‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 33 sur 86 · PRODUCTIONS MINÉRALES · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS MINÉRALES

sonnelles, ou à agir sur cet auditoire composé d'éléments mêlés et divers, était forcé de se défaire de ce qui était particulier à sa propre yille ou à sa communauté, et d'exposer un sujet en harmonie avec les sentiments de tous. C'est ainsi que nous pouvons expliquer en partie cette intelligence profonde de la vie et du caractère de l'homme, et ce pouvoir d'éveiller des sympathies communes à tous les âges et à toutes les nations, qui nous étonnent tant dans les auteurs illettrés de l'ancienne épopée. De telles relations réciproques et périodiques entre frères habituellement isolés les uns des autres était le seul moyen alors ouvert de procurer au barde une sphère variée d'expérience et un auditoire aux mille nuances; et c'était, dans une large mesure, le résultat de causes géographiques. Peut-être pouvait-il s'être trouvé chez d'autres nations de pareilles circonstances favorables ; cependant elles n'ont produit aucun résultat comparable à l'Iliade et à l'Odyssée. Néanmoins, Homère dépendait des conditions de son époque, et nous pouvons du moins signaler ces particularités dans l'ancienne société grecque sans lesquelles Homère, le poëte par excellence, n'aurait jamais existé : la position géographique d'une part, et la langue de l'autre.

La Grèce ne se distinguait pas eu richesses minérales et métalliques. On obtenait de l'or en quantité considérable dans l'île de Siphnos, qui, pendant tout le sixième siècle avant J.-C, fut au nombre des plus opulentes communautés de la Grèce, et possédait à Delphes un trésor distingué pour la richesse de ses offrandes votives. A cette époque, l'or était si rare en Grèce, que les Lacédsemoniens furent obligés d'envoyer vers le Lydien Crésus, afin de s'en procurer la quantité nécessaire pour dorer une statue (1). H paraît avoir

(l) Hérod. I, 52 ; III, 57; VI, 46- 405) et dans la suite, étaient nombreu-

125. Boeckh, Public Economy of ses 'et précieuses; surtout celles que

Athcns, vol. I, ch. 3 (trad. angl.). dédia Crésus, qui (Hérod. I, 17-52)

Les offi'andes d'or et d'argent en- semble avoir surpassé tous les donateurs

voyées au temple de Delphes, même antérieurs, dans les temps homériques (II. IX,

été plus abondant en Asie Mineure ; et ce qui en multiplia beaucoup la quantité en Grèce, ce fut l'ouverture de mines en Thrace, en Macedonia, dans TEpeiros, et même dans quelques parties de la Thessalia. Dans l'île de Thasos aussi, on rouvrit avec un résultat profitable quelques mines que des colons phéniciens d'un siècle antérieur avaient commencé primitivement à exploiter, et qu'ils avaient abandonnées ensuite. De ces mêmes districts on retira également une quantité considérable d'argent; tandis que, vers le commencement du cinquième siècle avant J.-C, il semble qu'on commença réellement pour la première fois à tirer parti du riche district méridional de l'Attique, appelé Laureion. On obtenait du cuivre dans diverses parties de la Grèce, particulièrement à Cypros et dans l'Eubœa ; et, dans cette dernière île, on trouvait aussi la terre appelée Cadmia, employée pour purifier le minerai. Les Grecs employaient du bronze pour une foule d'objets que Ion fabrique aujourd'hui en fer, et même les armes des héros homériques (différents sous ce rapport des Grecs historiques postérieurs) sont fait-es de cuivre, trempé par un procédé qui lui donne une dureté étonnante. On^trouvait du fer en Eubœa, en Bœôtia et à .MeloSj.mais encore plus abondamment dans la région montagneuse, du Têygetês Laconien. Il n'y a cependant pas de partie de la Grèce où les restes de la métallurgie ancienne paraissent aujourd'hui aussi évidents que l'île de Seriphos. Tout le monde connaît la supériorité et les variétés du marbre de Pentelikos, de l'Hymettos, de Paros, de Karystos, etc., •et d'autres parties du pays, si essentiel pour les besoins de la sculpture et de l'architecture (1).

Située sous les mêmes parallèles de latitude qtie la côte de l'Asie Mineure et que les régions les plus méridionales de l'Italie et de l'Espagne, la Grèce produisait du froment, de l'orge, du lin, du vin et de l'huile, aux époques les plus an-

(1) fitcabon, X, p. 447 ; XIV, p. 680- p. 3^8. Fieâler, Rei«en m Grieohenlsnd, 684. Stephan. Byz. v. AÏSn^/oç, A«- voL II, p. lie-55§. xe$ai|x<i)v. Kruse, Hellas, ch. 4, vol. I,

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