GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE ET LIMITES DE LA GRÈCE
liimites de la Grèce. — Limite septentrionale de la Grèce — Olympes. — Skardos et Pindos.< — Leur développement et leur dissémination dans toute la Grèce septentrionale et le Péloponèse. — Ossa et Pelion •— jusqu'aux Cyclades.
— Traits géologiques. — Irrégularité des eaux en Grèce. — Rivières desséchées en été. — Marais et lacs nombreux. — Cours souterrain de rivières sortant de bassins fermés par des terres. — Difficulté des communications par terre et des transports en Grèce.— Dentelures dans la ligne des côtes. — Les terres abordables universellement par mer. — Communication par mer essentielle pour les lies et les colonies. — Opinions des anciens philosophes sur Pinfluence des habitudes et du commerce maritimes. — Différence entre les États de terre et les États maritimes en Grèce. — Effets de la coniiguration de la Grèce sur les relations politiques des habitants. — Effets sur leur développement intellectuel. — Productions minérales. — Ses principales productions. — Climat — meilleur et plus sain dans les temps anciens qu^il ne Test maintenant.
— Grande différence entre une partie de la Grèce et une autre partie. — Epirotes; Macédoniens, etc. — Iles dans la mer JEgée. — Grecs sur la côte de PAsie Mineure.
La Grèce propre est située entre le 36® et le 40® parallèle de latitude nord, et entre le 21® et le 26® degré de longitude est (du 18* au 23® méridien de Paris) ; sa plus grande longueur, du mont Olympos au cap Tsenaros, peut être fixée à 250 milles anglais (400 kilom.); sa plus grande largeur, de la côte occidentale de TAkarnania à Marathon en Attique, à
180 milles (290 kilom.) ; çt la distance à Test, à partir d'Ambrakia, par le Pindos, jusqu'au mont Magnésien Homolê et Tembouchure duPeneios, a environ 120 milles (190 kilom.). En tout, sa superficie est un peu moins grande que celle du Portugal (1). Toutefois, par rapport à toute tentative faite pour déterminer les limites exactes de la Grèce propre, nous pouvons faire remarquer, d'abord, que ces limites semblent n'avoir pas été définies d'une manière bien précise même parmi les Grecs, et, en second lieu, qu'un si grand nombre d'Hellènes étaient répartis dans les îles et les colonies, et qu'une si grande partie de leur influence sur le monde en général était exercée par ces colonies, qu'il est relativement peu important de vérifier l'étendue de leur domicile primitif.
La chaîne appelée Olympos et les monts Cambuniens, allant de l'est à l'ouest et commençant à la mer^Egée ou au golfe de Therma, vers le 40® degré de latitude nord, se prolongent sous le nom du mont Lingôn jusqu'à ce qu'ils touchent la mer Adriatique et le promontoire Akrokéraunien. La contrée située au sud de cette chaîne comprenait tout ce qui, dans les temps anciens, était considéré comme Grèce ou Hellas propre, mais elle comprenait aussi quelque chose de plus. La Hellas propre (2) (ou la Hellas continue, pour employer les termes de Skylax et de Diksearque) commençait, selon l'opinion générale, à la ville et au golfe d'Ambrakia ; de là vers le nord, jusqu'au promontoire Akrokéraunien, s'étendait le pays appelé par les Grecs Epeiros (Épire), occupé par les Chaoniens, les Molosses et et les Thesprotiens, qu'on appelait Epirotes et que Ton ne considérait
(1) Cf. Strong, Statistics of the 'Ewl xàv iroxaiiov IlYivetov, àç <I>tXea; Kingdom of Greeœ, p. 2 ; et Kruse, lyp^P^'i Hellas, voL I, ch. 3, p. 196. 'Opoç te Ma-p/iiiTCdv '0{&oXnv xex>ïi-
(2) Dikœarque, 31, p. 460, éd. [(xévov.
Fuhr : Sicylax , c . 35. — 'A{t6(>ax{a — ivreOOev
{filvzt Goxd Il]Q>Eiov ic»Td(iOu , xal '0(AoXiou Ma-
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18* ëpxeT«i 'Toepiov.
OLYMPOS. PINDOS
pas comme appartenant à l'agrégat hellénique. Telle était du moins l'idée générale, bien que les iEtoliens et les Akarnaniens, dans leurs sections plus reculées que les autres, ne semblent pas avoir moins différé du type complet de Thellénisme que les Epirotes, tandis qu'Hérodote incline à regarder comme Hellènes même les Molosses et les Thesprotiens (1).
A un point situé environ à mi-chemin entre la mer ^Egée et la mer Ionienne, l'Olympos et le Lingôn sont traversés presque à angles droits par la chaîne encore plus longue et plus large appelée Pindos, qui s'étend en une ligne presque ouest-nord-ouest et part du rameau septentrional de la chaîne de l'Olympos. Le système auquel appartiennent ces montagnes semble commencer aux masses élevées de diorites comprises sous le nom de mont Skardos ou Skordos (Scardagh) (2), qui n'est séparé des calcaires des Alpes d'Albanie que par la fente étroite contenant la rivière Drin. Du côté méridional de l'Olympos, le Pindos s'avance à peu près vers le sud, formant la limite entre la Thessalia et l'Epeiros, et projetant vers le 39® degré de latitude la chaîne latérale de rOthrys, qui se dirige vers l'est, et atteint la mer entre la Thessalia et la côte septentrionale de l'Eubœa. Au sud de rOthrys, la chaîne du Pindos, sous le nom de Tymphrêstos, se prolonge encore, jusqu'à ce qu'une autre chaîne latérale, appelée Œta, en descende vers l'est, formant la côte élevée
(1) Hérod. 1, 146; II, 56. Le Molosse Âlkôn passe ponr Heïlône (Hérod. VI, 127).
(2) Les systèmes de montagnes dans l'ancienne Macedoniaet dans rUlyricum, an nord de TOlympos, n'ont été jusqu'ici qu*im.pariaitement «xaminés :
V. D' Griesebach, Reise durch Rumelîen et nach Brnssa im lahre 1839, vol. II, <dL. 13, p. 112 tqq. {Gcetting, 1841), qui renferme beaucoup de renseignements relatifs aux rapports réels de ces montagnes, si on les compare aux idées et aux descriptions différentes
qu'on en a données. Les mots par lesquels StraboB (lîv. YII, Excerpt. 3, éd.
TzsehTscke) nous apprend que les monts Skardos, Orbêlos, Rbodopê et Hsemos s'étendent en ligne droite de l'Adriatique au Pont-Euxin, sont inexacts.
V. Travcls in Northern Greece de Leake, vol. I, p. 335 : le défilé de Tscbangon près de Castoria (par lequel le fleuve Devol passe «n venant de l'est pour se jeter dans l'Adriatique à l'ouest) est la seule fente dans cette longue chaîne depuis la rivière Drin au nord jusqu'au centre de la Grèee.
immédiatement au sud du golfe Maliaque, avec la route étroite des Thermopylse entre les deux, et se terminant au détroit Eubœen. A son point de'jonction avec TOEta, la chaîne du Pindos se bifurque en deux branches, Tune se dirigeant à l'ouestsud-ouest, et arrivant à travers l'^Etolia, sous les noms d'Arakynthos, de Kourios, de Korax et de Taphiassos, au promontoire appelé Antirrhion, situé du côté septentrional de rentrée étroite du golfe de Corinthe, en face du promontoire correspondant de Rhion dans le Péloponèse; l'autre allant vers le sud-est, et formant le Parnassos, THelikôn et le Kithserôn; en effet, T^galeus et THymettos, même jusqu'au cap le plus méridional de TAttique, Sanion, peuvent être considérés comme une continuation de cette chaîne. De l'extrémité orientale de l'Œta aussi, une chaîne de collines, inférieure en hauteur à la précédente, prend son point de départ dans la direction du sud-est, sous les divers noms de Knêmis, de Ptôon et de Teumêssos. Elle est jointe au Kithœrôn par la communication latérale, allant de l'ouest à l'est, appelée Parnês; tandis que le célèbre Pentelikos, abondant en carrières de marbre, forme l'anneau qui la rattache, au sud du Parnês, à la chaîne du Kithserôn jusqu'au cap Sunion.
Du promontoire Antirrhion, la ligne de montagnes traverse dans le Péloponèse, et s'étend dans une direction méridionale jusqu'à l'extrémité de la Péninsule appelée Taenaros, aujourd'hui le cap Matapan. Formant la limite entre l'Elis et la Messênia d'un côté, l'Arkadia et la Laconie de l'autre, elle porte successivement les noms de Olenos, Panachaikos, Pholoê,Erymanthos, Lykseos, Parrhasios et Têygçtôs (Taygète). Une autre suite de montagnes part du Kithaerôn en se dirigeant vers le sud-ouest, constituant sous les noms de Geraneia et d'Oneia le territoire élevé qui d'abord, en subissant une dépression, forme l'isthme de Corinthe, et se relève ensuite pour s'étendre dans le Péloponèse. L'une de ses branches se dirige à l'ouest le long du nord de l'Arkadia, comprenant l'Akrokorinthos ou citadelle de Corinthe, le pic élevé de Kyllênê, les monts Aroanii et Lampeia, et touchant enfin aux monts Erymanthos et Pholoê, tandis que