‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 34 sur 86 · SES PRINCIPALES PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

SES PRINCIPALES PRODUCTIONS

ciennes dont nous ayons €onna,issance , bien que les raisins de Corinthe, le maïs, la soie et le tabac que le pays présente aujourd'hui soient une addition due à des temps plus récents. Théophraste et d'autres auteurs attestent amplement le caractère observateur et industrieux de Tagriculture, qui prévalait chez les anciens Grecs, aussi bien que le soin avec lequel on mettait à profit les diverses productions naturelles du sol, comprenant une grande diversité de plantes, d'herbes et d'arbres. Il semble qu'on s'occupait tout particulièrement de la culture de la vigne et de l'olivier, ce dernier étant indispensable à la vie ancienne, non-seulement pour les besoins auxquels il sert aujourd'hui, mais aussi à cause de Thar bitude constante, dominant alors, de se frotter le corps d'huile ; et les nombreux et divers accidents de sol, de niveau et d'exposition, que l'on pouvait trouver non-seulement dans la Hellas propre, mais encore dans les établissements grecs dispersés, fournissaient aux cultivateurs attentifs matière à étude et à comparaison. Le gâteau d'orge semble avoir été mangé plus généralement que le pain de froment (1);' mais l'un ou l'autre, avec des légumes et du poisson (quelquefois frais, mais plus souvent salé), était la nourriture commune de la population ; les Arkadiens mangeaient beaucoup de porc, et les Spartiates aussi consommaient de la nourriture animale; mais les Grecs, en général, semblent s'être peu nourris de viande fraîche, excepté dans les fêtes et les sacrifices. Les Athéniens, le peuple le plus commerçant de la Grèce propre, bien qu'ils retirassent de l'orge excellente de leur sol léger, sec et relativement pauvre, ne cultivaient pas néanmoins assez de blé pour leur consommation ; ils importaient des provisions considérables de blé de

(1) Au repas fourni aox frais du pn- dams l'ancieimô Grèce, préféré à celui

blic à ceux qui dînaient dans le Fryta- de vache {Axistot Hist. anim. IlXt 1^,

neion d'Athènes, Solôn oïdoima de» 6-7) ; à piéaent encore, en Grèce, on

gâteaux d'orge pour les jours -oardi- regarde le lait de vache et le beurre

naires, du pain de froment pour les comme malsains, et on n'en mange que

fîtes (Athénée, IV, p. 137) rarement ©u jamais (Kruse, Hellas,

Le lait de brebis et de chèvre était, vol. I, ch. 4, p. 368).

Sicile, des côtes du Pont-Euxin et de la Chersonèse Taurique, ainsi que du poisson salé de la Propontis et même de Gadès(l).La distance d'où venaient ces approvisionnements, si nous prenons en considération l'étendue des beaux champs de blé de la Bœôtia et de la Thessalia, prouve combien il y avait peu de commerce intérieur entre les diverses- régions de la Grèce propre. Les exportations d'Athènes consistaient en figues et autres fruits, en olives, en huile, toutes productions pour lesquelles elle était renommée, conjointement avec la poterie, des objets d'ornements manufacturés, et l'argent de ses mines de Laureion. Sans doute le poisson salé s'introduisait plus ou moins dans toute la Grèce (2); mais la population d'autres États de la contrée vivait plus exclusivement de ses propres produits que les Athéniens, en achetant et en vendant moins (3), genre de vie favorisé par la simple économie domestique dominant universellement, où les femmes non-seulement cardaient et filaient toute la laine, mais encore en tissaient les vêtements et le coucher employés dans la famille. Tisser était alors considéré comme l'occupation d'une femme aussi bien que filer, et le même sentiment et les mêmes habitudes dominent encore à présent dans la Grèce moderne, où l'on voit constamment dans les

(1) Theophr. Caus. PI. IX, 2; Demosth. adv. Leptin. c. 9. On voit par un fragment du Marikas d'Eupolis que du poisson salé de la Propontis et de Gadès se vendait dans les marchés d'Athènes pendant la guerre du Péloponèsfr (Fragm. 23, éd. Meineke ; Stephan. Byz. v. Tàôeipa) :

IIoTep* ^v To xàpixoç, 4>puY'ov ^ Ta- [deipixov ;

Les marchands phéniciens qui apportaient le poisson salé de Gadès remportaient avec eux de la poterie attique pour la vendre chez les tribus africaines de la côte du Maroc (Skylax, Peripl.c. 109).

(2) Simonide, Fragm. 109, Gaisford:

npodOs (lèv à(jL9' ((>(jioi<Tiv excov rpt)- Ixeïav àaiXXav

IX^yÇ è$ 'ApYou; elç Teyéav Içe- [pov, etc.

L'Odyssée mentionne un certain peuple de l'intérieur qui ne connaissait ni la mer, ni les vaisseaux, ni le goût du sel : Pausanias le cherche dans l'Epeiros (Odyss. XI, 121 ; Pausan. I, 12,3).

(3) AuToupYot Te yap ei<yi IT&Xoirov- VTJfTioi (dit Periklês dans son discours aux Athéniens au commencement de la guerre du Péloponëse, ITiucyd. I, 141) xal oûxe i6ia oûxe èv xoiv({> XP^' (Mixà èffTiv aÙToïç, etc., — dcvÔpe; yetopYOt xai où 6aXà<T<iioi, etc. (/6., ch. 142).

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