‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 2 sur 86 · POÈMES HOMÉRIQUES ET HÉSIODIQUES · texte numérisé non relu

POÈMES HOMÉRIQUES ET HÉSIODIQUES

homéiiqnes, esafenfciellement popnlalire. — 11& s^adreasaient à des esprits illettrés, mais touchaient les sentiments communs à tous les hommes. — Nul dessein didactique dans Homère.

A la tête des compositions épiques de la Grèce, Jadis si abondantes, malheureusement perdues pour la plupart, se trouvent l'Iliade et l'Odyssée, avec le nom immortel d'Homère attaché à chacune d^elles, embrassant des portions séparées de la légende compréhensive de Troie. Elles forment le type de ce que l'on peut appeler l'épopée héroïque des Grecs, pour la distinguer de Tépopée généalogique, genre dans lequel on remarquait quelques-uns des poèmes hésiodiques : le Catalogue des Femmes, les Eoiai, et les vers Naupaktiens. Des poèmes présentant le caractère homérique (si on peut employer cette expression, quoiqu'elle soit bien vague), qui se bornaient à décrire un seul des grands événements ou une seule des grandes figures de l'antiquité légendaire des Grecs, et comprenaient un nombre limité de types tous contemporains, se rapprochaient un peu, plus ou moins heureusement, d'une certaine unité poétique ; tandis que les poëmes hésiodiques, plus humbles d'inspiration, et indéterminés aussi bien pour le temps que pour les personnes, joignaient ensemble des événements distincts, sans aucune intention apparente de concentrer l'intérêt, sans commencement ni fin légitimes (1). Entre ces deux extrêmes il y avait bien des degrés. Des poëmes biographiques, tels que THêrakleia ou la Thêseis, racontant tous les exploits principaux accomplis par un seul héros, présentent un caractère intermédiaire entre les deux, mais se rapprochant de plus près des poëmes hésiodiques. Même les hymnes en l'honneur des dieux, attribués à Homère, sont des fragments épiques qui racontent les grandes actions ou les aventures particulières ' du dieu qui y est célébré.

(l)Arist.Foct.c. 17-37. Il signale et ques; mais il ne s'occupe pas des

explique la structure supérieure de PI- poëmes hésiodiques ou généalogi-

liade et de TOdyssée, comparées aux que», poëmes semi-homériques et biographi-

La poésie didactique et la poésie religieuse et mystique des Grecs commencèrent toutes deux à être composées en vers hexamètres, la mesure caractéristique et consacrée de l'épopée (1) ; mais elles appartiennent à un genre différent et jaillissent d'une veine différente de l'esprit grec. Il semble qu'on a cru assez communément parmi les Grecs historiques que ces épanchements mystiques étaient plus anciens que leurs poëmes narratifs ; et qu'Orphée, Musée, Linus, Olen, Pamphus et même Hésiode, etc., qu'on regardait comme les auteurs des premiers, étaient antérieurs à Homère. Mais il n'y a pas de preuve à l'appui de cette opinion, et les présomptions sont toutes contre elle. Ces compositions, qui au sixième siècle avant l'ère chrétienne passaient sous le nom d'Orphée et de Musée, semblent avoir été incontestablement postérieures à Homère. Nous ne pouvons pas même admettre la conclusion modifiée de Hermann, d'Ulrici et d'autres, à savoir que la poésie mystique, comme genre (en écartant les compositions particulières faussement attribuées à Orphée et à d'autres), précédait, dans l'ordre des temps, la poésie narrative (2).

Outre l'Iliade et l'Odyssée, nous produisons les titres d'environ trente poëmes épiques perdus, parfois avec une courte allusion à leur contenu.

Relativement à la légende de Troie, il y en avait cinq : les vers Cypriens, l'iEthiopis et la prise de Troie, attribuées toutes deux à Arctinus ; l'Ilias Minor, attribuée à Leschês ; les Retours (des héros après la prise de Troie), auxquels est attaché le nom d'Hagias de Trœzên ; et laTelegonia, par Eugammôn, continuation de l'Odyssée. Deux poëmes, la Thêbaïs et les Epigoni (peut-être deux partfes d'un seul et même poëme), étaient consacrés à la légende de Thêbes,

(1) Aristot. Poet. c. 41. Il considère mann, Ueber Homer und Sappho, dans rhexamètre comme la mesure naturelle ses Opiiscula, t. VI, p. 89.

de la poésie narrative; tout autre mè- L'ancienneté supérieure d'Orphée

tre serait mal séant. comparé à Homère passa aux Romains

(2) Ulrici, Geschichte des Griechi- classiques comme un principe admis schen Epos, 5« leçon, p. 96-108 ; G. Her- (Horace, Ars Poet. 392).

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