‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 24 sur 86 · OSSA ET PELION. CYCLADES · texte numérisé non relu

OSSA ET PELION. CYCLADES

l'autre branche va au sud vers le cap .situe au sud-es,t du Péloponèse, le redoutable cap Malea ou Saint- Angelo, et se présente sous les noms successifs d'Apesas, d'Artemision, de Parthenion, de Parnôn, de Thornax et de Zarôx.

A partir de l'extrémité orientale de l'Olympos, dans une direction presque est-sud-est, s'étend la chaîne de montagnes appelée d'abord Ossa et ensuite Peliôn, jusqu'à l'extrémité sud-est de la Thessalia. On peut considérer l'épine dorsale longue, élevée et nue de l'île d'Eubœa comme une . continuation et de cette chaîne et de celle de l'Othrys. La ligne se prolonge plus loin par une série d'îles dans l'Archipel, Andros, Tênos, Mykonos et Naxos, appartenant au groupe appelé Cyclades, ou îles entourant le centre sacré de Dêlos. Parmi ces Cyclades, d'autres sont de la môme ma- , nière une continuation de la chaîne qui s'étend jusqu'au cap Sunion; Keôs, Kythnos, Seriphos et Siphnos s'unissent à l'Attique, comme Andros à l'Eubœa* Et nous pourrions même considérer la grande île de Krête comme une prolongation du système de montagnes qui résiste aux vents et aux flots au cap Malea, l'île de Kythêra formant l'anneau intermédiaire entre ces deux points. Skiathos, Skopelos et Skyros, au nord-est de l'Eubœa, se montrent aussi comme pics avancés de la chaîne qui comprend Peliôn et l'Eubœa (1).

Par cette brève esquisse, que le lecteur comparera naturellement avec l'une des cartes modernes du pays, on verra que la Grèce propre est un des territoires les plus montagneux de l'Europe. Car bien qu'il convienne, en donnant une vue systématique de l'aspect de la contrée, de grouper le grand nombre des montagnes en certaines chaînes ou suites, fondées sur une uniformité approximative .de direction, cependant

(1) Pour l'esquisse générale du sys- cedouia, on peut consulter avec fruit le

tème de montagnes de la Hellas, court, mais excellent, traité de 0. Mlil-

V. Kruse, Hellas, vol. I, ch. 4, p. 280- 1er, Ueber die Makedoner, p. 7 (Berlin,

290; D' Cramer, Geography of ancient 1825). Ce traité est annexé à la tra-

Greece, vol. I, p. 3-8. duction anglaise de son Histoire des

Relativement aux régions septen- Dôriens, due à sir G. C. Lewis, trionales, TEpeiros, l'Illyria et la Ma-

en réalité il y a tantrcle ramifications et de pics dispersés, si' grand est le nombre des collines et des rochers de grandeur et d'élévation difierentes, qu'une proportion relativement petite de la surface reste au pays plat. Il n'existe d'un bout à l'autre de la Grèce propre que peu de plaines continues et même que peu de vallées continues. C'est en Thessalia, en ^tolia, dans la partie occidentale du Péloponèse et dans la Bœôtia que l'on voit les espaces les plus considérables de pays plat; mais des montagnes irrégulières, des vallées, fréquentes mais isolées, des bassins fermés par des terres, ainsi que des pentes, qui se rencontrent souvent, mais sont rarement d'une grande étendue, voilà ce qui forme le caractère du pays (1).

Les îles des Cyclades, l'Eubœa, l'Attique, la Laconie, consistent dans leur plus grande partie en schiste micacé, combiné avec de la pierre calcaire granulaire cristalline qui souvent le couvre (2). Le centre et l'ouest du Péloponèse, aussi bien que le pays situé au nord du golfe de Corinthe depuis le golfe d'Ambrakia jusqu'au détroit de l'Eubœa, présentent une formation calcaire variant dans différentes localités quant à la couleur, la consistance et la dureté, mais en général appartenant à la craie ou s'en rapprochant; elle est souvent

(l) Des 47,600,00a stremas {« 12 millions acres anglais ou 4,856,000 hectares) compris dans le royanme actnel de Grèce , 26,600,000 sont occupés par des montagnes, des rochers, des rivières, des lacs et des forêts, et 21 millions par la terre arahle, les vignes, les oliviers, les champs de raisins de Corinthe, etc. Par terre arable on entend une terre propre à la cul-* ture; car une portion relativement petite en est réellement cultivée à présent (Strong, Statistics of Greece, p. 2, London, 1842).

Le royaume moderne de Grèce ne

renferme pas la Thessalia. L'épithète

~ xoiXôç (creux) est appliquée à plusieurs

des principaux États grecs — xoiXyj

"AfYoc, etc.

KopivOo; ôçpuqc te xal xoiXoivExai,

Strabon, VUI, p. 381.

Ia fertilité de la !^<Botia est mentionnée dans Strabon, IX, p. 400, et dans le précieux Fragment de Diksearque, Btoc ^ËXXodoç, p. 140, éd. Fuhr.

(2) Pour le caractère géologique et minéralogique de la Grèce, voir les travaux topographiques entrepris par le D* Fiedler, d'après Tordre du gouvernement de Grèce, en 1834et dans les années suivantes (Reise dnrch aile Theile der Konigreichs Griechenland in Auftrag der K. G. Regierung in den Jahren 1834 bis 1837, particulièrement vol. II, p. 512-530).

SOL DE lA GRÈCE 111

très- compacte, mais elle se distingué d'une manière marquée de la pierre calcaire cristalline mentionnée plus haut. Les deux sommets les plus élevés en Grèce (1) (tous deux cependant plus bas que rOlympos, qu*on estime avoir 9,700 pieds =r. 2,957 mètres) offrent cette formation , le Pamassos qui atteint 8,000 pieds (2,438 mètres), et le sommet du Saint- Elias dans le Tèygetês, qui n'a pas moins de 7,800 pieds (2,377 mètres). On trouve dans beaucoup de parties du schiste argileux et des conglomérats de sable, de chaux et d'argile ; un conglomérat serré et solide de chaux compose l'isthme d^ Corinthe ; des dépôts peu compactes de galets et de brèche calcaire occupent aussi quelques portions du territoire. Mais les éléments les plus importants et les plus essentiels du sol grec consistent en formations de diluvien et d'alluvion, qui remplissent les cuvettes et les bassins et résultent de la décomposition des roches voisines plus anciennes. C'est dans ces formations que résident les forces productives du pays, et c'est d'elles que dépendent les grains et les végétaux nécessaires à la subsistance du peuple. Les régions montagneuses sont à un haut degré stériles, dénuées à présent de bois ou dé toute végétation utile, bien qu'il y ait des raisons pour croire qu'elles étaient mieux boisées dans l'antiquité : dans beaucoup d'endroits cependant, et particulièrement en ^Etolia et en Akarnania, elles fournissent du bois de construction en grande quantité, et partout des ^pâturages pour le bétail pendant l'été, au moment où les plaines sont complètement brûlées (2).

(1) Griesebach, Reisen durch Rume- caractère froid de P Attaque et de la lien, vol. II, ch. 13, p. 124. Morée. » (Reise, I, p. 213.)

(2) En traversant la vallée qui est L'hymne homérique à Apollon reentre rCEta et le Pamassos , pour présente même le iréSiov iwpiqçopov de se rendre vers Ëlateia , Fiedler re- Thêbes comme ayant été dans son état marque le changement frappant dans primitif couvert de "bois (v. 227).

le caractère du pays : «c La Roumélle Le meilleur bois de construction

(t. e. l'Akamania, l'^Etolîa, la Lokris employé par les anciens Grecs venait

Ozolienne, etc.), boisée, bien arrosée, de Macedonia, du Pont-Euxin, et de

et couverte d'un bon sol, cesse tout à la Fropontis : celui du mont Pâmas-

coup et d'une manière abrupte ; tandis sos et de l'Eubœa était regardé comme

que des montagnes de pierre calcaire très-mauvais ; celui de TArcadia comme

rocailleuse d'un gris blanc offrent le meilleur (Theophr. V, 2, 1 ; III, 9).

Pour les autres espèces de subsistances, on dépend des vallées, qui sont parfois d'une singulière fertilité. Les terres basses de la Thessalia, la vallée du Kêphisos et les bords du lacKôpaïs en Bœôtia, la portion occidentale de l'Elis, les plaines de Stratos sur les confins de TAkarnania et de l'^tolia, et celles qui avoisinent le fleuve Pamisos en Messênia, sont maintenant et étaient dans les anciens temps remarquables par l'abondance de leurs productions.

Outre la rareté du bois de chauffage, il y a encore un autre inconvénient sérieux auquel sont exposées les basses terres de la Grèce : c'est le manque d'un approvisionnement d'eau à la fois suffisant et régulier (1). Il tombe beaucoup de pluie pendant les mois d'automne et d'hiver, peu ou point durant l'été; tandis que la pierre calcaire nue des nombreuses collines n'absorbe ni ne retient l'humidité, de sorte que la pluie s'écoule aussi rapidement qu'elle tombe. Il y a peu de sources (2). La plupart des rivières sont des torrents au commencement du printemps, et sont desséchées avant la fin de l'été : les nombreuses combinaisons de l'ancienne langue désignaient le torrent d'hiver par un mot spécial et séparé (3). Les fleuves les plus considérables du pays sont le Peneios, qui emporte toutes les eaux de la Thessalia, trouvant, pour aller se jeter dans la mer ^Egée, une issue à travers le défilé étroit qui sépare l'Ossa de l'Olympos, et l'Achelôos, qui coule en partant du Pindos dans une direction sud-ouest, séparant l'^tolia de l'Akarnania, et se déchargeant dans la mer, louienne ; l'Euênos prend aussi naissance dans une partie plus méridionale de la même chaîne de montagnes et tombe dans la même mer plus à l'est. Les rivières placées plus au sud ont un cours inégal et moins considérable.

(1} V. Fiedler, Reise, etc., vol. I, p. 84, (3) La langue grecque semble être la

219, 362, etc. seule qui ait le terme xeij&appouc — les

Fiedler et Strong(Statisticsof G reece, Wadis d'Arabie font voir également

p, 169) insistent avec beaucoup de une abondance et une violence extre-

raison sur l'inestimable valeur de puits mes des eaux pendant un temps, alter-

artésiens pour le pays. nant avec une sécheresse absolue

(2) Ross, Reise auf den Griochischen (Kriegk, Scliriften zur allgemeinen

Insein, vol. I, lettre 2, p. 12. Erdkunde, p. 201, Leipzig, 1840).

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