‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 20 sur 86 · Millier lui-même fait remarquer · texte numérisé non relu

Millier lui-même fait remarquer

(§ 7) « que depuis le second Evre jusqu'au septième, il semble que Zeus a oublié sa résolution et la promesse faite à Thêtis. » En d'autres termes, le poëte, pendant cette partie du poëme, néglige le point de vue de l'AchiUêis pourreprendre celui d'une Hîade plus compréhensive ; l'ActfillSis reparaft au livre huitième, disparaît dans le livre dixième, et est reprise à partir du livre onzième jusqu'à la fin du poëme.

(1) Cette tendance qu'ont de nouveaux poètes à insérer de nouveaux sujets homogènes dans des poèmes existant déjà est mentionnée par M. Fauriel à propos des romans ,du moyen âge :

« Cest un phénomène remarquable dkns ITiistoire de la poésie épique, qne cette disposition, cette tendance constante du goût populaire à amalgamer, à lier en une seule et même composition

UNITÉ d'aUTEUE

seconde ne Tait pas été. Abandonner les lois de l'unité épique, c'est payer d'un faible prix cette magnifique poésie, que nous trouvons en telle abondance entre le premier et le huitième livre de notre Iliade. ,

La question relative à l'unité d'auteur est différente et plus difficile à déterminer que celle qui concerne l'harmonie entre les parties et la suite dans le récit. Un poëme conçu sur un plan relativement étroit peut être agrandi ensuite par son premier auteur, avec plus ou moins de cohérence et de succès; le Faust de Goethe en fournit un exemple dans notre propre génération. D'autre part, un poëme systématique peut bien avoir été conçu et exécuté par le concert convenu à l'avance de plusieurs poètes, dont l'un probablement sera l'esprit dominant, bien que les autres puissent contribuer, et peut-être d'une manière égale, à l'exécution des parties. El l'époque de l'ancienne épopée grecque était favorable à une telle union fraternelle entre poëtes, union dont la gens appelée les Homeridae offrait vraisemblablement de nombreux modèles. Bien des bardes doivent s'être entendus ensemble pour réciter ou chanter un long poëme non écrit, et dans les temps les plus reculés le compositeur et le chanteur ne faisaient qu'une seule et même personne (1). Or les individus

le plus possible des compositions diverses, — cette disposition persiste chez nn peuple, tant que la poésie consen-e un reste de vie ; tant qu^elle s'y transmet par la tradition et qu'elle y circule à l'aide du chant ou des récitations publiques. Elle cesse partout où la poésie est une fois iixée dans les li\Te8 et n'agit plus que par la lecture, — cette dernière époque est, pour ainsi dire, celle de la propriété poétique, — celle où chaque poëte prétend à une existence, à une gloire perscamellea, et où la poésie cesae d'être une espèce de trésor commun dont le peiEi)le jouit et dispose à sa manière, sans s'inquiéter des individus qui le lui ont fait. » (Fauriel, Sur les romans

chevaleresques^ leçon 5«. Revue des Deux Mondes, vol. XIII, p. 707.)

M. Fauriel pense que le Shah Nameh de Fexdousi était un amalgame de poëmes épiques séparés dans l'origine, et qu'il en était probablement de même pour le Mahabharata (/6., p. 708).

(1) Les remarques de Boeckh sur la possibilité d'un tel concours de poëtes pour l'exécution d'un seul et même dessein sont ]mrfaitement justes :

(( Atqui quomodo componi a variis anctofribus successu temporum rhapsodies potuerint, quse post prima initia direct» jam ad idem consilium et quam Tocant unitatem carminis sint... missis istoram declamationibus qui populi universi opns Homerum esse jactant.. .

compris dans la gens homérique, quoique différant beaucoup entre eux sans doute sous le rapport de la capacité intellectuelle, étaient cependant homogènes sous celui de l'éducation, des moyens d'observation et d'instruction, de l'expérience sociale, des théories et des sentiments religieux, etc., à un beaucoup plus haut degré que des hommes isolés dans les temps modernes. Quelque incertains que soient nos renseignements sur ce point, où nous n'avons pour nous guider que des preuves intrinsèques, sans aucun point de comparaison contemporain, ni aucune sorte d'information indirecte relativement à l'âge, à la société, aux poètes, aux auditeurs ou à la langue, nous devons néanmoins regarder comme des présomptions en faveur de l'unité d'auteur la cohérence dans la structure, en même temps que l'harmonie dans le ton des pensées, des sentiments, du langage, des coutumes, etc., et le contraire comme - des présomptions pour la pluralité, en faisant toutes les concessions possibles quant à cette inégalité de mérite que le même poëte peut présenter à divers moments.

Or ce que l'on avance contre l'unité d'auteur dans l'Odyssée me paraît bien faible; et ceux qui soutiennent cette thèse le font plutôt parce qu'ils ont rejeté a priori l'ancienne unité épique que parce qu'ils sont guidés par quelque preuve positive tirée du poëme lui-même. Il en est autrement pour ce qui concerne l'Iliade. Quelles que soient les présomptions que puissent sanctionner une structure mal jointe, plusieurs contradictions apparentes dans les parties, et une excroissance considérable de faits dépassant les promesses du début, on peut raisonnablement s'y laisser aller pour combattre la supposition que ce poëme tout entier est

tnm potissimum intelligetur, ubi gen- et artÎB communione sacratâ, multœ

tis civilis Homeridarum propriam et rhapsodise ad unum potuerint consilium

peculiarem Homericam poesin fuisse, dirigi. » (Index Lection. 1834, p. 12.) veteribus ipsis si non testibus, at certe Je transcris ce passage de Giese

ducibus, concedetur... Qusb quum ita (Ueber den ^olischenDialekt, p.l57),

sint, nonerit adeo difficile ad intelli- n'ayant pas pu voir Tessai dont il fait

gendum, quomodo, post prima initia ab partie, egregio vate facta, in gente sacrorum

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