième siècle avant l'ère chrétienne, sont excessivement faibles. Parmi les inscriptions qui nous restent, il n'y en a aucune qui soit antérieure à la quarantième Olympiade, et les anciennes inscriptions sont grossières et exécutées san« art. Nous ne pouvons pas même non plus nous assurer si Archiloque, Simonide d'Amorgos, Callinus, Tyrtée, Xanthus et les autres anciens poètes élégiaqueset lyriques. écrivaient leurs compositions, ou à quelle époque cet usage devint familier. La première raison positive qui nous autorise à supposerl'existence d'un manuscrit d'Homère- est dans la fameuse loi de Solôn concernant les rhapsodes aux Panathénées;

(1) Knight, Prolegom. Hom. c. 38-40.

« Haud tanœn ullunt bamericomiu carminum exemplar Pisistrati seculo antiquius exstitisse , aut sexcentesimo prius anno an te C. N. scriptum fuisse, facile credam ; rara enim et perdifficilis erat iis temporibus scriptura ob pennriam materiae scribendo idoneœ, qunm literas aut lapidibus exarare, aut tabulis ligneis, aut laminis.metalli alicujus insculpere oporteret. . . Atque ideo memoriter retent» sunt, et haec et alia veterran poetarum carmina, et per urbes et vicos et in principum virorum aidibus, decantata a rhapsodîs. Neqiie mirandum est, ea per tôt sseeula sic intégra conservata esse, quoniam per eos tradita erant, qui ab omnibus Grœcise et coloniarum regibus et civitatibus mercede satis amaplâ condaicti, omnia sua studia in iis ediscendis, retrnendis et rite recitandis, conferebant... Cf.

Wolf, Prolegom. XXIT-XXY.

On peut voir réunies dans Kreuser les preuves d'une ancienne écriture parmi les Grecs, et de poëmes écrits même antérieurement à Homère (Vorfragen ueber Homeros, p. 127-159, Frankf.

1828). Ses preuves ne me paraissent nullement concluantes. Nitzsch soutient la même opinion (Histor. Homerî, fasc. T,, sect. XI, XVir, XVIII), avec aussi peu de bonheur, à mon avia : Franz (Epigraphicê Grsec, Introd. s. IV) ne produit aucuTi argument nouveau.

Je: ne soustcria pas compiéteixBeizbaiixr paroles de M.. Knight, quand il dit qu-'il n'y a rien de merveilleux dans la longue conservation des poëines homériques non écrits, U suffit de soutenir que Texistimcs de longs manuscrits et leur emploi pratique par tous les rhapsodes, dans Pétai et au milieux des circonstances du huitième et du neuvième siècle parmi les Grecs, seraient une plus grande merveille.

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